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Les terribles défis du chef Carlos Marsal pour aider les enfants autistes ou malades

Vie professionnelle - lundi 22 août 2016 11:47
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De g à d, Carlos Marsal, Perrine et Céline Chevalier, et Bruno Grosvallet, fin juillet, peu avant le départ de l'expédition.
De g à d, Carlos Marsal, Perrine et Céline Chevalier, et Bruno Grosvallet, fin juillet, peu avant le départ de l'expédition.

Parti le 2 août pour la Russie, le chef Carlos Marsal s'est donné pour objectif d'atteindre le sommet du Pic Lénine, le plus haut du chaînon Trans-Alaï, situé en Asie Centrale, au Tadjiskistan. 7 134 mètres à gravir, dans des conditions extrêmes. Un défi lancé en soutien à l'association Du Fun Pour Tous, parrainée par le chef Arnaud Tabarec (Sea Sens à Cannes) et le chef pâtissier de l'hôtel Matignon, Gaël Clavière. Cette structure, créée par Bruno Grosvallet, propose des activités de loisir aux enfants et adolescents en situation de handicap ou autistes. « Il y en a très peu en France et son action a besoin d'être aidé » estime Carlos Marsal qui, avec d'autres chefs, a soufflé l'an dernier les dix bougies de l'association. Ce jour-là, il fait la connaissance de Perrine Chevalier, 15 ans, autiste et passionnée de cuisine. « Elle posait plein de questions sur le métier, les techniques. On voyait qu'elle aimait vraiment ça. J'ai eu envie de faire quelque chose pour elle et pour l'association ». Le chef a déjà plusieurs expéditions à son actif, en Antarctique, en Mongolie, dans le Caucase. Et il a participé en avril 2014 à l'Artic Circle Race, à Sisimiut, au nord-ouest du Groenland, l'une des courses de ski les plus difficiles du monde, trois jours en babouchkas pour lui, à – 30°C, sous les couleurs d'Omnyati, une association tunisienne qui essaie de réaliser les rêves d'enfants atteints de maladies graves. Cette fois, il reprendra le chemin du Pic Lénine, qu'il connaît sans jamais avoir été au bout. A charge pour Perrine de suivre et commenter depuis son ordinateur l'organisation et le périple. En juillet, l'émotion est palpable. Si le chef engage un nouveau « pari sur la vie », l'adolescente vit au rythme du projet, pleinement, avec enthousiasme et sérieux. Perrine est « fin gourmet » et « elle est toujours été fourrée en cuisine » sourit sa maman, Céline, qui se souvient des diagnostics qui ont bercé l'enfance de sa fille : « on me disait qu'elle n'arriverait jamais en CP, que mon mari et moi n'arriverions jamais à lutter contre son handicap ». Mais l'amour, la ténacité et la croyance qu'ils avaient dans leur enfant ont été au-delà. Perrine a terminé en juin le collège, puis a travaillé plusieurs heures par semaine dans un restaurant, L'Auberge Espagnole, à Neauphle-le-Château (78). « Elle voulait voir comment ça se passait, avant d'intégrer une école hôtelière ». Et ça a fonctionné. A la rentrée, la jeune fille entre en CAP Cuisine à Guyancourt.

Globe croqueur

Le 18 août, sur son blog, après modification du tracé, le chef écrit : « Oui j'enrage! La première année, je descendais avec 4 Russes, le corps d'un alpiniste Français. La seconde fois, mal équipé, mes doigts ont gelé instantanément, semi paralysie de l'avant-bras et névralgie faciale après le camp 3, et cette année, conditions très mauvaises, cordée à niveau trop disparates, mauvaise organisation des jeunes guides Russes, programme raccourci. Et j'ai abimé mes pieds lors des séances d'acclimatation à 4200 m et 4800 m, par leur décision de descendre les pentes abruptes pour gagner du temps et faire la Course. Ce n'était pas le but, gentils mais manque de maturité et de réflexion pour être guide ! Oui je suis sévère, mais cela m'a apporté un sacré handicap pour l'objectif du sommet. Encore une fois,  j'ai fait de mauvais choix… Mais tout n'est pas négatif : avoir réussi en 2 fois sur 5 jours, à monter le Doudou de Perrine Chevalier, notre fanion, sur Razdelnaya » à 6 148 mètres ! Décidément, Carlos Marsal est une personnalité atypique. Son parcours en témoigne : explorateur dans la tête, amoureux de cuisine, c'est avec le livre de Paul Bocuse sous le bras qu'il s'engage à Marseille dans la Légion Etrangère. Ses amis le surnomment le 'globe croqueur'. Dans son cursus, il alterne Lenôtre et l'opération Epervier au Tchad, travaille pendant un an en Antarctique auprès des équipes de l'Institut Polaire français, navigue dans les glaces jusqu'à la Calotte glaciaire, fait trois ans au Quatar, dirige les fourneaux des ambassades françaises en Bulgarie, Georgie, Algérie, Tunisie… Membre des Cuisiniers de la République et des Toques françaises, il est aujourd'hui le chef des cuisines du Préfet de police de Paris. Et son engagement auprès des associations Du Fun Pour Tous, Les Balles Blanches et Omnyati, toujours plus fort.

Sylvie Soubes
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