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Coût des commissions des titres restaurant : des négociations ont été entamées

Vie professionnelle - mardi 21 février 2012 18:58
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Des négociations sur le coût des commissions des titres restaurant sont en cours entre les organisations patronales et les sociétés émettrices. Roland Héguy, président confédéral de l'Umih, fait le point.



Roland Héguy.
Roland Héguy.

 

L'Hôtellerie-Restauration : Cette année, le relèvement des coûts des commissions des sociétés émettrices du titre restaurant ont provoqué des protestations de la part des organisations patronales. Qu'en est-il exactement ?

Roland Héguy : Comme vous le savez, il existe quatre sociétés émettrices. Celles-ci sont regroupées au sein de la Centrale de Règlement des Titres (CRT), qui procède au traitement du titre et au remboursement des affiliés, qu'ils soient restaurateurs ou assimilés (comme les charcutiers, les bouchers ou les grandes surfaces). Chaque année, chaque émetteur établit sa grille de commissions qui prend en considération les délais de paiement à 3, 7 ou 21 jours, le mode de dépôt des titres… Ces montants varient aussi selon le montant total de la valeur collectée. Or, ces dernières années, nous avons constaté d'importantes hausses des commissions et dans ce domaine « les arbres ne peuvent pas monter jusqu'au ciel ». Les commissions ne peuvent pas grimper plus vite que le pouvoir d'achat des consommateurs sachant, qu'en parallèle, le restaurateur a de moins en moins de marge de manoeuvre.  Nous souhaitons que ces augmentations fassent désormais l'objet de davantage de dialogue entre chaque émetteur et les représentants de la profession, voilà l'esprit qui préside aux négociations actuelles.

Comment se déroulent-elles ?

R. H. : Si les sociétés émettrices de titre-restaurant ne doivent pas être diabolisées par les affiliés qui comprennent mal les augmentations successives des commissions, elles doivent, de leur côté, prendre conscience qu'ils ne peuvent pas imposer leurs tarifs sous prétexte d'intervenir sur un marché captif. Il s'agit là d'un subtil équilibre où notre organisation doit pleinement jouer son rôle de défense des intérêts des professionnels indépendants.  Le titre restaurant est, il faut le rappeler, un dispositif très performant : chaque jour, ce sont plus de 3 millions de salariés qui l'utilisent pour se restaurer à l'heure du déjeuner. Pour nos entreprises, cela représente en moyenne 20% de leur chiffre d'affaires. Peu de personnes s'imaginent la logistique nécessaire pour obtenir cette relative simplicité dans l'utilisation et le traitement…

Qu'est-ce qui fait la force de ce dispositif selon vous ?

R. H. : C'est avant tout son objet social : le titre restaurant reste un dispositif qui s'attache à faciliter la vie des salariés en leur donnant accès à une aide pour leur déjeuner. Il repose ensuite sur un cercle économique vertueux ou chaque acteur doit jouer son rôle : les employeurs et les salariés par le cofinancement des titres, l'Etat par les exonérations de charges et de cotisations, les sociétés émettrices de titres restaurants par le développement du réseau de relations clients/bénéficiaires et la gestion des flux, nos professions restaurateurs et les assimilés restaurateurs pour la perception des titres. En 2010, ce sont près de 700 millions de titres restaurants qui ont été dépensés par les salariés pendant leur déjeuner représentant un chiffre d'affaires supérieur à 5 milliards d'euros. Grâce au rôle de chacun et au développement commercial assuré par les émetteurs, le rythme annuel de croissance du titre est d'environ +5%. Au sein de ce marché, la restauration traditionnelle représente environ 35% du chiffre d'affaires pour 45% des entreprises autorisées à percevoir le titre restaurant. Pour vous donner une comparaison, la restauration rapide totalise quant à elle un chiffre d'affaires semblable à celui de la restauration traditionnelles mais avec seulement 20% du nombre total des entreprises autorisées à percevoir les titres.

Comment voyez-vous l'extension du cercle des entreprises autorisées à accepter le titre ?

 R. H. : Il est essentiel pour le maintien du régime social et fiscal dont bénéficie le titre que le réseau ne soit pas étendu outre mesure, sous peine de voir changer l'objet social du titre qui je le rappelle est assurer le développement d'une aide au déjeuner pour les salariés. Nous ne voulons pas que le titre restaurant se transforme progressivement en titre alimentation. C'est pour cela par exemple, que nous n'étions pas favorables à l'élargissement du dispositif aux détaillants de fruits légumes. Ici, le rôle de la Commission nationale des titres restaurants (CNTR) est primordial et il serait souhaitable que les moyens dont elle dispose puissent être renforcés pour continuer à prévenir les dérives et contrôler la correcte utilisation du titre.

Où en est le projet de dématérialisation du titre ?

R. H. : Nous travaillons actuellement avec les Pouvoirs publics, la DGCCRF et les émetteurs pour faire en sorte que ce projet d'avenir soit une réussite pour l'ensemble des utilisateurs. Nous sommes très vigilants pour que ce système n'engendre pas de surcoût pour les restaurateurs et puisse faire baisser de manière significative les frais de fonctionnement avec l'aide des nouvelles technologies.

Dans les chiffres que vous avez livrés un peu plus haut, on constate que la restauration rapide profite davantage du titre restaurant. Votre sentiment ?

R. H. : A l'heure du déjeuner, la restauration traditionnelle doit se réinventer en offrant une prestation plus en phase avec les attentes et les besoins du consommateur. J'étais au salon « Snack and Sandwich Show » à Paris récemment et on le voit, le créneau du déjeuner est en pleine évolution. Le consommateur veut des produits de qualité, équilibrés et consommables rapidement. Et le rapport qualité/prix doit être excellent.

Propos recueillis par Sylvie Soubes

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