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Alexandra Lorin Guinard (Les Jardins de Coppélia) : "Les aides ne favorisent pas les jeunes entreprises"

Hôtellerie - mercredi 22 avril 2020 09:28
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14 - Calvados Les époux Guignard ont ouvert leur premier établissement à l'automne 2019, aux abords d'Honfleur Ils cherchent des solutions pour la reprise, malgré une situation qui reste préoccupante pour tout le secteur, et en particulier pour ceux qui viennent d'investir.



Alexandra et Grégory Guinard :  'On nous dit de mettre des gants et des masques, mais nous n'avons rien, nous ne sommes pas équipés.'
© Patricia Juret
Alexandra et Grégory Guinard : 'On nous dit de mettre des gants et des masques, mais nous n'avons rien, nous ne sommes pas équipés.'


Ces derniers temps, nous essayons d’être très actifs.” Malgré l’absence totale de clients en raison du confinement, Alexandra et Grégory Guinard, récents propriétaires des Jardins de Coppélia, près d’Honfleur (Calvados), font ce qu’ils peuvent pour trouver des solutions. “Nous sommes dans une région très fortement impactée puisque c’est une zone touristique importante”, confie la propriétaire.

Dans un premier temps, le couple était désemparé. "Les aides ne favorisent pas les jeunes entreprises, notamment dans le secteur du tourisme”, déplorent-ils. En effet, les prêts accordés par l’État pour obtenir des aides en matière de trésorerie se heurtent à certains critères prenant souvent en compte l’année n-1. Compliqué pour une entreprise créée à l’automne 2019. "Nous souhaitons conserver les emplois mais si ça continue, on ne pourra pas. Sans compter sur l’absence de soutien des assurances”, se désole le couple. “On ne sait même pas quand on pourra rouvrir. La société civile a une date de déconfinement. Mais nous, nous n’avons pas de visibilité", poursuit le couple.

Les jeunes hôteliers n’ont pas encore ouvert les réservations pour cet été, mais pour autant, ils gardent le contact avec leurs clients via les réseaux sociaux, et en leur conseillant de réserver en France cet été. Mais là encore, le couple a une vision peu optimiste : “Entre les pertes de salaire et les jours de congés qui doivent être pris maintenant, les Français ne partiront peut être pas beaucoup cet été.”

 

De multiples questionnements

De plus, de nombreuses incertitudes persistent. “On nous dit de mettre des gants et des masques, mais nous n’avons rien, nous ne sommes pas équipés. Nous avons passé une commande mais est-ce qu’on la recevra à temps ? Dans des quantités suffisantes ?, s’inquiète Alexandra Guinard Lorin. Comment respecter la distanciation sociale dans un hôtel ? À l’accueil, au bar ? Faudra-t-il revoir le sens de circulation au sein de l’établissement ? Les idées ne manquent pas, mais il est difficile de repenser entièrement un établissement qui n’a même pas un an et qui a déjà nécessité un lourd investissement de départ.

Le couple se pose beaucoup de questions : “Quand pourrons-nous rouvrir ? Et pour le spa, devrons-nous fermer notre hammam, notre sauna ? Et pour la piscine cet été, que devrons-nous dire à nos clients ? De se baigner avec un masque ?”

Mais une chose est certaine pour le couple : “Il va falloir maximiser le taux d’occupation de cet été pour pallier les semaines d’hiver qui peuvent être compliquées.” Les gérants imaginent des offres promotionnelles, des packages avec des réductions pour les bons clients…

 

Se réinventer

Nous espérons que les gens vont consommer autrement.” Partant de ce postulat, Alexandra Guinard Lorin garde le sourire, elle qui s’est attachée à créer un établissement dans le respect de l’environnement. Pour elle, cette nouvelle consommation prendra en compte le développement durable, tout en repensant la dimension sanitaire. Mais cela a ses limites, quand on pense aux différentes installations d’un hôtel.

“Nous avons besoin d’être particulièrement soutenus”, affirme la jeune propriétaire. Se réinventer passe aussi par les relations, que ce soit avec les clients, qui ont “des attentes qui ne sont plus les mêmes”, ou avec les partenaires. "Avant, je travaillais dans la fonction publique, et parfois, nous devions faire appel au mécénat pour avoir des fonds. Il faut trouver des idées similaires, en créant des partenariats gagnant-gagnant. Il faut accepter que les relations économiques évoluent”, imagine Alexandra Guinard Lorin.

#Coronavirus #LesJardinsDeCoppelia 


Romy Carrere
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