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Annecy et L'Impérial Palace, liés par le destin

Hôtellerie - vendredi 16 septembre 2016 10:07
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Annecy (74) La ville est l'une des rares communes à être propriétaire des murs et du parc d'un hôtel centenaire, toujours en exercice.



L'Impérial Palace, fleuron de l'hôtellerie annécienne, pourrait être un établissement de luxe comme les autres. Les plus grandes célébrités s'y sont croisées, il a connu des heures de gloires et d'autres plus sombres. Ce qui fait sa particularité, c'est l'attachement que lui portent ses habitants, qui se sont battus pour conserver les bâtiments et le parc, toujours public à ce jour. Tout commence en 1912, quand René Leyraz, hôtelier de métier, décide construire un établissement de luxe à Annecy et le baptise l'Impérial Palace. L'homme est pressé, il faut que l'investissement rapporte vite. Le pari est ambitieux et difficile. La proximité du lac rend le terrain instable, il faut construire sur des pieux. La profondeur de l'eau, à hauteur du bâtiment, ne permet pas d'accoster. Mais les tacherons font merveille et le 14 juillet 1913, après dix mois de travaux, le palace ouvre enfin ses portes. Fastueux, il crée l'événement dans la haute société. Le mobilier et les tentures proviennent des magasins du Louvre pour un million de francs or, une somme faramineuse à l'époque.


Célébrités

L'Impérial Palace devient la résidence d'été des têtes couronnées et des grands de ce monde, venus goûter au charme des Alpes françaises. Sacha Guitry, la famille Peugeot, le bey de Tunis, le sultan du Maroc, George VI (futur roi d'Angleterre) et bien d'autres y ont leurs habitudes. Mais les fastes de l'Impérial se heurtent vite à la conjoncture. Dans les années 1930, il connaît son premier revers. Revendu puis réquisitionné pendant la guerre par les Allemands, il devient un hôpital militaire et un centre de tri des prisonniers.

L'après-guerre lui apportera ses derniers clients prestigieux : Winston Churchill, Édith Piaf, Charlie Chaplin. La bâtisse reste malgré tout difficile à rentabiliser. Les dettes s'accumulent et en 1958, les propriétaires, acculés, décident de le revendre en appartement. C'est un lever de bouclier général. Les Anneciens refusent de perdre ce qu'ils considèrent comme leur parc. En 1967, la ville achète l'ensemble de la propriété, une opération jugée d'utilité publique en conseil municipal. Les Anneciens ne voudront plus jamais y renoncer.


La renaissance

Le bâtiment est, malgré tout, mis en vente, mais les deux conditions imposées par la municipalité découragent les acheteurs. Ceux-ci doivent accepter la non-privatisation du parc et la conservation de l'exercice hôtelier. Incendié en 1981, ouvert à tout vent, infiltré d'eau, l'Impérial Palace attend durant vingt-cinq ans sa réhabilitation. Enfin, le groupe allemand Hopf relève le gant, réhabilite l'hôtel, créé un centre de congrès et un casino. En décembre 1990, l'hôtel renaît de ses cendres et accueille ses premiers clients.

Vingt-trois ans plus tard, en 2013, le groupe Hopf le revend à PVG, un groupe hôtelier local. Ses dirigeants, Gaston et Olivier Pollet-Villard, connaissent l'histoire et acceptent la règle du jeu. Un programme d'investissement de plus de 5 M€, est entrepris, un spa ouvert à la clientèle extérieure est créé. "Je veux que les habitants d'Annecy continuent à fréquenter cet hôtel. Les locaux sont un atout, une base de fonds de commerce, surtout entre saisons", explique Philippe Gourgaud, directeur général. Dans le parc, devant la terrasse l'hôtel, là où dînait Churchill ou Charlie Chaplin, les petits Anneciens jouent au ballon ou font du vélo sous l'oeil surpris et amusés des clients. "Cette mixité ne pose pas de problème. C'est le parc des Anneciens, ils en prennent soin."


Fleur Tari
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