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"Je suis chef sur une plateforme pétrolière"

Emploi - vendredi 31 août 2018 09:56
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GRANDE-BRETAGNE Thibault Sidris s'est aventuré il y a sept ans dans un univers professionnel loin des restaurants d'hôtels 5 étoiles dans lesquels il officiait jusqu'alors. Il est devenu chef de cuisine en mer sur une plateforme pétrolière.



Nourrir jour et nuit les 110 personnes qui travaillent sur la plateforme, du technicien au personnel d'entretien, exige une grande organisation. "Nous ne sommes que deux cuisiniers et un plongeur", explique Thibault Sidris. Nous sommes livrés une fois par semaine par le biais d'un bateau de 14 tonnes de marchandises, qui passe jusqu'à deux jours en mer pour arriver à la plateforme". Si Thibault avait l'habitude de la gastronomie à la française, ici, il lui faut surtout nourrir de gros mangeurs à cinq reprises dans la journée (petit-déjeuner, collation, déjeuner, goûter et dîner) et surtout savoir tout fabriquer, même le pain. "Le budget est très serré. Chaque travailleur ne doit pas coûter plus de 6,13 £ pour tout ce dont il bénéficie : repas, blanchisserie, produits d'entretien… Il faut jongler pour proposer de bons repas sans exploser le budget."

Ici, le moindre incident peut coûter la vie

Pour travailler sur la plateforme, Thibault a dû investir dans des formations impératives pour accéder à n'importe quel poste, à commencer par une formation à 2 500 € qui permet de réagir en cas de crash d'hélicoptère. "Comme 45 minutes à 2 h 30 de vol en hélicoptère en pleine mer sont nécessaires pour rejoindre la plateforme, nous  devons donc connaître toutes les procédures à appliquer en cas d'amerrissage." À cette formation théorique et pratique vient s'ajouter celle liée aux risques d'incendie et aux gestes de premiers secours sur la plateforme, "tous ceux qui travaillent sur la plateforme doivent être prêts à intervenir en cas d'incendie ou à secourir les blessés potentiels". Car ce qui caractérise le travail sur une plateforme c'est le risque qu'encourent les travailleurs. C'est un lieu clos, en pleine mer, où le moindre incident peut coûter la vie. Ces formations sont à la charge du candidat avant embauche, puis sont financées par l'entreprise.

Les conditions de travail sont rendues parfois difficiles en raison l'éloignement des proches. "Sur cette plateforme, mon rythme est de trois semaines de travail continu à 12 heures par jour suivies de trois semaines de repos.""Nous sommes dans une boite en métal au milieu de la mer, loin de notre famille", poursuit-il. Par ailleurs, si les salaires sont élevés, les contrats de travail offshore ne sont pas des CDI et un salarié peut se retrouver au chômage à la fin de fin chaque contrat, sans justification. Compte tenu de l'absence de cotisation, il est donc nécessaire de penser à épargner en prévision de la retraite. Enfin, le statut des salariés peut varier : local, détaché, expatrié… Thibault, lui, est employé directement par une structure du Royaume-Uni.

Vanessa Guerrier-Buisine
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