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Saison estivale 2012 : l'analyse de Gérard Guy, président de la CPIH

Conjoncture - lundi 3 septembre 2012 10:13
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Gérard Guy, président de la CPIH.
Gérard Guy, président de la CPIH.

L'Hôtellerie-Restauration : Le bilan provisoire de la saison 2012 réalisé par la DGCIS annonce un recul des nuitées des hébergements marchands de 2,9%  par rapport à la saison 2011. Le début de l'été a été marqué par une météo très mauvaise sur les côtes Atlantique et Normande. Votre président des saisonniers, François Effling, a d'ailleurs tiré la sonnette d'alarme fin juillet. On parle d'une meilleure fréquentation en août. Qu'en pensez-vous ?

Gérard Guy : Les résultats de la saison estivale ont en effet été diversement ressentis par les professionnels de l'hôtellerie restauration. Selon les régions, et en raison des variations climatiques, le résultat à été plutôt bon dans le sud de la France alors qu'il a été très moyen pour ne pas dire mauvais ailleurs. Paris, en raison de l'attrait qu'exerce la capitale, en particulier pour les étrangers, a su tirer son épingle du temps malgré un mois de juillet maussade.  Le temps n'est d'ailleurs pas la seule explication à cette morosité, nos compatriotes ont été également moins nombreux à partir en vacances cette année que les fois précédentes pour des raisons économiques et du fait des incertitudes quant à leur avenir. Le budget moyen des vacanciers par ailleurs était orientée à la baisse ce que la plupart des restaurateurs ont pu vérifier. Au total cette saison 2012 ne laissera pas de très bons souvenirs chez les professionnels des CHR ce que Bercy à pris note en constatant une baisse de – 7% pour le seul mois de juillet.

Les Français sont effectivement moins partis en 2012 et la durée des séjours se réduisent davantage...

G. G. : Selon un récent sondage, réalisé par l'IFOP, 68 % des Français envisagent l'avenir avec pessimisme et ce pessimisme n'épargne personne. La sinistrose touche notamment nos compatriotes au portefeuille puisque seulement 20 % d'entre eux font confiance au gouvernement pour doper leur pouvoir d'achat. Les derniers chiffres du chômage révélés au coeur de l'été sont aussi une source d'inquiétude et dans ces conditions on comprend que beaucoup aient renoncé à partir en vacances ou à réduire leurs séjours.

Le tourisme urbain a semble-t-il mieux résisté. Celui-ci est-il travaillé par vos adhérents ?

G. G. : Partout, où dans les villes, des manifestations culturelles, sportives sont organisées, on observe des retombées bénéfiques pour les professionnels liés au tourisme. La plupart des festivals de l'été, malgré la crise, ont connu des affluences importantes et bien sûr cela rejaillit sur l'hôtellerie et la restauration. Beaucoup de nos adhérents participent d'ailleurs eux-mêmes à ces évènements ou les accompagnent et ne se contentent pas de leur rôle d'hôtelier et de restaurateurs. Ils sont depuis longtemps, déjà, devenus des acteurs de la vie locale car ils connaissent l'importance des retombées économiques du dynamisme d'une cité, d'un département, d'une région.

Les touristes étrangers sont venus cet été, mais leur comportement évolue également.

G. G. : Aujourd'hui, en raison de la grave crise que connaissent l'Europe et toute une partie du monde, la plupart des ressortissants de ces pays sont confrontés aux dures réalités de la baisse de leur pouvoir d'achat. Que les Grecs, les Espagnols, les Italiens, les Portugais, pour ne citer qu'eux soient moins nombreux à fréquenter notre pays n'est pas surprenant dans ces conditions. On a noté en particulier leur nombre en diminution à l'occasion des grands évènements sportifs ou culturels qui ont eu lieu ces derniers mois, à l'exception toutefois des J.O de Londres qui a été très bénéfique pour l'économie de la capitale anglaise. Ce n'est pas que la France soit moins attractive ou que notre industrie touristique ne soit pas dynamique, c'est malheureusement du au fait de la conjoncture actuelle et contre cela nous ne pouvons malheureusement pas grand chose.

L'hôtellerie est en recul de 2,2% (- 2,6 en août). La météo n'est donc pas la seule explication…

G. G. : C'est ce que je vous expliquais précédemment. La météo à été un facteur aggravant de la situation, avec heureusement un ensoleillement important au cours du mois d'août qui a un peu fait oublier le temps exécrable du mois de juillet, mais il n'est pas le seul. D'ailleurs les bons chiffres d'août n'effaceront pas les pertes enregistrées au cours du mois de juillet, ils ne feront que limiter « la casse ». En fait pour beaucoup cette saison sur laquelle les professionnels de l'hôtellerie restauration comptaient va plomber les résultats de leur bilan. La grave crise économique et financière qui touche l'Europe en particulier, tout spécialement celle du Sud, les inquiétudes face à l'avenir, la baisse du pouvoir d'achat, l'augmentation du nombre de chômeurs, les divers plans sociaux et les multiples dépôts de bilan d'entreprises sont autant de raisons pour expliquer le recul du secteur de l'hôtellerie.

La ministre du tourisme, Sylvia Pinel, va lancer ce mois-ci la mission Vacances pour tous, comment pensez-vous pouvoir vous inscrire dans ce programme ?

G. G. : Nous ne pouvons que nous féliciter que Mme Sylvia Pinel se saisisse de ce dossier. Encore faudrait-il qu'une augmentation du taux de la TVA (que tout laisse craindre dans les mois à venir) ne vienne anéantir les beaux discours ou les bonnes intentions affichées. Nos professions, en particulier l'hôtellerie, sont aujourd'hui confrontées à des investissements importants : remise aux normes pour obtenir le nouveau classement, travaux d'accessibilité pour les handicapés... Or nous éprouvons les plus grandes difficultés à obtenir les soutiens financiers nécessaires à ces transformations. Une action du gouvernement et de Mme Sylvia Pinnel en direction des établissements bancaires serait la bienvenue car malheureusement les banquiers jouent trop rarement leur rôle d'agents économiques, font trop souvent preuve d'une grande frilosité et exigent de plus en plus de garanties en contrepartie des prêts qu'ils consentent, lorsque c'est le cas. Ils ont dans la période actuelle une obligation de soutenir les entrepreneurs et il serait bon qu'on leur rappelle. Pour le reste, en ce qui concerne cette mission Vacances et dès lors qu'il y aura une concertation avec les professionnels du tourisme nous ne manquerons pas de faire des propositions et d'être des acteurs actifs et résolus pour ce plan qui vise la période 2013-2017.  

Propos recueillis par Sylvie Soubes

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