“On n’est jamais à l’abri d’une bonne nouvelle”, s’est réjoui Serge Papin lors de l’annonce des chiffres records enregistrés par le tourisme en France en 2025. Le ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat n’a pas boudé son plaisir, le 19 février à Bercy : avec 102 millions de visiteurs étrangers accueillis l’année dernière, soit 2 millions de plus qu’en 2024, le pays a confirmé son rang de première destination touristique mondiale. La preuve que “la France continue d’attirer, de séduire et de faire rêver le monde entier”, insiste Serge Papin. Les recettes internationales franchissent également un nouveau record, atteignant 77,5 milliards d’euros sur l’année, soit 9 % de plus qu’en 2024 (71 milliards d’euros).
Cette fréquentation internationale a représenté 743 millions de nuitées en hébergement marchand et non marchand (+ 2 %), dont 261,2 millions dans les hébergements marchands, soit une hausse notable de 7,5 % par rapport à 2024, détaille Adam Oubuih, directeur général d’Atout France. En tête, les clientèles européennes qui contribuent pour 76 % à ces nuitées, majoritairement en provenance d’Italie, Espagne, Belgique, Pays-Bas (+ 5 %) et d’Allemagne (+9%).
Fait marquant en 2025, la forte progression des clientèles nord-américaines (+17 % pour les États-Unis) et japonaise. Les voyageurs asiatiques sont en hausse, mais restent toujours en retrait par rapport à la période pré-Covid. Autre indicateur dans le vert : la dépense moyenne par touriste international progresse de 7 %, pour atteindre 760 € par séjour. Et Adam Oubuih d’expliquer : “Les touristes ont dépensé plus parce la qualité de notre offre s’est améliorée.”
La France reste également la destination privilégiée des Français : la clientèle domestique représente 835 millions de nuitées dans l’hébergement marchand et non marchand. Dans l’hébergement marchand, celles-ci ont progressé de 3 %, principalement en location touristique (+ 6,6 %) et hôtellerie de plein air (+ 4 %), et pendant la période estivale (43 % des nuitées).
Diversifier les filières touristiques
Il faut toutefois se garder de tout triomphalisme, prévient Serge Papin. En premier lieu, parce que la France reste en-deçà de son voisin espagnol en termes de recettes internationales (105 milliards en 2025), qui bénéficie certes d’une saisonnalité hivernale favorable mais accueille un nombre de visiteurs inférieur (97 millions). Mais surtout “parce que le tourisme n’est pas une rente” et qu’il convient de continuer à améliorer l’offre touristique de l’Hexagone face à la concurrence accrue de ses voisins pour atteindre l’objectif de 100 milliards d’euros de recettes en 2030, fixé lors du dernier comité interministériel du tourisme, de juillet dernier.
Quatre axes ont été retenus par le ministre pour parvenir à cet objectif, la première d’entre elles étant de développer de nouvelles filières touristiques à l’intérieur du territoire, qui permettront en outre de lisser la fréquentation : tourisme de savoir-faire, sportif, mémoriel, œnotourisme ou encore agritourisme : “Où que l’on aille, notre pays compte partout des pépites touristiques. Chaque coin de France – même le moins connu - est instagrammable”, insiste le ministre. Celui-ci reconnait toutefois : “L’offre d’hébergement n’est pas encore suffisante dans ces territoires, mais une dynamique se met en place actuellement, avec le développement des meublés touristiques et de gites dans les milieux agricoles”.
Le ministre souhaite également simplifier la règlementation pour les professionnels afin de leur faire gagner en compétitivité et continuer le travail de promotion des métiers du tourisme : “61 000 postes sont aujourd’hui non pourvus dans la filière”, rappelle-t-il. Il souhaite enfin de mettre l’accent sur le tourisme durable, puisque l’ambition de la France est de devenir la première destination touristique durable en 2030. Il faut en faire un “ avantage compétitif majeur : insiste-t-il. “[Ce] n’est pas une contrainte. C’est une opportunité stratégique. Les clientèles internationales et nationales l’attendent. Soyons en avance.”
Rendre les vacances accessibles au plus grand nombre
Toutefois, Serge Papin, également ministre du Pouvoir d’achat, a rappelé son objectif de rendre les vacances accessibles “au plus grand nombre”, alors que quatre Français sur dix sont contraints d’y renoncer chaque année. Il a annoncé la mise en ligne d’un portait unique d’aide au départ en vacances, qui recensera l’ensemble des informations sur les aides existantes. L’objectif de ce site, porté par l’Agence nationale pour les chèques vacances, est de permettre à 300 000 familles de partir en vacances.
Les prévisions pour 2026 sont “encourageantes dès le 1er trimestre”, indique le ministère. Les Français privilégient l’Hexagone pour leurs vacances, même si les intentions de séjours à l’étranger sont en hausse de 4 % par rapport à 2025, et les taux d’occupation prévisionnels indiquent une hausse de 1,3 point sur l’ensemble des hébergements pour la saison.
Publié par Roselyne DOUILLET
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