Depuis le 28 février, l’opération militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran et la riposte iranienne ont entrainé une forte dégradation de la situation dans tout le Moyen-Orient. Dans ce climat, l’Alliance France Tourisme a demandé à l’Ifop de mesurer l’impact du conflit en cours sur les intentions de voyage des Français, tandis que Paris je t’aime, l’office de tourisme de la capitale, suit en temps réel l’évolution des arrivées internationales dans le Grand Paris.
En février, indique ce dernier, le Grand Paris a accueilli 2,7 millions de touristes français et étrangers, un volume équivalent à celui de février 2025. Une fréquentation portée par les arrivées internationales, en hausse de 1,4 % (notamment en provenance des États-Unis, de l’Espagne, de la Chine et du Canada), alors que les touristes français reculent de 2,3 % sur le mois. Les hôtels de la région ont affiché un taux d’occupation de + 3,3 %.
Toutefois, depuis le 28 février, les premiers effets du conflit se font sentir avec une baisse des arrivées touristiques de 5,6 % sur la semaine du 28 février au 7 mars, suivie d’un léger rebond (+ 0,4 %) la semaine suivante. Les quinze premiers jours de mars sont marqués par un recul des clientèles américaine (- 11 %), chinoise (- 11 %), italienne (- 24,7 %) et espagnole (- 15,5 %). À l’inverse, les clientèles allemande (+10,2 %) et néerlandaise (+3,2 %) sont restées orientées à la hausse.
Pour le mois d’avril, l’office de tourisme table sur un taux d’occupation hôtelier en baisse de 3,9 % pour le Grand Paris, mais surtout de - 10,7 % pour la capitale. Le mois de mai est également en recul par rapport à 2025, mais plus légèrement, précise-t-il.
Reports ou changement de destination
Les Français réfléchissent aussi à de nouvelles destinations de voyage, indique l’Alliance France Tourisme. Selon l’enquête menée par l’Ifop, 41 % d’entre eux déclarent que la situation géopolitique au Moyen-Orient est “de nature à modifier” leurs projets de vacances de printemps ou d’été. 75 % des répondants jugent la situation “dissuasive” (dont 58 % “tout à fait dissuasive”) pour voyager dans un pays de la zone touchée par le conflit ou pour y transiter. Pour autant, seuls 27 % des voyageurs déclarent que cette situation les conduit à modifier leur calendrier de réservation d’été (annulation, changement ou report), quand 55 % affirment qu’elle “ne change rien”.
Parmi les Français souhaitant changer de destination, 21 % souhaitent “privilégier la France pour leurs vacances, plaçant l’hexagone comme première option”, indique l’Alliance France Tourisme, qui y voit “une opportunité immédiate pour l’économie touristique française, dans un contexte où les voyageurs recherchent davantage de sécurité et de proximité”.
Publié par Roselyne DOUILLET
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