Comment travailler et payer le 1er mai

Le 1er mai est le seul jour férié accordé par le code du travail. Il bénéficie donc à tous les salariés, sans condition d’ancienneté et quel que soit leur statut. Quant aux 10 autres jours fériés, ils sont réglementés par la convention collective. Dans les CHR il faut un an d’ancienneté dans l’entreprise pour avoir droit à ces 10 jours fériés.

Publié le 29 avril 2026 à 11:01

Le 1er mai est le seul jour férié légal, c'est-à-dire accordé par le code du travail. Tous les salariés bénéficient de ce jour férié, sans condition d’ancienneté et quel que soit leur statut. Il doit être obligatoirement chômé : en principe il n'est pas travaillé mais doit être payé. Comme pour tout principe, il est prévu des exceptions. L’article L.3133-6 prévoit que seuls les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail, peuvent faire travailler leurs salariés le 1er mai. Cependant, le code du travail ne donne pas la liste des secteurs d’activités pouvant bénéficier de cette dérogation.

Selon une position ministérielle du 23 mai 1986, il était largement admis que les secteurs d’activité qui bénéficiaient d’une dérogation au repos dominical entrainait une dérogation au repos le 1er mai. Les CHR faisait partie des activités pouvant faire travailler leurs salariés le 1er mai, mais à la condition de les payer double.

Ces dispositions sont d’ailleurs reprises par l’article 26-1 de la convention collective des CHR du 30 avril 1997.

Cette tolérance a été remise en cause par une jurisprudence de la Cour de cassation du 14 mars 2006. Celle-ci ayant jugé que les entreprises qui bénéficiaient d’une dérogation au repos dominical n’entrainait pas une dérogation au repos le 1er mai. Celles-ci doivent établir que la nature de l’activité exercée ne permet pas d’interrompre le travail le 1er mai.

Si cela ne pose pas de problèmes pour les hôteliers, de plus en plus de restaurateurs ont été verbalisés pour avoir fait travailler leurs salariés le 1er mai.

Face à cette incertitude qui concerne aussi d’autres professions comme les boulangers et les fleuristes, les sénateurs avaient adopté en juillet 2025 une proposition de loi qui devait renvoyer à un décret pour dresser une liste précise des secteurs d’activités concernés. Proposition de loi qui est venue en séance publique à l’assemblée nationale, le 10 avril 2026, et a fait l’objet d’une motion de rejet préalable par les partisans du texte. Ce qui aurait permis de faire voter la loi rapidement en commission mixte paritaire avant le 1er mai 2026.

Face à une levée de bouclier des syndicats, des députés, le ministre du travail n’a pas convoqué la CMP et n’a pas donné suite à cette proposition de loi pour laisser le temps au dialogue social de construire des solutions équilibrées.

Les professionnels se retrouvent donc face à une incertitude juridique. Dans certains départements les restaurateurs qui ouvrent le 1er mai sont verbalisés, quand d’autres n’ont aucuns soucis. Il convient de voir quelle est la position de l’inspection du travail dont vous dépendez.

 

Si le 1er mai est travaillé

Les salariés qui travaillent le vendredi 1er mai 2026 ont droit, en plus du salaire de cette journée, à une indemnité égale au montant de ce salaire.
- Pour les salariés payés au fixe, l’employeur doit verser une indemnité proportionnelle au montant du salaire correspondant à cette journée (les avantages en nature sont payés mais non doublés).
- Pour ceux payés au service, l’employeur doit verser une indemnité égale au montant de la répartition du service pour cette journée.

Si le 1er mai n’est pas travaillé

Dans le cas où les salariés ne travaillent pas le 1er mai, parce que ce jour correspond soit au jour habituel de fermeture de l’entreprise, soit au jour de repos du salarié, il n’y a aucune incidence sur la rémunération :
- les employés payés au fixe touchent leur salaire normal ;
- ceux payés au service ne perçoivent aucune rémunération. 

Par exemple, pour un salarié habituellement en repos le vendredi, le 1er mai 2026 n’aura aucune incidence sur son salaire. Il ne pourra pas demander à ce que ce jour de repos soit payé double ou qu’on lui accorde une journée supplémentaire de repos en compensation. Autrement dit il perd le bénéfice du 1er mai qui tombe un jour de repos.

Si le 1er mai est un jour habituel d'ouverture de l'entreprise, mais que l'employeur décide de fermer ce jour-là, il doit alors verser à tous les employés, le salaire qu’ils auraient perçu s'ils avaient travaillé.

Un jour de repos ne peut pas remplacer le paiement du 1er mai

On ne peut pas remplacer le paiement du 1er mai par une journée de repos, car c'est le seul jour férié pour lequel l'employeur n'a pas le choix. En cas de travail le 1er mai, il doit obligatoirement payer double les salariés. Si l'employeur accorde un repos compensateur à la place du paiement de la journée travaillée, il peut se voir condamner par les tribunaux à payer cette indemnité en plus du repos compensateur accordé.

En effet, un arrêt de la Cour de cassation (Cass. Soc. 30. 11.2004 n° 02-45.785) est venu rappeler que le repos compensateur ne peut remplacer le paiement de cette journée travaillée. Dans cette affaire, la cour a rappelé le régime légal de l'indemnisation du 1er mai ainsi que son caractère d'ordre public (on ne peut déroger à cette règle ni par une convention collective ni même avec l'accord du salarié). Elle a donc condamné l'employeur à payer l'indemnité prévue. 

Outre la réclamation des salariés, il faut savoir que l'article R.3135-3 du code du travail indique que le fait de ne pas payer double un 1er mai travaillé est passible d'une amende prévue pour les contraventions de la 4e classe, soit d'une amende d'un montant de 750 €. S'agissant d'une contravention, il y aura autant d'amendes que de salariés concernés.

Comment payer le 1er mai pour les veilleurs de nuit ?

Deux veilleurs de nuit ont travaillé le vendredi 1er mai 2026. Le premier a pris son poste le 30 avril à 20 heures pour finir le 1er mai à 7 heures du matin. Le second a pris son poste le vendredi à 20 heures pour finir le 2 mai à 7 heures du matin. Lequel sera payé double pour cette journée de travail ? Ces deux salariés bénéficieront du paiement double pour le travail effectué le 1er mai, proportionnellement au nombre d’heures effectuées ce jour-là. Le 1er mai doit être défini comme un jour civil calendaire commençant à 00 heure et finissant à 24 heures. Le travailleur de nuit qui commence son service jeudi soir à 20 heures pour le finir vendredi à 7 heures du matin aura droit à sept heures de travail payées double. Quant au deuxième veilleur de nuit, qui a effectué le même service mais dans la nuit du vendredi à samedi, il n'a droit pour sa part qu'à 4 heures payées double au titre du 1er mai. C'est un arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation en date du 8 mars 2007 qui a rappelé comment apprécier le jour férié pour déterminer la rémunération des travailleurs de nuit pendant ce jour (Cass. Soc. 8.3.2007 n° 05-44.330).


Photo

Publié par Pascale CARBILLET



Questions
Photo

En cliquant sur publier vous acceptez les [conditions générales d'utilisation]

Voir notre Politique des données personnelles

Dialoguez avec nos experts !

(Service réservé à nos abonnés : 3,90€/mois)

Vous souhaitez poser une question
ou ajouter un commentaire ?

Un seul clic pour accéder à la suite :





Newsletter

Ne Ratez plus l'actualité , abonnez-vous à la newsletter !