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Actualités

ACTUALITÉ

Le Kenn à Nancy

Survivre aux travaux du tram

Le chantier du nouveau tramway de Nancy, a largement perturbé pendant plus de 18 mois, l'exploitation de certains commerces. Des indemnités sont prévues par la loi, mais Pascal Larrière, patron de la brasserie Le Kenn, n'a pu en bénéficier. Son établissement est au bord de la fermeture.


"Pour le moment, on a eu à supporter tous les inconvénients des travaux et pas encore les avantages du tramway", précise Pascal Larrière.

Le patron du Kenn s'interroge : "A quoi ça sert de se crever au travail ?" Désabusé, se rappelant la poussière nettoyée deux fois par jour, les vitres quotidiennement sales, "l'enseigne bousillée par un coup de tractopelle" et les multiples désagréments dus aux travaux du tramway. "Un matin, les trois entrées du café étaient bouchées par des clôtures, dans trois rues différentes. Inutile de dire que ce jour-là, nous avons fait zéro client." Pascal Larrière, "depuis toujours dans le métier" et originaire de Nancy, a racheté Le Kenn pour 68 000 e en 1998. Situé sur l'une des grandes artères de la commune, proche du centre-ville et des bureaux, l'affaire semblait prometteuse. Mais, mauvaise surprise, il faut dépenser 60 000 e de plus pour remplacer le bar "complètement pourri" et faire face à de multiples vices cachés. La première année, pourtant, le chiffre d'affaires est de 100 000 e. L'année suivante, il attend 120 000 e "de quoi amortir tout doucement". Le début des travaux du tramway n'arrange rien. Le commerçant prend alors la décision de licencier l'un de ses deux employés, et d'ouvrir 6 jours sur 7 au lieu de 5. "Avec une personne en moins, je fais double journée, de 7 heures du matin à minuit passé." Ainsi, malgré une clientèle divisée par deux, "effrayée par les travaux", le chiffre d'affaires, s'il ne progresse pas comme prévu, se maintient, de même que les bénéfices. Comme d'autres commerçants du quartier, situés sur l'axe des travaux, Pascal Larrière dépose un dossier de demande d'indemnisation à la Communauté urbaine du Grand-Nancy, espérant même une avance, comme les textes le prévoient. De nombreux échanges de courriers s'ensuivent. Finalement, la commission d'indemnisation refuse de prendre en compte la demande du patron du Kenn.

Seule la perte de bénéfices est prise en compte
L'expert-comptable nommé dans le cadre de la commission, après examen des comptes de l'établissement, chiffre bien une perte d'exploitation de plus de 9 147 e, mais il estime qu'elle a été compensée en totalité par des économies de charges réalisées par le licenciement d'un employé. "La commission d'indemnisation est présidée par un magistrat premier conseiller au tribunal administratif, explique Christian Parra, vice-président de la Communauté urbaine en charge du dossier du tramway. La Communauté indemnise en fonction des propositions de la commission et ne traite pas directement les dossiers. Plusieurs commerçants ont confondu baisse du chiffre d'affaires et baisse des bénéfices. En aucun cas la commission ne peut compenser une perte de chiffre d'affaires." Dans le cas du patron du Kenn, puisqu'il a maintenu ses bénéfices, il ne peut donc y avoir d'indemnisation. A la Communauté urbaine, on reconnaît qu'il s'agit d'une situation difficile, mais, remarque-t-on, "Pascal Larrière n'est pas le seul commerçant dans cette situation". Une conjoncture alourdie par le fait que le tramway de Nancy, qui connaît de nombreuses vicissitudes techniques pour sa mise en route, n'est pas encore en service. "Pour le moment, on a eu à supporter tous les inconvénients des travaux et pas encore les avantages du tramway. Un arrêt est placé à côté de notre établissement. Nous comptons là-dessus pour renforcer notre clientèle. Mais le tramway ne circule pas." Pascal Larrière ne sait pas trop comment se sortir de cette passe un peu kafkaïenne. A-t-il eu tort de licencier son salarié en prévoyant des jours difficiles ? S'il ne l'avait pas fait, sans doute aurait-il été indemnisé. Les retards de cotisation sociale deviennent importants, et le cafetier se sent sur le fil du rasoir. "Nous faisons tout pour ramener la clientèle, on brade un peu les prix, on imagine de mettre en place des animations... et puis, que faire ?" Le patron du Kenn met désormais ses derniers espoirs dans le démarrage de l'exploitation du tramway, susceptible de lui amener enfin un surcroît de clientèle. Reste à savoir quand... zzz22v

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L'Hôtellerie n° 2765 Hebdo 18 Avril 2002 Copyright © - REPRODUCTION INTERDITE

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