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Actualités

L'ÉVÉNEMENT

32e congrès de la Confédération

RETOUR VERS LE FUTUR

Seillac est-il le congrès de la nouvelle chance ? C'est en tout cas ce qu'il ressort des débats qui ont eu lieu lundi et mardi derniers en Loir-et-Cher. Satisfaits d'avoir retrouvé cohérence et union au sein de leur équipe dirigeante, les délégués de la CPIH ont décidé de retrousser leurs manches et de réaffirmer sur le terrain leur indépendance et leur savoir-faire.

Congres.JPG (13132 octets)C'est à quelques kilomètres de Blois, au Domaine de Seillac, que les délégués départementaux et régionaux de la Confédération des professionnels indépendants de l'hôtellerie (CPIH) se sont réunis en congrès. Sous un soleil clément le 11 au matin, ignorant les coureurs de Paris-Nice qui faisaient étape dans la capitale du Loir-et-Cher, les membres de la Confédération avouaient ne rien attendre de ces 2 jours, sinon l'essentiel : cohérence et soutien. Au terme d'une première année de mandat, démarré dans un contexte difficile, affaibli pour la centrale syndicale, Jean-François Girault n'avait pas trop le choix. Sorte de quitte ou double, celui-ci devait impérativement redonner force et courage à ses troupes. En choisissant une politique de terrain et un 'parlé vrai', celui-ci semble avoir fait mouche. Pour François Effling, président des saisonniers, désormais le doyen de la Confédération, non pas en âge, mais en années d'adhésion, l'homme est "assez proche de René Gaillot" qui fut "un des grands bonhommes de la Confédération et originaire de Blois". Comme lui, "Jean-François Girault est un calme qui sait élever le ton au moment opportun. Il prend le temps de réfléchir et il roule pour nous". Même constat positif dans la bouche de Michel Lesec (Niort) qui se félicite d'une "ambiance générale favorable" ou dans celle de Gérard Prigent (Dordogne) qui reconnaît à l'équipe en place une volonté de "travailler" et dont le "discours concret" est avant tout un signe de "respect" à l'égard des départements. Jean-Marc Edet (CPIH 44) ajoute, non pas à "l'euphorie", mais au "bon esprit retrouvé" des notions d'avenir. "Nous sommes dans une phase de reconstruction. Nous allons pouvoir, sur les bases qui prennent forme, devenir une force de dialogue. Les maîtres mots sont désormais marketing et lobbying. Nous avons pour objectif de nous adapter à la société contemporaine, à apprendre à devancer les attentes."
Les votes de lundi ont confirmé le "bon esprit" revendiqué : l'ensemble des délégués a approuvé à main levée les rapports mis en délibération.

Branche par branche
Une seule fois, une main s'est abstenue d'approuver... "Une broutille", a-t-on murmuré dans la salle. Restait ensuite à aborder l'avenir de plain-pied. Une première table ronde, à laquelle participait la CGPME, portait sur les moyens d'insuffler aux professionnels la fibre syndicale. Pas facile de trouver de nouveaux adhérents de nos jours. Quel que soit le bord syndical... L'après-midi, les ateliers allaient de leur côté recentrer les débats sur les dossiers propres à chaque branche.
Menés par Jacques Fréalle, les hôteliers souhaitent remonter le niveau des étoiles "contrairement à la tendance". "Nous ne nous sentons pas l'âme à défendre cette politique, alors que des pays comme l'Espagne a enfin compris qu'il fallait, pour pérenniser le tourisme, une hôtellerie à la hauteur", a déclaré le président du groupement en insistant sur la nécessité de séparer la démarche normative des étoiles de celle commerciale des certifications. A l'instar des 'échos-labels' récemment lancés dans plusieurs pays d'Europe, Jacques Fréalle n'a pas caché son inquiétude face aux dérives. "Les échos-labels touchent le type de lessive, les économiseurs de douche, le recyclage de l'huile... Les excès, quels qu'ils soient, ne sont jamais bons à terme." Chez les saisonniers, deux dossiers ont principalement été abordés : le logement des salariés et la taxe de séjour, appliquée ailleurs que dans des villes touristiques. "Nous avons l'impression que les pouvoirs publics veulent banaliser cette taxe en détournant les paramètres d'origine. Nous devons nous élever au plus vite contre cette dérive", s'est insurgé François Effling, qui attend également une redistribution des redevances Sacem en fonction des zones géographiques et de leur population (chaland y compris). Les cafetiers et les discothécaires ont débuté par une séance collégiale. Au programme : une motion visant, une fois encore, à modifier le système des fermetures administratives... Sujet récurrent, entre Arlésienne et fatalisme ? "Non, affirme un professionnel, nous devons aller au charbon jusqu'au bout. Le principe est injuste, contraire à l'esprit démocratique de la France." Les restaurateurs sont, de leur côté, longtemps revenus sur les prix. "Toutes les formes de restauration ne rencontrent pas les mêmes contraintes. Il faut différencier la restauration 'fonctionnelle' de la restauration 'plaisir'. Il existe deux notions différentes : la qualité du prix et le prix de la qualité", a martelé Claude Izard, président du Groupement et vice-président national, en appelant de tous ses vœux une politique gouvernementale qui prenne enfin en compte une population "qui se bat pour préserver son identité et son savoir-faire".

Regonflés
Mardi, plusieurs conférences plénières ont entériné ce 32e congrès. Peut-être la douceur du cadre, l'environnement paisible et bucolique du Domaine de Seillac ont-ils joué en sa faveur. Une chose est sûre, les congressistes ont refermé leurs bagages la fleur au fusil, ressourcés, regonflés, fermement décidés à faire valoir leur force et leur identité. "Nous ne sommes pas optimistes, conclut une des rares femmes de l'assemblée, seulement décidés à aller plus loin."
S. Soubes zzz74v

Discours de clôture de Jean-François Girault

Principaux extraits

w CONCERNANT L'ATTITUDE DU GOUVERNEMENT : "L'augmentation des frais fixes de la nation n'est pas un moyen de relancer la demande. Une réduction du temps de travail de 8 heures dans la profession entraîne un coût élevé dans un secteur comportant beaucoup de particularités. (...) Nous devrions avoir un allié, voire un partenaire en la personne du secrétaire d'Etat, du ministre du Tourisme ! (...) A la décharge de notre ministre de tutelle, dont le budget est moins élevé que le prix d'un avion ou celui de deux rames de métro, son pouvoir ne peut être que limité."

w CONCERNANT LA GREVE DE LA TVA : "Le sujet est pris au sérieux par certains politiques mais dans un cadre électoral, alors qu'en sera-t-il demain ? Retenons toutefois un élément important : Bruxelles va revoir la liste des secteurs à large intensité de main-d'œuvre pour lesquels il est acquis qu'une réduction du taux de TVA pourrait accélérer leur développement. (...) L'opposition rencontrée porte sur le coût de la mesure : 3 milliards d'euros. Cette réponse strictement budgétaire ignore les retombées économiques et sociales, elle occulte les réalités économiques de notre secteur."

w CONCERNANT L'EMPLOI :
"Il faut mobiliser les gens et revaloriser le travail. (...) Il faut mettre en place une fiscalité moderne et euro-compatible, encourageant le travail, l'investissement, l'esprit d'entreprise, l'épargne, et instituer, pour les jeunes, une solide formation initiale les préparant à des débouchés d'avenir. (...) On ne crée pas d'emplois en créant la peur de l'embauche. Il faut en finir avec l'illusion qu'on peut gagner sa vie en travaillant de moins en moins ou bien sans vraiment travailler. (...) La France bat aujourd'hui le record de l'inefficacité publique, il en va de même pour la croissance. (...)
Il faut mettre fin aux impôts antiéconomiques et à la surcharge des salaires. Il faut tourner la page d'un Etat providence à bout de souffle pour ouvrir celle d'une protection sociale moderne."

Revendications spécifiques

A l'occasion de ce congrès, le bureau confédéral a rappelé les bases de son combat. Résumé rapide.

"Préoccupée en permanence par le maintien d'un tissu rural d'entreprises CHR, la CPIH met l'accent sur des réformes qui intègrent la spécificité des entreprises du secteur, tant dans leur taille, leur situation, leur localisation, leur caractère permanent ou saisonnier... Parmi les dossiers auxquels nous sommes attachés, nous voulons obtenir la prise en compte des particularités du secteur dans la RTT, un nouvel assujettissement de la TVA (restauration et boissons non- alcoolisées notamment), un abaissement substantiel des charges sociales, notamment sur les bas salaires, et la modification des bases de calcul et la réforme du Code de la santé publique dans le domaine des fermetures administratives."

La parole est aux jeunes

Particulièrement attentif à ce que pensent les jeunes professionnels impliqués dans le secteur, Jean-François Girault leur a donné la parole dans le cadre du débat 'Quel avenir pour la profession ?'. Il a eu raison, les jeunes ne se sont pas privés de se faire entendre : "Les décisions que vous prenez aujourd'hui, c'est nous qui les assumerons demain", a lancé l'un d'entre eux. "Nous avons choisi ce métier parce que nous l'aimons, a insisté une jeune fille. Nous vous demandons d'être plus revendicatifs auprès des pouvoirs publics, mais aussi de nous écouter. Nous avons une passion : notre métier."
"Merci
, a répondu Jean-François Girault, vous êtes notre avenir, l'avenir de nos maisons."

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L'Hôtellerie n° 2760 Hebdo 14 Mars 2002 Copyright ©

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