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Ambiguïté

Le développement du tourisme en Europe a, ces vingt dernières années, amené une évolution importante de la demande de la clientèle et a ainsi permis à de nouveaux modes d'hébergement d'apparaître pour justement répondre aux nouvelles aspirations de la clientèle. Le boom de l'immobilier dans les années 80 n'a fait que renforcer la tendance, amenant souvent certains opérateurs à investir dans la construction pour des raisons plus spéculatives qu'économiques. C'est ainsi que sont nées et se sont développées les résidences de tourisme. Un produit qui, c'est incontestable, répond à un besoin que ne peut satisfaire l'hôtellerie classique. Longtemps, les deux types d'hébergement ont pu cohabiter avec bonheur dans des régions hautement touristiques, profitant ainsi de synergies créées par leur complémentarité. Avec le temps pourtant, victimes de surcapacité aussi, sous prétexte de faire évoluer leur produit, mais surtout avec un objectif précis de rentabilité, certaines résidences de tourisme ont voulu mieux tirer parti de leur situation en ville, du tourisme d'affaires, de congrès et ont fait évoluer leur produit vers l'hôtellerie. On le sait, il y a aujourd'hui peu de points communs entre une résidence de tourisme dans une station balnéaire ou de sports d'hiver accueillant principalement des familles en vacances pour plusieurs jours et une résidence de tourisme dans le centre de Paris ou d'une métropole. La seconde ressemble étrangement tant de par sa conception que par son organisation à un hôtel si ce n'est que les chambres y sont équipées de coin cuisine et que peu de services sont proposés à la clientèle. Mais comme dans un hôtel, on y accepte volontiers un client pour une seule nuit. Une telle évolution n'a rien de contestable et fait évoluer le marché d'une manière dynamique si ce n'est qu'elle ne peut qu'irriter les hôteliers qui y voient encore une fois une forme de concurrence déloyale dans la mesure où les règles qui régissent leur secteur sont, sur bien des points, beaucoup plus contraignantes que celles dont dépendent des résidences de tourisme. La position du préfet des Alpes-Maritimes, si elle est contestable puisqu'elle va à l'encontre de la loi, a au moins le mérite de poser le problème pour leur image en matière de sécurité, les responsables syndicaux des résidences auront tout intérêt dans les mois qui viennent à intervenir d'une manière dynamique sur ce sujet et à réfléchir à des solutions qui tiendraient mieux compte du type de résidences et de sa situation pour imaginer des normes appropriées. Hôtels et résidences de tourisme ne doivent pas aborder ce thème en terme de lutte, mais en terme d'équité en matière de concurrence. C'est la seule condition pour que leur complémentarité leur profite.

P.A.F.



L'HÔTELLERIE n° 2504 HEBDO 4 avril 1997


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