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Vie professionnelle

Elections à la FNIH

Ouverture des débats à l'Interfédération du Midi

Forte mobilisation pour le Congrès de printemps de l'Interfédération du Midi, organisé à Valence les 10 et 11 mars derniers. C'était la dernière réunion avant les élections nationales et nombreux étaient les responsables départementaux de la FNIH à avoir fait le déplacement pour interpeller les candidats potentiels et connaître leur programme.

C'est Jean Brouchard, président de la Drôme et de la région Rhône-Alpes et Paul Pamard, président de l'Interfédération du Midi, qui, après avoir accueilli les congressistes, rappelèrent le poids de l'Interfédération et sa mission. Ils se félicitèrent de la force de cette amicale qui, au fil des années, a toujours su mobiliser d'une façon dynamique, les responsables du Grand Sud, terre de prédilection de la Fédération, amicale qui continue à réunir tant les nouveaux responsables que les anciens. Il était en effet intéressant de constater le renforcement de la présence de jeunes professionnels, très impliqués au sein de leurs affaires comme au sein de l'action syndicale ; qui expriment de plus en plus la volonté de participer à ces réunions. C'est encore et toujours sous le signe de l'amitié que Jacques Thé, absent à Valence, avait demandé à André Daguin qu'il soit bien précisé que, si «après son départ de la présidence de la FNIH, il se refuserait à revenir rue d'Anjou», il n'en serait pas de même pour l'Interfédération du Midi dont il acceptera les invitations avec bonheur et amitié.

Le décor était planté, à la tribune, autour du président de l'Interfédération et du président de la Drôme, deux hommes mobilisaient l'attention : André Daguin et Georges Antoun. Certains attendaient l'annonce de leur candidature officielle à la présidence nationale au moment du congrès de Poitiers en décembre, il avait semblé que le «ticket» avait été établi, mais depuis, rien d'officiel n'avait été annoncé. Certains s'impatientaient ; ensemble ou séparément, ils espéraient d'eux un engagement, une ambition, un programme. Ils ne se gênèrent pas pour le dire haut et fort. Il n'en fallut pas plus pour que Georges Antoun intervienne clairement sur sa position. Des propos très attendus.

«L'avenir de la FNIH ne peut être construit que sur les gens qui la composent et plus particulièrement au sein des départements», insista-t-il dès le début de son intervention, et de rappeler la force de mobilisation de tous les présidents départementaux quand, pour faire aboutir certains dossiers, en tant que président de l'hôtellerie, il avait demandé à chacun de convaincre députés et sénateurs de leurs circonscriptions. «Soyons assurés que c'est bien grâce à cette fantastique force que nous avons eue, tant au sein des départements qu'à la Fédération, que nous avons abouti. N'ayons pas la mémoire trop courte et souvenons-nous que nous avons gagné sur des dossiers essentiels à l'avenir de nos entreprises : la fin de la défiscalisation, la réglementation du développement hôtelier, nous sommes en bonne voie sur le lourd dossier de la responsabilité des hôteliers en matière de parkings. Mais il y a aussi une action menée par la FNHF qui bénéficie à tous cafetiers, restaurateurs et hôteliers, c'est l'accord avec C2T qui permet aux entreprises de renégocier leurs prêts. Aujourd'hui, 128 entreprises ont abouti grâce à notre action.» L'importance de la capacité d'action et de mobilisation fut mise en avant par le président de la FNHF et en particulier celle des départements de l'Interfédération. C'est à travers quelques données chiffrées qu'il conforta cette position : l'Interfédération représente 17.000 adhérents et contribue, en matière de cotisations à la FNIH, à 40% des versements. «Nous n'avons pas que notre verbe haut que quelques-uns plus discrets pourraient être enclins à nous reprocher, plaisanta-t-il. Nous avons aussi et surtout la potentialité de mobiliser, d'agir, de cotiser et de nous investir. C'est la seule raison pour laquelle on évoque si souvent le Midi à la FNIH.»

Un président doit être choisi sur un programme

Il en vint très vite à ce que la salle attendait : les élections à la présidence nationale, là encore, il mit cartes sur table et annonça que, si un temps, à la suite du Congrès, un accord avait été passé avec André Daguin pour une candidature commune à la présidence et vice-présidence, il n'en était plus rien aujourd'hui et qu'il avait repris sa liberté vis-à-vis du président des restaurateurs et de préciser ses raisons et convictions. «Un plébiscite dans le cas présent ne me convient absolument pas dans la mesure où il y a trop l'idée d'absolu dans la démarche et les élections au sein de notre Fédération se doivent au contraire être l'occasion d'un débat, d'une remise en cause de nous-mêmes. Nous devons nous donner les moyens d'un contrepoids sans bagarre ou opposition sur les hommes, mais une confrontation forte au niveau des idées, il y a des façons différentes de développer la politique de la Fédération, rien n'est absolu en la matière. Les candidats doivent avoir un programme précis et être à même de se donner les moyens de le mettre en oeuvre.» Après de telles déclarations, Georges Antoun se positionnait en candidat, la question lui fut bien sûr posée par une salle très attentive, la réponse fut «ouverte» : «Je ne suis pas ici officiellement en train de vous annoncer ma candidature, mais il est exact que j'ai beaucoup réfléchi à ces élections et au-delà de ma candidature, c'est sur un programme que je me suis investi, j'en ai un dont je vais vous communiquer les grandes lignes. La question est : que doit devenir la Fédération demain pour mieux accompagner nos entreprises à entrer dans le 3ème millénaire avec le plus de réussite possible, comment doit-elle évoluer et se positionner. Mon programme tente de répondre à cette question, si dans les jours qui viennent un candidat présente un programme dans cet esprit, je le soutiendrai, mais dans le cas contraire, je ne vous cache pas que je suis actuellement en train de constituer une équipe.» Et de donner avec précision la trame de son programme. A retenir un renforcement des branches et des départements, la création d'un service spécifique «Europe», une transparence des finances et point-clé de son programme une aide rapprochée aux entreprises. «C'est aussi à ce niveau que la FNIH se doit d'être présente, détecter les problèmes avant qu'ils ne fassent des ravages, trouver des solutions et les soumettre aux entreprises pour qu'elles s'en sortent. C'est ce qui a été fait en matière de renégociation des prêts, mais il y a une foule d'autres dossiers à ouvrir.»

«La TVA est sur la bonne voie»

C'est avec une certaine rondeur qu'André Daguin mena son intervention et c'est sur le thème de l'amitié, de l'union et de la bonne volonté qu'il présenta ses idées. «Je suis particulièrement fier et heureux d'être ici, parmi vous, je me sens chez moi, c'est le Sud, un monde où l'amitié tient lieu de ciment.» Evoquant les équipes qui devront se constituer pour les prochaines élections, il insista sur le fait qu'il se refuserait à faire des choix. «Je ne laisserai jamais personne sur le bord de la route. C'est si rare de trouver des gens qui veulent bien se dévouer à une cause commune, qu'il faut savoir s'organiser pour trouver une place pour tous», mettant ainsi l'accent sur l'aspect positif de candi-
datures nombreuses aux différents postes de la Fédération. «C'est bon signe, c'est parce que nous savons que la FNIH est performante, la machine est prête pour faire aboutir les dossiers. A Paris, nous avons une équipe de permanents de très haut niveau, nous avançons grâce à eux dans des dossiers techniquement très importants, je suis optimiste.» Et d'évoquer le dossier de la TVA sur la restauration. «Notre action est efficace, je suis aujourd'hui en mesure de vous dire que Jacques Thé a reçu une lettre signée de trois ministres, Jean-Pierre Raffarin, Jean Arthuis et Bernard Pons, lui confirmant le principe d'une table ronde sur la TVA sur la restauration. Nous sommes actuellement en train de préparer le dossier pour faire des propositions en vue de cette réunion.» Et de demander à tous une mobilisation générale sur cette revendication. «C'est en combattant que l'on y arrivera, mais il faudrait être plus nombreux pour être plus forts et donc plus entendus des pouvoirs publics. Nous devons renouer avec les autres instances syndicales nationales et nous réunir au sein d'une nouvelle Fédération.» Un programme sur lequel le président des restaurateurs se refusa à toute promesse : «Je ne vous ferai aucune promesse, mais je ferai tout ce que je peux pour que la FNIH puisse mieux vivre, je ferai tout le travail que je peux faire, à n'importe quel poste que ce soit. L'important, c'est l'extraordinaire force de la FNIH et principalement chez vous, dans les départements. Tout part de là, soyons-en fiers et renforçons notre présence au niveau des régions, c'est notre point faible et c'est un maillon décisif pour certaines de nos revendications dans la mesure où tous les crédits européens transitent par les régions.»

Mécontentement

Paul Pamard reprit dès lors la parole pour rappeler que les candidatures n'étant pas encore déposées, les présidents départementaux de l'Interfédération seront réunis au mois de juin, pour statuer par rapport aux prochaines élections. Une position qui ne fit pas l'unanimité et il fut dès lors reproché «à Paris, de prendre des décisions en l'absence de concertation avec les régions» comme il fut reproché la lenteur avec laquelle les candidats faisaient connaître leurs intentions. Bernard Remedi, président des Pyrénées-Orientales, fut un des premiers à s'insurger de l'organisation d'élections en septembre, en dehors du Congrès. Il fut unanimement soutenu par la salle qui se promit de dénoncer ce projet lors de la prochaine réunion du Conseil d'administration, seul habilité à statuer sur de telles décisions.

Une réunion fort vivante, dynamique, dont les débats se poursuivirent d'une manière plus informelle, mais pas moins passionnée, au cours du déjeuner qui suivit. De toute évidence, les débats ont bel et bien été ouverts et l'on peut imaginer que les annonces officielles de candidature devraient enfin se faire. Si la date des élections reste fixée au 18 septembre, la date limite de dépôt des candidatures est le 18 juin. André Daguin, aujourd'hui dégagé de son accord avec Georges Antoun, devrait de toute évidence, proposer le poste de vice-président à Jean Biron.

Las d'attendre les décisions des candidats potentiels sur le plan national, des candidatures pour les présidences de branche se sont fait connaître : chez les restaurateurs, c'est Francis Attrazic qui a annoncé sa volonté de postuler au poste de président avec un vice-président parisien. A l'hôtellerie familiale, Gabrielle Chalier, actuellement vice-présidente et à l'hôtellerie saisonnière, Jean-Louis Gelos, président des Landes avec Bernard Remedi, président des Pyrénées-Orientales à la vice-présidence.

P.A.F.

Autour du président de la Drôme et de l'Interfédération, deux hommes mobilisaient l'attention : Georges Antoun et André Daguin.

Francis Attrazic, candidat à la présidence des restaurateurs.

Gabrielle Chalier, candidate à la présidence des saisonniers.

Jean-Jouis Gelos et Bernard Remedi, candidats à l'hôtellerie saisonnière.


Vaucluse

Association «Bien manger, bien dormir en Pays Bollénois»

Quinze professionnels de l'hébergement créent une association à Bollène pour promouvoir leurs produits, mais aussi pour défendre leurs intérêts.

Pour rééquilibrer la fréquentation entre la basse et la haute saison et être plus efficaces dans leurs opérations de promotion, quinze professionnels de l'hébergement et de la restauration de Bollène, dans le Vaucluse, viennent de se regrouper dans l'association «Bien manger, bien dormir en Pays Bollénois». Le club des 15, créé sous le parrainage de la CCI du Vaucluse et de l'office de tourisme, regroupe hôtels 2 et 3 étoiles, restaurants, campings et chambres d'hôtes sur les communes de Bollène, Mornas et La Motte du Rhône. «Depuis notre création, nous avons déjà participé au salon des vacances à Paris où nous avons enclenché une politique de promotion et de création de produits en commun», explique Jean-Yves Faravel, président du groupement. Dès ce printemps, l'association offre le remboursement des frais d'autoroute jusqu'à 150 francs pour tout séjour de deux nuits, les week-ends de basse saison. Une amorce qui permettra, espère le président, d'attirer une clientèle de la région parisienne en dehors des deux mois d'été. L'association travaille aussi avec l'office de tourisme de Vaucluse pour proposer des réservations à partir des aires de repos de l'autoroute A7 et pour diffuser sa brochure, tirée à 10.000 exemplaires.

«Travailler plus
étroitement avec EDF»

Pour remplir ses caisses, l'association organisera en avril une «nuit de l'hôtellerie et du commerce» dans une discothèque de la région. Cependant, le tourisme ne saurait constituer à lui seul l'objectif principal des membres du groupement. Déjà très liés avec la clientèle venant de la centrale nucléaire de Tricastin et de ses sous-traitants, les hôteliers aimeraient formaliser cette part essentielle de leur chiffre d'affaires en basse saison. «Le club nous permettra, nous l'espérons, de travailler plus étroitement avec EDF, qui accueille des techniciens du monde entier, ainsi qu'avec les 880 entreprises sous-traitantes de la région.» Malgré cette collaboration envisagée, une des premières actions de l'association sera d'intégrer dans les prochaines semaines le Comité d'opposition au projet d'enfouissement de déchets radioactifs dans le Gard, à une vingtaine de kilomètres de Bollène. «La centrale de Tricastin fait maintenant presque partie du paysage, mais le voisinage d'une poubelle nucléaire serait un problème d'image énorme pour nos professions», conclut Jean-Yves Faravel.

E. Millot


Saint-Martin

Une association des hôteliers soudée et active

Après la démission de son président Alain Jalat en mai 1996 (L'Hôtellerie n° 2462), l'Association des hôteliers de Saint-Martin (AHSM) devenue «structure de transition» a poursuivi son oeuvre avec discrétion, recherchant ce consensus qui avait longtemps fait défaut entre ses membres.

Aujourd'hui, l'association* est de nouveau très active et officialisée, ses membres soudés : «Le but de l'association, confirme son président Hassan Ahdab (directeur général de l'hôtel Méridien), est vraiment de travailler. Cela se passe bien, nous parlons tous aujourd'hui d'une même voix.»

Un système de commissions a été mis en place, dont la principale est la commission marketing. Outre leurs prérogatives au sein de ces différents ateliers de travail, les membres s'impliquent davantage dans la vie locale, prenant part aux réunions dans de nombreux domaines (commissions municipales du film, de l'environnement, commission du dialogue social et de la concertation...). Avec l'office de tourisme, la collaboration reste très étroite. Parmi les grandes actions de ce premier trimestre figure ainsi l'organisation d'un workshop pour l'hôtellerie de l'île. Objectif : définir le plan d'action et de relance commerciale pour les 24 mois à venir, le positionnement de l'île en terme d'image, adopter une décision commune sur la politique tarifaire...

Les autres pistes de réflexion concernent la présence sur les salons internationaux, la participation au manuel de vente de la Guadeloupe (brochure destinée aux professionnels du tourisme qui devrait sortir en juin), l'analyse de la concurrence des îles voisines (Cuba, Saint-Domingue) et les moyens d'y résister, grâce notamment à une collaboration accrue avec les compagnies aériennes...

S. Jullien-Para

* Composition du bureau de l'AHSM :

Président : Hassan Ahdab (hôtel Méridien) ; vice-présidents : Guy Buschiazzo (Captain Oliver), Pierre Belech (Alizéa) ; secrétaire général : Maurice Perrin-Maréchal (Beach Plaza) ; trésorier : Patrick Martial (Marine Hôtel) ; chargés de mission : Paul Xerri (Mont Vernon) et Marc Bienaimé (Méridien).


Finistère

Les priorités de Noël Le Quéré, élu président des hôteliers

Président par intérim, depuis la disparition d'Yvon Morvan, il y a maintenant un an, Noël Le Quéré, 63 ans, gérant de l'hôtel Eurogreen à Bénodet, a été élu, le 3 mars, par l'assemblée générale réunie à Châteaulin, entre Quimper et Brest, président du Syndicat des hôteliers du Finistère pour les deux ans du mandat qui restait à courir. Il était le seul candidat en lice.

Administrateur depuis plusieurs années, il siège au nom des saisonniers à la Confédération nationale dont il est également le président de la Commission des finances depuis 5 ans. Son premier souhait est une plus grande reconnaissance de la profession. Dans le Finistère, avec ses quatre secteurs de la restauration, de l'hôtellerie, des cafés et des discothèques, son poids n'est pas négligeable : 16.000 actifs dont 11.300 salariés. Noël Le Quéré voudrait également faire prendre conscience au monde économique que l'industrie hôtelière, ce n'est pas seulement le tourisme. Les deux tiers des entreprises sont ouvertes toute l'année. Elles sont dépendantes de la vie économique. Les hôteliers, à Brest par exemple, mesurent comme les autres les répercussions des difficultés de la DCAN.

La défense des intérêts des adhérents

Le Syndicat du Finistère rassemble 1.500 professionnels hôteliers, restaurateurs, cafetiers et discothécaires sur un potentiel de 4.000. Ce n'est pas rien, même si la profession comptait encore quelque 1.800 syndiqués il y a quelques années. La resyndicalisation est d'ailleurs à l'ordre du jour. Des actions sont en cours. D'autres seront bientôt lancées. Noël Le Quéré se place dans la continuité. Avec, en particulier, une volonté affirmée que le syndicat soit présent partout, notamment dans les commissions administratives. Il déléguera ses pouvoirs et les 40 administrateurs seront mis à contribution.

Les grandes lignes de son programme sont la défense des intérêts des adhérents, dans le droit fil de la confédération nationale. Comme l'allégement des charges fiscales, un taux moyen pour la TVA et une modification du code des débits de boissons qui permette un recours suspensif en ce qui concerne les suspensions administratives. Sans oublier le paracommercialisme, ce cancer de la concurrence déloyale. Homme de dialogue, Noël Le Quéré avoue même qu'il s'interroge sur l'efficacité du travail patient. «J'ai toujours choisi de négocier, mais la coupe déborde. N'a-t-on pas vu récemment un banquet de mariage dans une école ? Un foyer de jeunes travailleurs démarcher des clients pour son restaurant sur des chantiers ?» A l'assemblée générale, de nouvelles actions seront proposées. Les résultats obtenus jusqu'ici sont appréciables, mais insuffisants. Le travail est toujours à recommencer.

A. de Sigoyer

Noël Le Quéré : «J'ai toujours choisi de négocier, mais la coupe déborde».



L'HÔTELLERIE n° 2502 HEBDO 20 mars 1997


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