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RESTAURATION
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Sans eau ni électricité

Une auberge comme autrefois

Le succès de l'auberge de La Tuillière, avec pour vue la chaîne des monts du Cantal, est difficile à expliquer de façon rationnelle : pas d'eau courante, pas d'électricité, loin des routes sauf... un chemin de grande randonnée, choix réduits pour les menus. Et pourtant...

Par Pierre Boyer

Dans le cantou, la grande cheminée, une marmite en fonte noire reste en permanence au-dessus du feu. A n'importe quelle heure, il est possible d'avaler un bol de soupe. Ici, à 1.350 m d'altitude, La Tuillière se distingue des autres auberges, dans tous les domaines. Pas d'eau courante : elle est acheminée par ci-ternes en été et fournie par la neige en hiver ; pas d'électricité, mais des lampes à pétrole et un groupe électrogène, utilisé seulement pour faire les lessives. "C'est une question d'organisation. Nous ne faisons les repas que sur réservations, parce qu'il faut prévoir le ravitaillement", souligne Roselyne Misko. Avec Alain, son mari, et leurs deux enfants, elle s'est installée à La Tuillière il y a quatre ans. La famille habite là à l'année et pas seulement pendant les périodes estivales. Loin de tou-tes routes goudronnées, l'auberge de La Tuillière se trouve sur un sentier de grande randonnées. Donc sa clientèle se compose de randonneurs, vététistes, cavaliers et de skieurs de fond. L'ancienne grange a d'ailleurs été transformée en gîte avec quinze lits, à 20 F la nuit par personne. Mais, ce n'est pas tout. Des clients viennent exprès des environs pour déjeuner, surtout les dimanches. Ils n'hésitent pas à franchir les six kilomètres du chemin de terre battue, plein de nid-de-poule et de bosses, qui mène d'une départementale à l'auberge, pour s'installer sur un banc autour de la grande table couverte d'une toile cirée de la pièce principale ou bien dans l'ancien four banal attenant, transformé autrefois en buron et devenu salle d'auberge.

Authenticité et ambiance

Au menu, des spécialités locales (Pounti, Tripoux, Choux farcis, etc.) pour 85 F, ou bien : jambon de pays, omelette, fromage et crêpes pour 65 F, sans parler des casse-croûte et du petit déjeuner. En boissons, sodas sirops, café, thé comme dans tous les restaurants. En vin, un choix unique : Saint-Saturnin de l'Hérault. "Le brasseur nous le livre par barrique de 120 litres, avec les autres boissons", explique Alain Misko. Le tout est conservé au frais à la cave... parce qu'il n'y a pas de réfrigérateur bien sûr. Authenticité du cadre et du contenu de l'assiette, originalité des lieux et ambiance hors du temps expliquent le succès d'une formule impensable en théorie. "Le bouche à oreille, petit à petit, nous fait connaître", explique Roselyne Misko. "Ici, c'était un hameau situé sur la route des crêtes. Cette bâtisse du XVIIème, avec ses murs de deux mètres d'épaisseur, a toujours été une auberge", raconte Alain Misko. "Elle était fermée depuis deux ans quand nous l'avons achetée et nos prédécesseurs n'étaient pas ouverts toute l'anné", poursuit son épouse. "Nous rêvions de nous installer dans un endroit à l'écart", ajoute Roselyne qui travaillait dans le milieu médical tandis que son mari était chauffeur routier. Ils ont alors tout laissé tomber. Elle a appris la cuisine traditionnelle "toute seule, à droite à gauche." Lui s'occupe de la plonge.
Tout en reconnaissant que leurs activités leur permettent de vivre, ils les complètent malgré tout avec un potager et un peu d'élevage pour leur consommation personnelle.


L'ancienne grange est devenue un gîte d'étape avec quinze lit. La demi-pension : repas, nuit et petit déjeuner coûte 100 F.


Un panneau à l'entrée du chemin de terre mène à La Tuillière.


La grande salle avec son cantou où une soupe mijote en permanence dans la marmite de fonte. Sur la table et accrochée à une poutre : les lampes à pétrole.


Le four banal avait été transformé en buron. Maintenant, c'est une salle d'auberge d'une vingtaine de places.


Alain et Roselyne Misko avec leur fille de cinq ans et demi : "Pour faire face à l'hiver, il faut tout prévoir dès novembre car nous nous retrouvons bloqués chaque année, plusieurs semaines. Le seul moyen pour se déplacer : les raquettes ou les skis de fond", racontent-ils.

 


L'HÔTELLERIE n° 2578 Magazine 10 Septembre 1998

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