Actualités

Entreprise
__________

Gualtiero Marchesi l'Italien 

La cuisine italienne est la plus répandue au monde. En France, il existe plus de 8 000 restaurants sur ce thème, qui servent chaque année près de 200 millions de repas. Une part de marché supérieure à celle des formules françaises traditionnelles comme les grills ou brasseries. Mais quantité et qualité ne vont pas bien ensemble. La pizza et la pasta, souvent maltraitées dans des restaurants n'ayant d'Italie que l'enseigne et les cartes, fautes d'orthographe incluses, ont détérioré son image. Et dans cette spécialité, les bonnes adresses parisiennes se comptent sur les doigts de la main.
Gualtiero Marchesi est bien le chef italien le plus connu au monde. D'abord parce que sa table, à la ville comme à la campagne, a toujours été fréquentée par une clientèle internationale qui a découvert, à travers les 'stravaganze marchesiane', qu'au Bel Paese, la cuisine fait partie des beaux-arts.
Ensuite parce qu'au hasard de ses missions de conseil, de ses démonstrations culinaires, de ses shows télévisés, de ses livres de recettes, de ses dissertations sur l'art de la table et les innombrables événements gastronomiques auxquels il participe, le président international d'Euro-Toques se présente comme un véritable ambassadeur itinérant de la cuisine italienne.

Le plus Français des restaurateurs italiens
Premier restaurateur de son pays à conquérir il y a 15 ans les 3 étoiles du guide Michelin, classé par Gault & Millau parmi les 15 premiers chefs du monde, il était temps pour ce coureur de fourneaux de pointer sa batterie de cuisine vers la capitale européenne. Et naturellement, Gualtiero Marchesi a choisi Paris.
Un retour à la France, le pays où, au temps de son apprentissage, il perfectionna sa technique culinaire dans des hauts lieux de la grande cuisine comme Le Doyen à Paris, Le Chapeau Rouge à Dijon ou encore les Troisgros à Roanne. Et où, quelques années plus tard, il eut la révélation de cette 'nouvelle cuisine' qu'il allait importer dans sa bonne ville de Milan, et qui allait lui apporter célébrité et critique. La 'nuova cucina' dont il dira, quelques années plus tard, que "en bien ou en mal, elle a proposé une première réponse à l'exigence de renouveau de la Cucina della Mamma".
La nouvelle cuisine, 'avant-garde exaspérée de la gastronomie', a fait son temps. En 1993, il quitte Milan et dans son nouveau restaurant d'Erbusco, sur les vertes collines de la Franciacorta, il revient à une conception plus proche de la tradition. En appliquant les techniques de la grande cuisine aux produits du terroir. Ce qui lui vaut 2 nouvelles étoiles Michelin et un flot ininterrompu de convives venus de la riche Lombardie et d'Europe du Nord.

Le petit monde de Don Gualtiero
C'est dans ce petit monde campagnard que l'homme mijote la stratégie de son troisième âge. Un menu éclectique composé d'un hors-d'œuvre de nourritures spirituelles et d'un plat de nourritures terrestres. Les premières, à emporter, ordonnées autour de la marque Gualtiero Marchesi, que ce philosophe de la table, expert dans l'art de cultiver la cuisine et de cuisiner la culture, sert à ses compatriotes dans son 'concept store' de Milan. Un petit espace dédié aux innovations marchesiennes sous toutes leurs formes : littérature, formation, vidéo avec vue sur les fourneaux d'Erbusco, recettes lancées à la recherche des saveurs perdues, produits à sa marque, plats sous vide de sa cuisine... Les secondes à consommer sur place dans un futur réseau de restaurants à ouvrir aux quatre coins du monde. Première étape, Paris. Puis Rome et Fukuoka au Japon.
Installé au Lotti, Gualtiero Marchesi ne veut pas faire à Paris un remake de son restaurant italien, il veut faire autre chose, faire découvrir aux parisiens "la vraie cuisine italienne", et de très vite s'enflammer sur sa subtilité, sa délicatesse, autant d'atouts qu'ils sait mettre au service de sa créativité. Aujourd'hui, il commence à chercher ses marques sur le marché parisien, tant au niveau d'une clientèle qu'il n'a pas encore captée qu'au niveau des produits qu'il cherche, afin de toujours retrouver les saveurs de l'Italie dans ses préparations. Un marché nouveau pour lui, pour qui les clients de l'hôtel ne suffiront pas. Il lui faut conquérir sa propre clientèle. Celle du business à midi et celle du divertissement le soir. En imposant sa marque et en découvrant un juste rapport qualité/prix sur un marché à fort potentiel et à haut niveau de concurrence.
La mission de Gualtiero Marchesi est une mission de réhabilitation qui passe par l'offre "d'une cuisine simple et légère, mettant en valeur la saveur naturelle des aliments".
Et en prime, la découverte des classiques du maestro : Riso e oro, Raviolo aperto, Seppia al nero, Stravaganze...
Un programme ambitieux pour faire du Lotti "le temple du goût italien de Paris".
G. Garcin

Paris, le Lotti se refait une beauté


Vos commentaires : cliquez sur le Forum des Blogs des Experts

L'HÔTELLERIE n° 2709 Hebdo 15 Mars 2001


zzz18p
L'Application du journal L'Hôtellerie Restauration
Articles les plus lus...
 1.
 2.
 3.
 4.
 5.
Le journal L'Hôtellerie Restauration

Le magazine L'Hôtellerie Restauration