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Le SNRLH reçu au ministère du Travail

Urgence à négocier la réduction du temps de travail dans les CHR

Le 9 mars dernier, le SNRLH a été reçu au ministère du Travail afin de prévenir des difficultés qu'ont les entreprises du secteur à mettre en place une nouvelle réduction du temps de travail. Conscient de cette situation, le ministère confirme la possibilité d'un aménagement de la loi Aubry par le biais de la négociation entre les partenaires sociaux de la branche. Parallèlement, il est envisagé d'étudier une réduction sensible des charges sociales.

Pierre Gauthier, président du SNRLH, et Jacques Mathivat, président de la commission sociale du syndicat, ont insisté, arguments à l'appui, sur les conséquences dramatiques que pourraient avoir une nouvelle et rapide réduction du temps de travail pour les entreprises du secteur des CHR. Entreprises qui doivent d'ailleurs déjà consentir des efforts considérables pour appliquer la baisse du temps de travail déjà instaurée par la convention collective nationale des CHR du 30 avril 1997.
Le SNRLH voulait manifester son intention d'ouvrir des négociations sur la réduction du temps de travail avec les partenaires salariés. Il demandait au ministère de convoquer les partenaires sociaux en commission mixte paritaire pour la reprise des négociations sur cette réduction du temps de travail dans la profession. En effet, on se souvient que lors de la dernière commission mixte paritaire qui a eu lieu le 4 février dernier, les salariés étaient partis en claquant la porte suite à la proposition par le collège patronal d'une grille de salaires qu'ils jugeaient inacceptable et qu'ils avaient déjà précédemment refusée. Ce départ en fanfare n'avait donc pas permis de fixer la date de la prochaine réunion. C'est maintenant chose faite, puisque celle-ci est prévue pour le 30 avril.
Les représentants du SNRLH souhaitaient faire le point sur la position du syndicat quant à cette réduction du temps de travail.
"Notre volonté est de faire vivre la convention collective nationale. Ouvrir des négociations sur la réduction du temps de travail, nous ne sommes par contre, mais en restant réalistes et pragmatiques. Nos adhérents, entreprises CHR indépendantes, quelles soient petites ou grandes, ne peuvent plus supporter de charges supplémentaires", a déclaré Jacques Mathivat.
Si le ministère du Travail conçoit que les CHR ne peuvent être concernés par les 35 heures, il n'en reste pas moins qu'il exigera une nouvelle réduction du temps de travail. Ce qui ne veut pas dire que la loi sur les 35 heures n'est pas applicable aux CHR. Mais que l'aménagement d'une réduction du temps de travail prenant en compte les spécificités de ce secteur d'activité doit faire l'objet d'une négociation avec les partenaires sociaux. Il est donc erroné à l'heure actuelle de dire que les 35 heures seront 39 heures pour les CHR, en l'absence de toute concertation. En outre, il sera nécessaire de négocier un assouplissement du calendrier de mise en place de cette réduction du temps de travail. En effet, la loi Aubry prévoit que dès le 1er janvier 2000, les entreprises de plus de 20 salariés devront passer aux 35 heures, et au 1er janvier 2002 pour les autres. Quand on connaît les difficultés rencontrées actuellement par les entreprises pour mettre en place les réductions d'horaires prévues par la convention collective, on comprend aisément la nécessité d'obtenir des délais supplémentaires pour mettre en place une nouvelle réduction de ce temps de travail. Délais qui ne pourront être obtenus qu'au travers de négociations avec les représentants salariés.
En raison des efforts importants demandés aux CHR, qui vont mettre un certain nombre d'entreprises en difficulté, le SNRLH a demandé au ministère que soit mise en place une réduction sensible des charges sociales patronales. Demande qui semble avoir été entendue favorablement.
Jacques Mathivat se félicite de la publication du décret validant la durée du travail prévue par la convention collective. En effet, ce décret, en date du 31 mars 1999, vient d'être publié au Journal officiel du 3 avril. "C'est la reconnaissance des horaires de la profession par les représentants du ministère. Ce qui rend la situation plus claire, même si en fait ce texte ne vient qu'officialiser politiquement la convention collective des CHR", déclare Jacques Mathivat. "Ce décret est valable jusqu'à l'application de la date butoir ou de la signature d'un accord avec les partenaires sociaux", précise-t-il.
P. Carbillet


"Ouvrir des négociations sur la réduction du temps de travail, nous ne sommes par contre, mais en restant réalistes et pragmatiques", a déclaré Jacques Mathivat.


L'HÔTELLERIE n° 2608 Hebdo 8 Avril 1999


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