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Après le conseil d'administration extraordinaire de Tours

André Daguin : "L'heure est aux groupes puissants"

Au lendemain du conseil d'administration extraordinaire de Tours, le président de la FNIH a réuni la presse dans les salons de l'hôtel Raphaël, à Paris. Celui-ci, accompagné de Bernard Cartier, représentant le comité de liaison des départements dissidents de la Confédération, a confirmé la création d'une nouvelle structure patronale dont les statuts seront votés en novembre prochain.

"L'heure est aux groupes puissants", a déclaré le président de la FNIH, dans une conférence de presse donnée à Paris au lendemain du conseil d'administration extraordinaire qui s'est déroulé le mardi 31 mars à Tours. Une réunion importante puisqu'elle clôturait une période de contestation engagée depuis le début de l'année par certains syndicats départementaux de la CFHRCD.
André Daguin a donc confirmé la création d'une nouvelle structure syndicale patronale, comprenant, outre les différentes composantes de la FNIH, le Syndicat national de la restauration publique organisée (cafétérias) et huit départements ex-Confédération, réunis au sein d'un Comité de liaison et d'union syndicale (Clus). Ces départements sont le Finistère, le Cher, l'Indre-et-Loire, le Loiret, la Mayenne, le Morbihan et la Vendée. Soit "plus de la moitié des adhérents de la CFHRCD", a précisé Bernard Cartier.
Les statuts de cette nouvelle structure, dont le dernier nom de baptême en date est l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH), seront votés à l'occasion d'une assemblée générale qui aura lieu dans le cadre du congrès annuel de la FNIH, prévu les 18 et 19 novembre prochains à Villepinte.
Si les services juridiques de la FNIH, a expliqué André Daguin, planchent actuellement sur ces nouveaux statuts, Bernard Cartier a indiqué, au nom du Clus, que la structure qu'il représentait serait automatiquement dissoute lors du vote. Comme devrait l'être la FNIH. En l'état, Messieurs Lévesque, Becam et Le Carour font donc désormais partie du nouveau directoire mis en place, qui inclut l'ensemble du directoire FNIH. Officiellement encore, deux représentants du Clus ont été nommés dans chaque groupement FNIH : MM. Blanchard et Rousssin pour les cafés, MM. Bernard et Dunoyer pour les discothèques, MM. Jan et Adam pour les restaurants, MM. Julien et Etienne pour les hôteliers, MM. Le Quéré et Giraudeau pour l'hôtellerie saisonnière et Mme Martin pour l'hôtellerie familiale.
Revenant sur sa volonté d'unifier, André Daguin a estimé que c'était aujourd'hui "le seul moyen de se mettre à l'abri de la surenchère et de la démagogie interne". Nommant ouvertement la Fagiht, tout en admettant que c'était un "bon syndicat", le président de la FNIH s'est dit peu convaincu par l'efficacité des structures qui ne sont pas réellement nationales. André Daguin s'est également défendu d'être "le suppo des chaînes". Si "Accor en France est un représentant encombrant, a-t-il précisé, chacun tient un rôle", ajoutant un peu plus loin que "le prestige des hôtels français à l'étranger était dû aux chaînes". Dès lors qu'il parlera au nom d'un plus grand nombre de professionnels, le président de la FNIH assure avoir enfin les moyens de se faire entendre auprès des politiques et de l'administration. "McDo bénéficie d'un taux de TVA à 12 %, a-t-il affirmé. Quand j'irai dire à Monsieur Hollande qu'on veut un taux de TVA acceptable, maintenant, on sera entendu !"
L'UMIH a dorénavant six mois pour trouver ses marques à travers la construction de nouveaux statuts. Les responsables des départements dissidents de la CFHRCD, très volontaires et impliqués dans ce projet, comptent bien arriver à convaincre les plus réticents à la mise à plat des us et coutumes du syndicalisme patronal de l'hôtellerie-restauration, afin d'aboutir à la création d'une représentation moderne et dynamique. "Le véritable travail commence avec l'élaboration des statuts et d'une plate-forme revendicative complète", concluait d'ailleurs André Daguin à Tours.
S. Soubes et J.-J. Talpin


De gauche à droite : MM. Biron, Le Carour, Daguin et Lévesque.

"Le SNRLH est et restera totalement indépendant"

C'est ce que vient de déclarer le président Pierre Gauthier précisant que le SNRLH est
"la seule organisation professionnelle représentant depuis plus d'un siècle les professionnels CHR indépendants des plus prestigieux aux plus modestes, qu'il ne pourrait accepter d'abandonner son indépendance sans remettre en cause la défense des intérêts des adhérents qu'il représente. Ainsi, notre organisation professionnelle s'est employée ces derniers mois à rapprocher les différents syndicats pour qu'ils puissent parler d'une même voix au moment où notre secteur se trouve confronté à des enjeux économiques et sociaux de premier plan.
Avant tout autre sujet, nous ne devons pas oublier pourquoi nous avons été élus par nos adhérents : pour les défendre, pas pour dépenser notre énergie dans des conflits entre syndicats censés, pourtant, défendre les mêmes intérêts".

 

Jean-Marc Le Carour, porte-parole officiel du Clus*

"Participer à un nouveau mouvement : oui. S'intégrer à une structure existante : non"

S'exprimant dans le cadre de la réunion extraodinaire de Tours, Jean-Marc Le Carour, président du Morbihan, a déclaré :
"Toutes les décisions de ces trois derniers mois ont été difficiles à prendre : beaucoup d'hésitations, beaucoup d'interrogations, beaucoup d'inquiétudes. Il nous a fallu aborder tous les problèmes, non pas successivement, mais de front : les négociations intersyndicales, les modalités juridiques et administratives de notre retrait de la Confédération, la création de notre Comité de liaison, les échanges de points de vue sur les dossiers professionnels. Participer à un nouveau mouvement : oui. S'intégrer à une structure existante : non ! Cette volontée affichée tout au long des dernières semaines, nous la mettons au service d'un mouvement nouveau capable, par son dynamisme, sa puissance, de faire face aux défits de nos professions dans les prochaines années. (...). Souhaitons que cet imposant navire (la nouvelle structure) trouve toujours son capitaine et qu'il ne soit pas trop difficile ou trop long à manœuvrer. Cette structure que nous créons aujourd'hui peut nous ouvrir bien des portes mais elle peut aussi nous enfermer. N'oublions jamais non plus qu'il lui faut un équipage, un bureau responsable devant les professionnels, mais aussi un service administratif performant pour aider nos entreprises, sous l'entière responsabilité de nos élus. Quelques mois restent à parcourir pour que nous apprenions à mieux nous connaître et qu'ensemble nous approfondissions les bases d'aujourd'hui, aménager convenablement les structures nouvelles pour les rendre souples, efficaces et démocratiques. Pour, le moment venu - certains d'entre nous l'ont déjà exprimé - mettre au magasin des accessoires, les sigles, les noms et les amours propres déplacés. Alors, surtout gardons le cap et bon vent à la nouvelle structure."

* Comité de liaison et d'union syndicale.


L'HÔTELLERIE n° 2608 Hebdo 8 Avril 1999


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