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Marseille

Qui rachètera le Mercure Euro Centre ?

Le Mercure Euro Centre de Marseille fêtait récemment, grande fiesta à l'appui, ses vingt ans d'âge et présentait à cette occasion le bilan d'une année de progression. Tandis qu'en coulisses, le groupe propriétaire HMG poursuivait ses tractations pour le vendre au plus offrant...

Le Mercure Euro Centre, qui compte 200 chambres en centre-ville, en plein périmètre du projet Euroméditerranée, est en effet un hôtel franchisé appartenant depuis 1995 au groupe HMG, filiale de la holding SBDH, qui l'avait racheté en crédit-bail avec un emprunt sur quinze ans. Depuis quelques années, le groupe se recentre sur l'immobilier de bureau et il ne possède actuellement que deux hôtels, un à Lyon -également à céder- l'autre à Marseille. HMG souhaite donc revendre les encours financiers et le fonds de commerce.

Le groupe Accor, très intéressé par la situation géographique de l'établissement et misant sur le développement du tourisme et des affaires qu'impulsera Euroméditerranée, fait le forcing pour emporter le morceau. Mais selon Hubert Aroul, directeur financier d'HMG, des pourparlers sont en cours avec d'autres chaînes et des grands groupes étrangers, tel Holiday Inn, s'y intéresseraient également.

Construit en 1977, l'hôtel abordait alors l'enseigne quatre étoiles Frantel puis adoptait la marque trois étoiles Altéa. Déclinant, il était racheté et rénové en 1991 par Imopar qui adoptait alors la franchise Mercure. En 1995, il était repris par HMG.

Employant 60 personnes (hors femmes de chambre), dont trois commerciaux, c'est l'une des plus grosses unités d'hébergement de la région et il est agrémenté de deux restaurants de 70 couverts chacun, un grill et un restaurant "gourmet". Il a par ailleurs une importante activité séminaire avec 1.100 mètres carrés de salles de réunion. Selon les chiffres fournis par Michel Réa, directeur depuis 1995, l'activité hébergement représente 62% du chiffre d'affaires.

Taux d'occupation
en hausse

Situé à proximité du centre commercial de la Bourse, pas très loin de la Canebière et du Sentier Marseillais, l'hôtel a longtemps pâti du préjugé que subissait ce quartier, délaissé le soir.

«Or, estime Michel Réa, l'environnement s'est très nettement amélioré : le quartier de Belsunce est en rénovation et Euroméditerranée démarre. Par ailleurs, Marseille commence à être une destination touristique estivale et , grâce à la rénovation du Palais des Congrès et à l'achèvement du Palais du Phara, elle est en train, depuis quelques mois, de prendre place très nettement sur le marché du tourisme de congrès. Celui-ci nous fournit une activité régulière toute l'année, tant au niveau des chambres que des salles de séminaires.» Cette conjonction de "bons points", s'est ainsi traduite par une augmentation nette du taux d'occupation . En 1995 , au moment du rachat, celui-ci était de 52% ; il n'a pas bougé l'année suivante, mais atteindra, selon les prévisions, 66% en 1997.

Pour parvenir à ce résultat, Michel Réa a notamment parié sur le développement du tourisme de groupes, jusque-là négligé.

Autre coup de pouce : l'introduction du yield management qui commence, après trois années de mise en place, à produire ses effets, avec notamment une augmentation du revpar de 25% en 1997.

«Je suis marseillais. J'avais quitté cette ville en 1972 et j'y suis revenu en 1993 : j'ai vraiment constaté de très nettes améliorations. Je suis intimement convaincu qu'elle peut redémarrer et qu'elle deviendra une destination touristique de plus en plus courue. Le secteur plongée est en plein développement, par exemple. Et les étrangers commencent à comprendre que Marseille est en Provence, qu'elle permet facilement de rayonner jusque dans les villages ou les secteurs les plus prisés, tout en bénéficiant de prix plus avantageux.» Et cet enfant du pays de conclure : «Quel que soit le résultat de la vente du Mercure, je continuerai à parier sur Marseille. Elle gagnera.»

L. Casagrande



L'HÔTELLERIE n° 2540 Hebdo 18 decembre 1997


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