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Carcassonne (Aude)

Orient-Express s'installe à l'Hôtel de la Cité

Le Carcassonnais Jean-Michel Signoles, créateur des vêtements «Chipie», avait voulu réaliser un rêve en achetant l'Hôtel de la Cité en 1989. Aujourd'hui, il tourne la page, pour se consacrer exclusivement à sa marque et cède l'établissement à la Compagnie des Orient-Express Hotels de l'Anglais James B. Sherwood.

La vente de l'Hôtel de la Cité met fin aux bruits les plus divers qui avaient couru à Carcassonne, d'aucuns ayant même cru savoir que l'établissement allait tout simplement disparaître. Mais ce n'est pas tout à fait par hasard si les chemins de MM. Signoles et Sherwood se sont un jour croisés. C'est à la suite d'un dîner intime, qui réunissait, il y a un an, les deux hommes d'affaires et quelques amis, que James B. Sherwood avait été séduit par l'Hôtel de la Cité, au coeur des remparts médiévaux. Le patron d'Orient-Express cherchait un premier hôtel de prestige pour investir l'Hexagone. Après une tentative avortée à Saint-Jean-Cap-Ferrat, il jetait son dévolu sur Carcassonne.

Tout en 4 étoiles

Le rachat de la majorité des parts de Jean-Michel Signoles entraîne un changement d'actionnaires, mais la nouvelle structure garde son appellation sociale : S.A. Hôtel de la Cité. Le directoire revient à deux membres d'Orient-Express ; le Conseil de surveillance reste présidé par Jean-Michel Signoles. Aucune modification ne doit, semble-t-il, intervenir au niveau du personnel (un effectif d'une soixantaine de salariés qui pourrait même être revu à la hausse dans quelques mois). Alexandre-Pierre Faidherbe conserve la direction générale, toujours assisté de Christophe Luraschi.

Les principales transformations vont porter sur la disparition de l'annexe 3, «Dame Carcas», qui va être intégrée à l'Hôtel de la Cité. Après la remise à niveau de toutes les chambres, l'agrandissement de certaines, l'installation d'une réception unique, d'une seule salle de petits déjeuners et la transformation de 400 m2 de garages en salle de réunions, l'hôtel sera classé en 4 étoiles. La brasserie «Les Coulisses du Théâtre», reste, elle, en location-gérance. La stratégie de James B. Sherwood étant d'acquérir de belles propriétés pour séduire une clientèle internationale, l'Hôtel de la Cité pourrait entrer dans la catégorie Luxe. Le challenge n'effraie pas Alexandre-Pierre Faidherbe et son équipe : «20 MF d'investissement sont annoncés par Orient-Express dès l'automne prochain. Cette restructuration est une très bonne chose. Elle est surtout excellente pour Carcassonne. Le nouvel établissement sera une locomotive pour la ville et son hôtellerie. Notre objectif est le développement de la durée de séjour du client.»

L'arrivée d'Orient-Express semble généralement bien accueillie. Elle annonce aussi, visiblement, de prochaines acquisitions en France.

J.-C. Cougoule

Orient-Express dans le monde

C'est en 1976 que la société Orient-Express a acheté son premier hôtel, le Cipriani, à Venise. Quinze établissements parmi les plus beaux du monde ont suivi, l'Hôtel de la Cité devenant le 17ème maillon de la chaîne.

Orient-Express Hotels est une filiale de la Sea Containers S.A., dont le siège se trouve à Londres. Cette dernière possède, outre les hôtels, trois trains touristiques (le Londres-Venise ; le British Pullman, circulant en Angleterre ; l'Eastern & Oriental Express, entre Singapour et Bangkok et, lancé cette année, un train trans-australien). Un bateau de croisière, en Birmanie ; plusieurs ferries et hoverspeed, en Angleterre ; les ports de Folkestone, Newhaven et Heysham ; enfin, 50% du Harry's Bar de Londres complètent le patrimoine. La Sea Containers S.A. aurait réalisé, en 1996, un bénéfice net de 30 milliards de francs !

Les hôtels d'Orient-Express sont : le Cipriani et le Palazzo Vendramin (Venise), l'Hôtel Splendido (Portofino) et la Villa San Michele (Florence), en Italie ; le Quinta do Lago (Algarve) et le Reid's Palace (Madère), au Portrugal ; The Loge at Vail (Vail), Windsor Court Hotel (La Nouvelle-Orléans), Charleston Place (Charleston) et le «21» (New York), aux USA ; la Samanna (Ile de Saint-Martin) et le Bora Bora Lagoon Resort (Polynésie française) ; le Copacabana Palace (Rio de Janeiro) ; The Observatory Hotel (Sydney) ; Mount Nelson Hotel (Le Cap) et The Westcliff (Johannesbourg) ; Gametrackers (Okavango), au Botswana ; l'Hôtel de la Cité (Carcassonne).


L'Hôtel de la Cité, côté entrée. A droite, la brasserie «Les Coulisses du Théâtre» qui reste en location-gérance.

Christophe Turquier au piano

Successeur de Michel del Burgo, au piano du restaurant «La Barbacane», Christophe Turquier (36 ans) fait figure d'excellent professionnel, après un apprentissage et un métier exercés à travers la France et le monde : l'Elysée Matignon, La Tour d'Argent, Lucas Carton, Fredy Girardet (en Suisse), l'île St-Martin, Singapour, St-Barthélemy (pour Jacques Cagna), Anguila, puis l'Hôtel des Neiges à Courchevel, enfin le Château de Fère (où il a décroché une étoile au Michelin).

A la réouverture de «La Barbacane», début mars, les premiers clients ont été agréablement surpris par une cuisine qui s'attache à marier harmonieusement les produits locaux (poissons de la Méditerranée, agneau, haricots ou fèves) en leur ajoutant quelques parfums exotiques. Mais sans trop, pour bien montrer que l'on est d'abord, ici, entre Sud-Ouest et Languedoc. Christophe Turquier avait été engagé à la Cité pour cinq ans par Jean-Michel Signoles. Il compte bien convaincre les nouveaux propriétaires. L'équipe de cuisine et de salle a été entièrement renouvelée, avec notamment l'arrivée d'un chef pâtissier, Régis Chanel, formé au Négresco et à l'Hôtel de Paris. Seul garde son poste le sommelier, Georges Gracia, originaire de Limoux, qui maîtrise parfaitement son sujet et sait placer fort à propos les vins régionaux.

Les menus ont été très légèrement revus à la baisse. «La Barbacane» propose trois menus : 180 F (midi, du lundi au vendredi), dit menu d'affaires ; 280 F, menu saison, avec trois plats ; 420 F, menu-dégustation, avec cinq plats ; plus une carte dont le ticket moyen s'étale de 300 à 400 F.

Détail qui peut avoir son importance : le client et ses goûts sont mis sur informatique. S'il revient, on peut mieux le guider.

Christophe Turquier, le nouveau chef de «La Barbacane», en compagnie d'Alexande Faidherbe, directeur général de l'Hôtel de la Cité.


Palace

La Réserve de Beaulieu reprise en main

Rachetée par Jean-Claude Delion, la Réserve de Beaulieu est en pleine effervescence. Le palace de la Côte d'Azur vise les 2 étoiles Michelin et l'inscription aux Relais & Châteaux.

Rachetée en janvier dernier pour 75,5 MF par Jean-Claude Delion, la Réserve de Beaulieu, hôtel 4 étoiles de Luxe de la Riviéra, se prépare à acquérir de nouvelles lettres de noblesse. Son restaurant gastronomique espère acquérir, d'ici deux ans, ses 2 étoiles Michelin et l'hôtel pourrait intégrer la chaîne des Relais & Châteaux. Un pari ambitieux, mais lancé par un homme qui a déjà fait ses preuves sur la Côte d'Azur avec le Relais & Châteaux de la Résidence de la Pinède à Saint-Tropez. Réputé pour sa qualité, l'établissement connaît un taux moyen d'occupation qui frôle les 90%.

Située entre Nice (7 km) et Monaco (9 km), la Réserve domine la baie de Beaulieu. Le bâtiment et ses 37 chambres et suites de la fin du XIXème siècle ont été rénovés il y a trois ans par le Crédit Lyonnais, ancien propriétaire, pour 30 MF. Chaque chambre a été luxueusement aménagée dans les tons pastel avec salle de bains en marbre. Pour exploiter cet outil de travail, Jean-Claude Delion s'est entouré de spécialistes. La gouvernante a été première gouvernante du Ritz et le chef de cuisine, Christophe Cussac, a déjà obtenu 2 étoiles au Michelin à L'Abbaye Saint-Michel, Relais & Châteaux.

Ouverture douze mois sur douze

16 à 18 MF seront injectés sur les trois prochaines années par son nouveau propriétaire pour des aménagements complémentaires. Durant l'hiver prochain, la piscine chauffée de 25 mètres et les cabines de bains seront rénovées et un jacuzzi sera ajouté. Les services blanchisserie et lingerie seront totalement repris en main et intégrés au palace. En 1998/99, les cuisines seront modernisées et rénovées, puis ce sera le tour du garage couvert de 40 places, un an plus tard. Trois villas mitoyennes à l'hôtel seront intégrées pour créer cinq nouvelles suites. Enfin, un centre de remise en forme ouvrira ses portes d'ici l'an 2000. Jusque-là fermée en hiver, la Réserve devrait être ouverte sans interruption douze mois sur douze. Pour commercialiser cet établissement, Jean-Claude Delion s'appuie aux USA sur API Marketing et un réseau de plusieurs centaines d'agences. Les Américains représentent en effet 40% de sa clientèle. Sur l'Europe, il espère s'appuyer sur la brochure et la renommée des Relais & Châteaux d'ici un an. En rupture avec la politique de l'ancienne direction de la Réserve, il ne vise désormais que la clientèle individuelle et a stoppé les contrats avec les groupes en séminaires. Un site Internet permettra aux agences de consulter la brochure de la Réserve d'ici février prochain. Un budget global de promotion de 700.000 francs est prévu cette année pour la Réserve de Beaulieu et la Résidence de la Pinède.

E. Millot

Le bâtiment et ses 37 chambres et suites de la fin du XIXème siècle ont été rénovés il y a trois ans.



L'HÔTELLERIE n° 2512 Hebdo 29 mai 1997


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