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François Asselin : la prise de risque doit être encouragée et pas sanctionnée

Vie professionnelle - lundi 25 juin 2018 11:46
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Le président de la CPME, François Asselin, livre son sentiment sur la loi PACTE (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) et la vie de l'entreprise.



François Asselin, président de la CPME, a indiqué à plusieurs reprises ces derniers jours que la Loi Pacte était favorable à l'embauche.
François Asselin, président de la CPME, a indiqué à plusieurs reprises ces derniers jours que la Loi Pacte était favorable à l'embauche.

Sur le principe de la loi PACTE :
Qu'on s'occupe des entreprises, qu'on veuille les faire grandir, est toujours une bonne nouvelle. Le format de la loi PACTE est novateur et intéressant avec à la fois des travaux menés de concert par des parlementaires et des chefs d'entreprise, une consultation publique puis bien sûr la concertation avec les organisations professionnelles. Sur le champ social, il n'y a pas grand-chose de plus que dans les ordonnances. Le délai pour se mettre en conformité annoncé doit être interprété avec prudence. Sur le droit à l'erreur, il y a des domaines comme l'hygiène ou sécurité où c'est impossible à appliquer. Concernant les allègements de charge, dont l'entreprise a besoin, la France est en fort déséquilibre budgétaire depuis plus de 40 ans. Avec quels moyens le Gouvernement va-t-il pouvoir les mettre en oeuvre ?

Inquiétudes :
Le prélèvement à la source est une complication supplémentaire importante qui va peser sur le chef d'entreprise et qui va coûter cher à l'entreprise.

Transmission, échec :
Les Allemands sont très protecteurs concernant le patrimonial et ils ont adapté une fiscalité très faible, pour éviter, par exemple, aux petites sociétés de se faire absorber par un groupe. Nous militons pour ça. Il faut donner aux petites entreprises les moyens de consolider leurs fonds propres pour les rendre pérennes. Le chemin reste long à parcourir pour ceux qui entreprennent. L'échec est parfois rédhibitoire et c'est absurde. Dans d'autres pays, un CV sans échec est presque suspect. On apprend dans l'échec. Vous savez, un chef d'entreprise connaît l'échec au quotidien : une tuile, une commande espérée qui ne tombe pas…  La prise de risque doit être encouragée et pas sanctionnée. Nous avons un vrai défaut culturel en France dans ce domaine.

Accès aux prêts :
L'adage on ne prête qu'aux riches, c'est valable pour les personnes physiques et morales. Il est essentiel de professionnaliser le modèle économique avec lequel on veut convaincre un banquier. Les branches, la CPME accompagnent les porteurs de projets dans ce sens.

Moral des entreprises :
Le chef d'entreprise doit rester optimiste, il doit montrer l'exemple, il n'a pas le choix. Sinon, globalement, l'économie va mieux qu'elle ne l'a été.

Formation :
Nous sommes dans une situation paradoxale avec des métiers en tension, par manque de compétences, et un chômage de masse, dont il faut sortir. Nous avons besoin de former. Je pense qu'on est en bonne voie sur l'apprentissage et la formation professionnelle, avec des mesures concrètes. Le plus gros problème à résoudre, c'est l'orientation, qui est un enjeu majeur.

#FrancoisAsselin #CPME #LoiPacte #Entreprise #Interessement #Participation #ForfaitSocial


Sylvie Soubes
Réaction aux mesures annoncées par Bruno Le Maire le 18 juin
Ce texte aborde de multiples aspects de la vie des entreprises. Il vise à leur simplifier l'existence et atteint sa cible sur de nombreux points. Ainsi la suppression du seuil de 20 salariés et le fait de lier les obligations conséquentes au passage de 10, 50 ou 250 salariés à un dépassement "pendant 5 années civiles consécutives" enfonce un coin dans ces véritables plafonds de verre qui brident le développement des PME.
De même, la disparition du forfait social pour les sommes distribuées au titre de l'intéressement dans les PME, constitue une réelle incitation à développer cet outil de motivation et de fidélisation volontaire des salariés. Par ailleurs, si la simplification de la création et de la liquidation d'entreprises va dans la bonne direction, à l'inverse, la redéfinition de l'objet social de l'entreprise risque, nonobstant son caractère facultatif, de donner prise à des contentieux.  Il est également un point suffisamment rare pour être souligné : à ce stade la loi Pacte ne prévoit aucune obligation ou contrainte nouvelle pour les PME ! Pour autant, il reste beaucoup à faire. Ainsi la transmission d'entreprises est un enjeu majeur, grand oublié de ce texte. La transition numérique est également absente du projet de loi qui ne s'attaque pas non plus aux distorsions de concurrence entre les différents acteurs (entreprises du secteur marchand, plate-forme collaboratives, associations, particuliers, secteur public) présents sur un même marché mais non soumis aux mêmes règles ou obligations. A quand la Loi Pacte 2
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