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Voie professionnelle scolaire : Régis Marcon décrypte les grands principes du rapport

Formation - Écoles - mardi 6 mars 2018 14:39
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Le 22 février, après de multiples auditions et d'échanges sur le terrain, la députée des Hauts-de-Seine, Céline Calvez, et le chef triplement étoilé, Régis Marcon, ont remis leur rapport sur la voie professionnelle scolaire au ministre de l'Education Nationale, Jean-Michel Blanquer. Après négociations avec les acteurs, ce dernier devra fixer la feuille de route de la réforme. Parmi les propositions, Régis Marcon met l'accent sur l'apprentissage en dernière année de bac pro.



De g à d : Régis Marcon, Céline Calvez et le ministre de l'Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, le 22 février dernier.
© Philippe DEVERNAY- MEN
De g à d : Régis Marcon, Céline Calvez et le ministre de l'Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, le 22 février dernier.

Vous avez remis votre rapport, et maintenant ?
Régis Marcon : Comme toute réforme importante, elle demande à être expliquée. Il est essentiel que chacun s'accapare ce rapport. Rien n'est définitif. Il pose des bases, à partir desquelles nous devons avancer. Les acteurs doivent apprendre à se comprendre et se connaître. Et il faut que les jeunes puissent se projeter, et leur laisser des portes ouvertes.  Les difficultés sont multiples et commencent dès la fin du collège. Les enseignants ne connaissent pas les métiers d'aujourd'hui, ni le monde du travail en général. Les conseillers d'orientation ne tiennent pas compte des besoins réels du marché du travail et les parents sont trop souvent perdus en fin de 3ème. En outre, la voie professionnelle ne doit plus être choisie par défaut ou en fonction des notes…  C'est un travail d'ensemble qui va être mené et qui s'articule avec d'autres réformes.

Vous proposer d'intégrer l'apprentissage en fin de cycle de bac pro, dans quelle mesure ?
R. M. : Les professionnels, quel que soit le secteur, se plaignent que les jeunes à la sortie du bac pro ne sont pas employables. D'autre part, les jeunes qui veulent poursuivre leurs études après un bac pro ont souvent du mal. Nous voulons désormais assurer la double finalité de l'enseignement professionnel, qui fait sa force : donner au jeune en bac pro le choix d'intégrer le monde du travail au terme de l'examen, soit de poursuivre en études supérieures.  La classe de seconde doit permettre à l'élève de faire connaissance avec les spécialités qui existent au sein de la famille de métiers qu'il a choisie en 3ème. A la fin de cette seconde, il opte pour une spécialité. La première, grâce aux stages, doit lui permettre de se projeter dans l'avenir. En fin de première,  il précise la voie qu'il veut prendre après l'obtention du bac pro : poursuite d'études supérieures ou insertion professionnelle. S'il choisit de poursuivre des études, la terminale doit le préparer dans ce sens. S'il préfère entrer dans la vie active, la terminale se fait en apprentissage, idéalement 3 semaines en entreprise, une semaine en école. Faire seulement des stages à ce stade ne permet pas d'appréhender un métier.

Comment voyez-vous l'avenir, quels messages souhaitez-vous faire passer ?
R. M. : Le rapport école/entreprise doit faire l'objet d'une révolution culturelle. Il faut aller vers davantage de parcours 'découvertes' au collège et l'orientation ne doit pas s'arrêter en 3ème. Quant à la voie professionnelle, elle va devoir réduire le nombre de spécialités pour donner une meilleure lisibilité aux jeunes et aux parents. Des jeunes à qui il faut donner des compétences transversales, pour ne pas les enfermer, pour créer des passerelles, pour leur donner la possibilité d'intégrer d'autres cursus durant leur vie professionnelle. Ensuite, enseignants et professionnels doivent construire ensemble de nouvelles méthodes pédagogiques, qui soient plus efficaces pour les jeunes, plus adaptées au monde qui évolue très vite. La mise en place d'un référentiel demande cinq ans, c'est bien trop long dans l'époque actuelle. Il faut trouver des modules, des moyens de rendre les formations réactives aux nouveaux métiers qui se créent. Et j'insiste sur le fait que tout ça ne pourra se faire qu'au travers d'une construction conjointe et renforcée : métiers/Education Nationale.

#VoieProfessionnelle #RegisMarcon #CelineCalvez #JeanMichelBlanquer


Sylvie Soubes
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