Actualités

Page d'accueil
 Sommaire
du 7 juin 2007
CARTE DE RESTAURANT

FAITES DE VOTRE CARTE UN ATOUT

Chaque mois, nous décortiquons et analysons les points forts et les ratés de cartes de restaurant. Un exercice pratique qui devrait vous intéresser, voire vous inspirer. Ce mois-ci, la carte de La Pasta, restaurant italien à Brest (29).
Par Nadine Lemoine et Bernard Boutboul, auteur du sujet interactif Idées simples pour doper les recettes de votre restaurant sur lhotellerie.fr

Le support

Le support carte, que nous avons reçu, est composé de 6 feuillets blancs que nous supposons être glissés dans un menu à pochettes plastique. Il est dommage de faire de la cuisine italienne en ayant un support assez triste.
En effet, l'Italie, dans l'esprit des consommateurs, est gaie, colorée, généreuse, voire ensoleillée, et nous sommes là en présence d'un support tout blanc avec une police de caractère noire, et il faut attendre la dernière page pour découvrir la carte de l'Italie pour illustrer les vins italiens. La structure de la carte est assez classique avec les Antipasti, suivis des viandes (Carne), puis La Pasta, les pâtes fraîches fabrication maison, les pizzas, les desserts (Dolci) et les glaces (Gelati). La carte se termine par les vins. Il est donc dommage d'avoir un concept de restaurant thématisé et de ne pas aller jusqu'au bout de ce thème au niveau du support carte.
Il devrait être plus coloré avec plus de rythme dans l'offre produit, mais aussi plus 'fun', car le Sud évoque la plupart du temps la fête, les vacances et le soleil.


Les produits

La Pasta offre 5 grandes gammes de produits (Antipasti, Carne, Pasta, Pizza, Gelati, Dolci) en contractant les glaces et les desserts qui restent des desserts dans l'esprit du consommateur.
Il est important de noter une idée intéressante proposée par La Pasta qui est la proposition de 2 apéritifs élaborés. En effet, La Pasta suggère l'apéritif Pasta qui est composé d'un verre de Rapital (un vin blanc sec de Sicile) et sa petite assiette de charcuterie italienne. La seconde suggestion est l'assiette Pasta qui est composée d'un assortiment d'amuse-bouches (légumes, charcuterie, fromage). Cette idée permet de maintenir une dépense moyenne par client particulièrement chez ceux qui ne prennent pas d'entrée pour aller en direct sur un plat. Il s'agit du même phénomène que le café gourmand avec les desserts.
Ensuite, 7 antipasti sont proposés, évidemment très italiens, mais avec une seconde originalité qui consiste à proposer des accompagnements à prendre si on le souhaite avec l'antipasti de son choix.
On remarquera également le Formaggio qui est une offre annoncée comme suit : "Avant, pendant ou après
le repas, salade, fromages italiens, polenta chaude
." Cette proposition va dans le sens de la déstructuration des repas que nous avons évoquée dans une autre analyse de carte parue dans L'Hôtellerie Restauration. La gamme de viandes est assez classique avec toutefois une alternative aux pâtes, frites ou salade verte qui est la polenta. Il serait intéressant de savoir le taux de prise de la polenta sachant que les consommateurs, même s'ils se plaignent du manque de choix, consomment toujours les mêmes légumes. Les pâtes, au nombre de 16, sont également proposées avec accompagnements à part. Notons que sur les 16 pâtes proposées, il y a 9 variétés de tagliatelles. Si toutefois les tagliatelles étaient la spécialité maison, il est dommage comme nous le disions précédemment de ne pas le faire savoir, le mettre en avant, voire l'expliquer.
Les pizzas au nombre de 10 sont regroupées en familles : végétariennes, crémeuses, océanes, spéciales, et les autres.
Cette classification est astucieuse et donne un repère intéressant pour le client. Ceci dit une telle classification mériterait d'avoir plus de propositions à l'intérieur de chaque gamme. En effet, 10 pizzas pour 5 familles donnent l'impression de manque de choix. Notons également qu'un accompagnement (salade verte) est proposé en dehors des pizzas. Enfin, les Gelati composés de 5 sorbets, 6 crèmes glacées et 14 glaces puis les 7 desserts typiquement italiens. On ne notera aucune offre menu dans cette carte.


Les prix

Dans cette catégorie de restaurant que l'on peut appeler à thème, les prix sont très raisonnables… a priori ! Nos 2 apéritifs améliorés sont tarifés à 7,80E pour l'apéritif Pasta et 11,50 E pour l'assiette Pasta.
Les antipasti sont proposés de 7,30 E pour une Bufala (Mozzarella au lait de bufflonne, tomates et salade) à 9,60 E pour une San Daniele (jambon du nord-est de l'Italie affiné plusieurs mois dans la région de San Daniele). Ces antipasti sont proposés avec 5 accompagnements au choix à suppléments allant de + 2,20 E pour une salade verte à + 6,00 E pour une raviole à la crème. Les viandes sont proposées de 11 E pour la Polpetta - boulettes de viande à la méridionale - à 14 E pour le pavé. Il est dommage qu'en haut de gamme on ne trouve pas de spécialités italiennes. Les pâtes sont à 9,90 E de moyenne si l'on exclut la pâte haut de gamme aux noix de Saint-Jacques à 14 E. Il faut noter qu'une fois de plus les accompagnements sont surfacturés à 4,20 E pour une salade de crudités et 2,20 E pour une salade verte. Les pizzas sont, quant à elles, comprises entre 8,80 E et 10 E avec un accompagnement de salade verte au tarif de 2,20 E.
Enfin les desserts et les glaces sont tarifés à environ 6,50 E de moyenne. Au début de cette partie, nous évoquions les prix raisonnables de ce restaurant en notant 'a priori'.
En effet, la technique du supplément est trop omniprésente dans la carte et mériterait d'être plus discrète, voire de disparaître totalement en réorganisant la stratégie prix du restaurant. zzz22p

Faites analyser votre carte
Pour participer à cette rubrique et soumettre votre carte à Bernard Boutboul, directeur du cabinet Gira Sic, spécialisé dans le marketing hôtelier, envoyez-la à :
L'Hôtellerie Restauration - 5 rue Antoine Bourdelle - 75737 Paris CEDEX 15
Pour en savoir plus : cliquez sur le sujet interactif Idées simples pour doper les recettes de votre restaurant de Bernard Boutboul.

Complément d'article 3032p43

L'ASTUCE DU MOIS
Dans le cas de cette carte nous aborderons donc la technique du supplément sur les cartes de restaurant. Il fut une époque où le consommateur rejetait tous suppléments au tarif affiché. Depuis quelques années et particulièrement depuis la première crise de la vache folle en mars 1996 et surtout la deuxième en novembre 2000 sans oublier les autres crises qui se succèdent depuis, celles-ci marquent profondément le consommateur dans ses actes d’achat quotidiens sur toute la chaîne alimentaire et bien au-delà du bœuf. Au restaurant, il pose de plus en plus de questions sur les origines, sur la fraîcheur, sur les modes de préparation, etc. Il est donc nécessaire aujourd’hui de répondre à ses questions qui relèvent d’inquiétudes qu’il a sur les produits proposés sur les cartes de restaurant en général. Il y a un autre aspect qui est le supplément de prix qui doit être désormais lié à la rareté d’un produit, à la qualité supérieure de telle ou telle viande. Dans tous les cas, le supplément est aujourd’hui accepté par le consommateur à la seule condition qui est de lui justifier clairement sa présence. Cette justification peut se faire par écrit sur une carte ou sur une ardoise mais l’idéal est de la faire verbalement au moment de la prise de commande. zzz22v

Article précédent - Article suivant


Vos questions et vos remarques : Rejoignez le Forum des Blogs des Experts

Rechercher un article

L'Hôtellerie Restauration n° 3032 Hebdo 7 juin 2007 Copyright © - REPRODUCTION INTERDITE

L'Application du journal L'Hôtellerie Restauration
Articles les plus lus...
 1.
 2.
 3.
 4.
 5.
Le journal L'Hôtellerie Restauration

Le magazine L'Hôtellerie Restauration