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du 14 décembre 2006
 
HÉBERGEMENT

INTERVIEW DE STEVE JACOBS, DIRECTEUR GÉNÉRAL DU PÔLE ÉCONOMIQUE DE LOUVRE HOTELS

"NOUS VOULONS FAIRE CROÎTRE DE FAÇON SIGNIFICATIVE NOTRE PARC D'HÔTELS ÉCONOMIQUES"

Il vous attrape la main et la garde de longues minutes au creux de la sienne. Son regard planté dans le vôtre tandis qu'il esquisse un petit sourire malicieux, Steve Jacobs s'enflamme sitôt qu'il évoque l'avenir des marques économiques de Louvre Hotels. Pas de doute : ce quadra - originaire du Tennessee dont le père a participé au débarquement américain - a l'intention de mener à bien la mission que lui a confiée Barry Sternlicht, le patron de Starwood Capital. À savoir booster le développement du parc dont il a la charge (807 hôtels dont 209 en filiale, 309 en mandats de gestion et 289 en franchise) tout en le remettant au goût du jour. Trois cents millions d'euros vont d'ailleurs être alloués à l'expansion de la chaîne Campanile et à d'autres projets tandis que plus de 100 millions d'euros seront consacrés à sa rénovation.
Propos recueillis par Claire Cosson

L'Hôtellerie Restauration : Plus d'un an après la reprise du Groupe Taittinger par Starwood Capital, les rumeurs vont toujours bon train concernant vos intentions réelles
de conserver vos acquisitions. En particulier à propos du pôle économique. Quelle est votre stratégie sur ce segment ?

Steve Jacobs,
directeur général du pôle économique de Louvre Hotels :
"Soyons clairs ! Au cours des 2 dernières années, Louvre Hotels a ouvert 6 hôtels par an. Notre objectif est d'un tout autre ordre. Nous voulons faire croître de façon significative notre parc d'hôtels économiques qui totalise aujourd'hui 807 établissements. L'an passé, nous avons étudié dans le détail ce que nous avons acquis en rachetant Groupe Taittinger. Un travail minutieux qui nous a permis de découvrir l'extraordinaire richesse de nos enseignes économiques Campanile, Première Classe et Kyriad ainsi que leur potentiel dans l'avenir. Forts de ce constat, nous avons pris la décision d'investir 300 ME pour booster le développement de Campanile et d'autres projets sur le marché français et européen. Une expansion qui s'effectuera de manière organique, en franchise ou par le biais d'acquisitions selon les opportunités.
Pour l'heure, nous avons d'ores et déjà plus de 80 contrats dans le pipeline. Un chiffre qui devrait rapidement monter en puissance, d'autant que nous sommes en train de constituer une solide équipe de développeurs. De 2 personnes, le staff a grimpé à 14 pour s'élever à terme à une vingtaine de collaborateurs. à noter par ailleurs que nous avons adressé - lundi dernier - un e-mail à plus de 2 500 hôteliers indépendants afin de les inviter à nous rencontrer. Au regard de ces actions, vous comprenez l'ampleur de nos ambitions de développement.

L' H. R. : Pour séduire de nouveaux franchisés et accélérer la croissance du réseau Campanile, mieux vaut avoir un produit au goût du jour. D'autant que la concurrence fait rage sur ce marché. Innovant autrefois, le concept Campanile a malheureusement vieilli. Allez-vous le rénover ?
S. J. : Il est évident que le produit Campanile est fatigué et qu'il doit subir un vaste programme de rénovation. Nous allons du reste allouer un budget de plus de 100 ME à la rénovation de notre parc dont la première phase va débuter dans les premiers mois de 2007.

Depuis février dernier, nous avons travaillé d'arrache-pied sur ce dossier avec un designer de renom, Patrick Jouin. Le nouveau concept de chambre qu'il a réalisé - à partir d'études clients approfondies - va en surprendre plus d'un. Nous avons effectivement conservé les valeurs historiques de Campanile : famille, chaleur, convivialité, authenticité. Mais notre nouveau produit sera aussi beaucoup plus moderne et plus innovant. Le tout en garantissant un excellent niveau de confort. Parallèlement à la chambre, nous avons aussi plan
ché sur un nouveau concept de restauration avec l'aide d'experts du secteur. Nous allons garder le principe du buffet - extrêmement important aux yeux de nos clients - tout en améliorant son merchandising et son côté sensitif.
Le repositionnement de la marque va bien entendu s'accompagner d'une campagne de publicité conséquente dont le budget sera confié à une agence de renom. La base line de Campanile sera probablement la suivante : presque à la maison, simple, authentique, le vôtre.

L' H. R. : Quels sont vos objectifs pour Kyriad et Première Classe ?
S. J. : Pour le moment, nous avons concentré nos efforts sur Campanile parce que c'est l'enseigne économique la plus représentée au sein de notre portefeuille. Il est évident cependant que nous transposerons ce que nous entreprenons pour Campanile à Première Classe et Kyriad par la suite.
S'agissant de Première Classe, nous avons mené un travail important sur le repositionnement de la marque. Un nouveau concept de chambre a été élaboré. Il sera déployé après avoir bouclé la phase de costing qui doit être achevée d'ici à la fin du premier trimestre 2007. Concrètement, les valeurs fondamentales de Première Classe ne porteront pas sur le prix mais sur la qualité de la prestation offerte, à savoir la qualité du sommeil. Ajoutons à cela l'offre gratuite du wifi. Je précise à ce sujet que 150 hôtels Première Classe et Campanile ont déjà mis cette offre en place.
Quant à Kyriad, je dois avouer que c'est une marque superbe ! Contrairement aux rumeurs récurrentes qui circulent sur le marché, cette chaîne est essentielle pour nous. Nous avons la ferme intention de la conserver. D'autant qu'elle est particulièrement appréciée de nos clients selon les résultats de différentes études. Ils adorent le côté non standardisé de ce réseau. Caractéristique d'ailleurs que nous devons mettre en avant en introduisant toutefois des éléments de signature commune.

L'H. R. : Vos projets sont ambitieux. Pour y parvenir, ils nécessitent une implication totale des franchisés. Comment allez-vous les convaincre de vous suivre ?
S. J. : Je vais être franc : un franchisé travaille pour lui-même. Mon rôle consiste évidemment à lui faire comprendre que si nous investissons, c'est bon pour lui. En effet, jamais Starwood Capital n'investit au hasard. Nous sommes très attentifs au retour sur investissement que nous évaluons entre 14 et 17 %.
Une fois qu'ils auront découvert le nouveau concept de la chambre Campanile - dont le montant de la rénovation est selon nos estimations bien inférieur à 10 000 E - et vu les résultats qu'il va générer, je suis certain que les franchisés vont jouer le jeu.

Steve Jacobs

À 44 ans, Steve Jacobs n'a guère de leçons à recevoir en matière d'hôtellerie. Diplômé de l'université de Harvard (1985), cet ancien joueur de football américain et basket-ball - nommé directeur général du pôle économique de Louvre Hotels en septembre - a officié en effet au sein des plus grands groupes hôteliers mondiaux. À commencer par Bass - rebaptisé depuis InterContinental Group - pour lequel il a notamment développé Holiday Inn. Best Western ne lui est pas inconnu non plus tout comme Hyatt et US Franchise. À noter que Steve Jacobs en connaît également un rayon s'agissant de l'hôtellerie dite économique. L'homme a de fait participé au succès du réseau de franchise Microtel qui est passé de 19 établissements à plus de 500 ouverts ou en construction aujourd'hui.
Véritable référence sur son segment, cette chaîne a été consacrée 5 fois de suite comme étant l'enseigne la plus appréciée par ses clients.font>

Performances de la branche économique de Louvre Hotels à fin novembre 2006

Campanile
Taux d'occupation de 70 %
Prix moyen de 60 E (+ 3 %)

Première Classe
Taux d'occupation de 73 %
Prix moyen de 34 E (+ 3 %)

Kyriad
Taux d'occupation de 66 %
Prix moyen de 58 E (+ 3,5 %)

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L'Hôtellerie Restauration n° 3007 Hebdo 14 décembre 2006 Copyright © - REPRODUCTION INTERDITE

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