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du 5 octobre 2006
LICENCE IV

FRANCE BOISSONS ANNONCE UN PLAN DE RELANCE DES BISTROTS

José Pires-Gomes met l'accent sur le rôle du patron, les services et la qualité des produits

La semaine prochaine, José Pires-Gomes, président de France Boissons, va dévoiler à la presse un ambitieux programme de relance du secteur des CHR. En avant-première, il nous livre l'esprit dans lequel celui-ci a été conçu.

Contexte
En 10 ans, le secteur CHR a perdu 40 000 établissements en France. Chaque jour, sur l'ensemble du territoire, ce sont deux cafés qui ferment. Dans le même temps, on a pu observer une importante baisse de la fréquentation : 90 % de la population fréquentaient les CHR en 1997, contre 70 % en 2002, 41 % en 2006. 

Du bon usage de l'accueil
Qu'est-ce qu'on aime dans un bistrot ? En fait, si on analyse bien, c'est ce que le patron (ou la patronne) y met. C'est leur personnalité qui va faire la différence. C'est l'élément le plus fort. Bien sûr, aujourd'hui, les consommateurs veulent des garanties. L'indépendant doit apporter la garantie des chaînes, avec une offre claire et un cadre clean. S'ajoute à cela le sourire du patron qui accueille. L'exploitant doit considérer le client comme une personne qui attend un service et certainement pas comme du chiffre d'affaires potentiel.

Couple service produit
Après la première attention, il y a le service et la qualité des produits. Ça n'intéresse pas le consommateur de se retrouver avec la même offre qu'en linéaire. Outre des marques de qualité, il faut des produits adaptés. Autrement dit, le patron doit cultiver sa personnalité et en faire le garant du couple 'service et produit'.

Investir en connaissance de cause
Évidemment, il ne faut pas perdre de vue le contexte économique. Adapter ses coûts et ses investissements en fonction de la zone de chalandise est obligatoire.
Ne pas le faire est trop risqué. À part les grandes institutions, je dirais que le bistrot est comparable à une jolie femme, qui change de toilette. On l'apprécie dans la continuité et le changement. Un bistrot doit à l'heure actuelle se renouveler, investir dans son décor, mais à coût raisonnable. Les équilibres financiers doivent être respectés et maintenus.

Pourquoi ça pèche
À partir du moment où l'on pourra voir ce qui est structurel, où l'on pourra cerner et identifier le décalage entre l'offre et la demande, entre la loi et le mode de vie des Français, nous pourrons avancer.

Clients zappeurs
Je pense que certaines formules comme la restauration à thème sclérosent le marché. Le consommateur zappe.
C'est tout, il faut en prendre conscience. Ce que nous allons proposer va très loin. Nous avons été précurseurs avec des campagnes publicitaires à l'échelon national. Aujourd'hui, le bistrot français, qui est quelque chose d'unique, peut repartir. Si on le redynamise sur des bases assises sur l'authenticité des valeurs.

Formation contre improvisation
Comme je vous l'ai dit, c'est le patron qui crée l'atmosphère… D'où l'importance d'une bonne formation des futurs professionnels et de ceux qui vont travailler à ses côtés (gérants, directeurs…). Il faut former les patrons, les aider à s'installer en leur donnant les clés nécessaires à l'évolution du métier et contribuer à une bonne transmission de l'entreprise. La star du quartier, c'est le bistrot et son patron. Beaucoup de gens se sont improvisés commerçants, et ça a donné ce qu'on sait. Maintenant qu'on a touché le fond, on repart sur de meilleures bases avec des exploitants qui veulent exercer leur métier sur du long terme. Ce n'est pas le prix en soi qui pose problème, mais le rapport qualité/prix. Qu'est-ce qui a sauvé les boulangeries ? Les grandes surfaces et la qualité. Les meuniers se sont réveillés. Ils ont diversifié leurs pains et ont retrouvé la qualité. Il faut donner envie au consommateur de consommer. Ce n'est pas péjoratif. Nous allons être sur un schéma qui rompt avec les habitudes. Avec davantage de services et de citoyenneté. Pour simplifier, je dirais qu'il faut être 'orienté clients', à tous les niveaux.

Objectif
Notre principale préoccupation est d'aider nos clients cafetiers à s'engager dans cette logique de services qui fait aujourd'hui particulièrement défaut, et de les accompagner vers cette nécessaire évolution, en mettant à leur disposition les moyens et les outils pour y parvenir. Pour France Boissons, le point de départ de toute initiative est notre client et son consommateur : pour que les cafés conservent leur rôle de lien social, demeurent un lieu de rencontres intergénérations et le symbole de la convivialité, ils doivent être davantage à l'écoute des attentes et des envies des consommateurs dans toute leur diversité. C'est d'ailleurs tout l'objet de la campagne institutionnelle annuelle proposée par France Boissons depuis 1998 en faveur de la valorisation des cafés en tant que lieux de vie, de rencontres, d'animations. (Investissements de 25 ME en 8 ans). zzz24

Mémo
Créée en 1964 et rachetée par Heineken en 1987, France Boissons est le leader de la distribution de boissons aux professionnels au sein du marché dit 'hors domicile' : cafés, brasseries, restaurants, hôtels, pubs, bars à thème, discothèques, mais aussi traiteurs, clubs de sport, établissements de loisirs et vente à emporter. L'activité de France Boissons concerne toutes les boissons : la bière notamment, avec l'appui du groupe Heineken France, mais aussi le vin, le café, les spiritueux, les jus de fruits, les eaux et les softs drinks. France Boissons vend ainsi plus de 20 000 références de boissons, dans tous leurs formats, de toutes les marques. France Boissons développe également une politique fortement axée sur les services : service rendu à ses clients, service de la livraison, service après vente, service amené par la proximité de ses 61 filiales réparties sur l'ensemble du territoire, service d'aide à l'installation et à la revente de l'établissement tourné vers la satisfaction des consommateurs, du conseil et du suivi quotidien.

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L'Hôtellerie Restauration n° 2997 Hebdo 5 octobre 2006 Copyright © - REPRODUCTION INTERDITE

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