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du 5 janvier 2006
RESTAURATION

Carnet de deuil

Nicolas Albano n'est plus

Les dernières heures de l'année 2005 ont emporté Nicolas Albano après une longue maladie.

Le cuisinier languedocien, âgé de 67 ans, avait pris sa retraite fin septembre 2004 et cédé, faute de repreneur, son restaurant agathois La Tamarissière à un promoteur immobilier.

Il avait alors tourné la page d'une vie professionnelle qui aurait dû faire de lui un notaire. Mais une fois les diplômes en poche, sa famille l'avait poussé à s'intéresser à la restauration. Il se forme dans divers établissements, passe un hiver au Negresco puis à L'Hermitage à Monte-Carlo avant de prendre la responsabilité du Chalet de la Lauze à Courchevel de 1968 à 1973.

Il revient à Agde en 1975 et commence à imposer ses idées en agrandissant l'hôtel familial et surtout en abordant la nouvelle cuisine, poussé par Henri Gault et Christian Millau.

"En Languedoc-Roussillon, j'ai été le premier chef honoré par 2 toques au GaultMillau. Ce sont eux qui m'ont le plus boosté. Ils m'ont poussé à me perfectionner et à bien m'entourer pour faire de La Tama la maison dont j'avais envie. J'étais alors une locomotive pour cette région avec tout ce que cela peut apporter de gloire et d'aigreur…", déclarait-il en juin 2004 dans une longue interview accordée à L'Hôtellerie Restauration.

Évoquant sa succession, Nicolas Albano avait alors ouvert son cÏur : "Mon successeur, c'était Stéphane, mon fils. Il était ma copie conforme. Malheureusement, il est décédé il y a 12 ans. Cela a beaucoup changé ma vie. Quand on perd un fils, il y a beaucoup de choses qui vous passent au-dessus de la tête. Souvent il y a des larmes, mais on les garde pour soi… Un cuisinier est là pour donner du bonheur, du plaisir, pas pour partager ses problèmes. Or, il n'y avait personne susceptible d'écrire une suite à l'histoire de cette maison, de reprendre ce patrimoine dans lequel j'ai investi ma vie et mes capitaux. Je serai très triste de voir démolir ce que j'ai fait, mais je suis bien obligé de m'arrêter faute de combattant."

Combattant, lui l'était demeuré. Malgré la maladie qui le rongeait, il avait accepté l'été dernier de donner un coup de main amical à l'équipe de L'América Club où il jouait le rôle de responsable des relations publiques.

Il s'est éteint samedi 31 décembre, laissant un grand vide parmi ceux qui appréciaient sa générosité autant que sa cuisine, ses coups de gueule autant que sa sincérité.

L'Hotellerie Restauration présente à sa famille, ses amis ses plus sincères condoléances.
Jean Bernard zzz18c

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L'Hôtellerie n° 2958 Hebdo 5 janvier 2006 Copyright © - REPRODUCTION INTERDITE

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