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du 7 juillet 2005
HÉBERGEMENT

ALORS QU'UNE PROCÉDURE D'APPEL D'OFFRES EST EN COURS

L'empire Taittinger attise les convoitises

Les acquéreurs potentiels s'organisent pour le rachat du groupe Taittinger. Tout est encore ouvert. Mais l'affaire devrait être réglée d'ici à la mi-août, selon certaines sources.


L'enseigne Première Classe totalise 14 781 chambres.

Rien n'est décidé." C'est ce qu'assure Claude Taittinger, président du conseil de surveillance de Groupe Taittinger - présent dans le champagne et les vins, puis le luxe (Annick Goutal et Baccarat) et l'hôtellerie via la Société du Louvre -, dans les colonnes du quotidien Les Echos. Il n'en demeure pas moins vrai que la saga des Taittinger va bel et bien s'achever au terme des prochaines semaines. Et pour cause. Les intérêts divergents des membres actionnaires de la famille (une quarantaine) conduisent inéluctablement à un changement capitalistique de l'entreprise. Sans compter que la Caisse Nationale à portefeuilles (CNP) de l'homme d'affaires Albert Frère, qui détient 25 % du Groupe Taittinger et 15,6 % de la Société du Louvre, a décidé "en application du pacte d'actionnaires la liant aux membres de la famille, de ne pas exercer son droit de préemption et de se joindre", au processus d'appel d'offres.
Tous les éléments sont donc aujourd'hui réunis pour permettre aux banques-conseils, Rothschild et BNP-Paribas, de recevoir les propositions potentielles de rachat en toute sérénité. "L'affaire n'est pas aux abois. La situation financière est parfaite", précise d'ailleurs le chef de famille. Et de poursuivre : "Nous ne sortirons pas à n'importe quel prix".
"Tout est ouvert", souligne en fait Claude Taittinger. En attendant, selon nos informations, on dénombre d'ores et déjà 5 ou 6 repreneurs potentiels. Des repreneurs qui devront casser leur tirelire pour mettre la main sur ce conglomérat. Ce dernier étant valorisé à plus de 2,2 milliards d'euros. Parmi ses acquéreurs figurent bien sûr des fonds d'investissement. À commencer par les Français Eurazéo (avec le Crédit Agricole) et PAI, suivis de l'Américain Carlyle et du Britannique Cinven. Autres prétendants également entrés dernièrement en lice : Wendel et Blackstone.  

Un éclatement du groupe paraît évident
Si la proposition de l'un des fonds retient l'attention de la dynastie, "il y a fort à penser qu'il ne conservera pas la globalité de l'empire Taittinger", estiment différents experts. En fonction de sa nature, l'acquéreur gardera peut-être au passage 'une pépite' (l'hôtellerie de luxe pour les uns, l'hôtellerie économique pour les autres), mais remettra sans aucun doute le reste sur le marché ou bien envisagera une association avec des sociétés implantées dans les secteurs d'activité du Groupe Taittinger.
Autrement dit, un éclatement du groupe paraît évident. Qui plus est, dans l'hypothèse où la famille opterait pour une éventuelle cession par appartement.

De fait, l'affaire familiale a suffisamment d'atouts pour faire monter les enchères. La Société du Louvre est en effet un acteur majeur dans l'hôtellerie (via Louvre Hotels), classée au 8e rang mondial, 3e Européen en nombre de chambres et leader sur le marché du 2 étoiles en France avec Campanile et Kyriad. À la tête d'un parc de 809 hôtels économiques, elle en détient 215 en pleine propriété. Sans oublier 10 autres hôtels de prestige : Le Martinez, Le Crillon, Le Lutetia, Le Concorde Lafayette, Le Mont-Royal, L'Ambassador, Le Palais de la Méditerranée, l'Hôtel du Louvre, une unité au Mans et une autre à Nancy.
De quoi susciter les convoitises de certains
opérateurs hôteliers. Lucien Barrière et Accor ont d'ailleurs manifesté leur intérêt. Le premier s'est ainsi déclaré intéressé "par la gestion pour le compte d'un investisseur d'actifs hôteliers dans le luxe". Le second pourrait porter son dévolu sur "certaines opportunités". Histoire d'optimiser son réseau actuel. "Après tout, Accor peut peut-être également se payer un bel établissement de luxe afin d'asseoir le repositionnement de sa chaîne haut de gamme Sofitel", confie un expert du monde hôtelier. Reste qu'une opération de rapprochement entre les deux leaders français "est hautement improbable". On comprend bien entendu pourquoi… 

La maison de champagne en bonne santé
D'autres grands noms, notamment étrangers, vont toutefois sans nul doute se pencher sur le dossier. Starwood Hotels & Resorts, par exemple, a dit "être attentif à ce qui se passe sur le marché". Encore faudrait-il que cette compagnie ait finalisé l'affaire Méridien.
S'agissant du pôle luxe, qui a réalisé 132 ME de chiffre d'affaires en 2004, et réunit les parfums Annick Goutal et la maison Baccarat, il ne manque pas lui aussi d'attraits pour séduire d'éventuels repreneurs. Y compris, pourquoi pas, au sein de la famille.
Quant à la branche champagne, qui comprend en outre des vins de Loire et de Californie, elle pourrait pour sa part faire le bonheur d'entrepreneurs avertis. D'autant que la maison de champagne affiche une belle santé avec un résultat brut opérationnel de 25,8 ME l'an passé.
Claire Cosson zzz36v

L'hôtellerie économique intéresse beaucoup les investisseurs

Répartition du parc hôtelier par marque
- 214 Kyriad, soit 12 126 chambres
- 314 Campanile, soit 23 980 chambres
- 208 Première Classe, soit 14 781 chambres
- 3 Autres, soit 464 chambres

Répartition du parc hôtelier par mode de détention
- Propriété : 215 hôtels représentant 16 187 chambres
- Franchise : 287 hôtels représentant 16 256 chambres
- Gestion : 307 hôtels représentant 18 908 chambres

Résultat brut opérationnel : 90,4 ME (soit 25,7 % du CA)
Résultat d'exploitation : 50,8 ME (soit 14,4 % du CA)

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