Créé en 1961, le concours du meilleur sommelier de France est organisé tous les deux ans par l'Union de la sommellerie française (UDSF) pour couronner l'excellence en sommellerie. En soixante-cinq, ans nous ne sommes que 33 à avoir obtenu ce titre prestigieux, dont une seule femme*, Pascaline Lepeltier, lauréate en 2018 et qui a décroché la même année le titre de MOF. Cela en fait certainement l’un des concours les plus sélectifs parmi ceux qui se sont multipliés dans les différentes disciplines. La dernière édition, tenue le 3 novembre 2024 à Thuir, a vu Bastien Debono remporter le titre face à Clément Sommier et Quentin Vauléon. La prochaine se déroulera à Lyon les 28 et 29 juin, et verra s’affronter Julia Scavo, Audrey Brugière, Marie Wodecki, Augustin Belleville, Pierre-Alexis Mengual et Clément Sommier, sélectionnés lors du salon Wine Paris 2026.
La première édition date de 1961, à une époque où les sommeliers sont une espèce en voie de disparition. En France, on estime leur nombre à une soixantaine ! Pour y remédier les premiers concours sont organisés sous la haute autorité d’Edgar Pisani, ministre de l’Agriculture, le patronage de Julien François, président de l’Union nationale des restaurateurs, et la participation du Comité national de la propagande en faveur du vin et du Comité national de la liqueur de France.
Dès la deuxième édition en 1962, le concours est ouvert à trois catégories de professionnels : sommeliers, maitres d’hôtel sommeliers et restaurateurs sommeliers. Entre 1962 et 1983, sept candidats obtiennent le titre de meilleur maitre d’hôtel sommelier et onze le titre de Meilleur restaurateur sommelier. Ces catégories sont alors supprimées.
Après les sélections régionales dans une dizaine de villes, la finale était organisée à Paris dans un établissement prestigieux. Pour avoir participé à ces premiers concours en tant que candidat, j’ai constaté une évolution très positive des épreuves écrites et pratiques. À l’origine, la présence du Comité national de la liqueur de France avait conduit à demander aux candidats d’identifier une vingtaine de spiritueux à identifier, une exigence démentielle ! Les questionnaires écrits donnaient une part trop importante aux questions sur les spiritueux et l’œnologie, au détriment de la connaissance des vignobles et du service. Heureusement, assez rapidement les organisateurs ont remédié à ces anomalies.
Mais pour tous les candidats, un gros problème subsistait : Internet n’existait pas et il y avait très peu de livres sur les vins en général, les vins du monde en particulier, et aucun consacré à la sommellerie bien évidemment. Heureusement, les questionnaires étaient moins pointus qu’ils le sont aujourd’hui. De plus, il y avait très peu de possibilités de se rendre dans les vignobles, voire aucune ! Ce manque d’informations est devenu crucial pour les candidats français qui ont représenté la France au premier concours mondial à Bruxelles en 1969.
25 associations régionales de sommeliers en 2026
Soixante-cinq ans après la première édition, la profession a connu un changement d’échelle considérable puisque la France compte désormais 25 associations régionales de sommeliers. Au niveau mondial, l'Association de la sommellerie internationale (ASI) créée en 1969 pour mission de promouvoir et d'harmoniser le métier de sommelier à l'échelle mondiale en rassemblant 70 associations nationales sur les six continents. Cette organisation à but non lucratif organise des événements majeurs tel que le concours du meilleur sommelier du monde. Elle propose également un parcours de certification structuré en quatre niveaux progressifs, conçus pour valider les compétences théoriques, pratiques et de dégustation à chaque étape de la carrière d'un sommelier Lancé en 2026, un nouveau niveau s'adresse spécifiquement aux étudiants en écoles hôtelières et aux jeunes découvrant la profession.
Que de chemin parcouru ! Et parmi les évolutions les plus marquantes, il faut citer la féminisation de la profession ! Et cela n’est fini, comme le prouve la création, au sein de l’UDSF, d’une commission innovation dédiée à anticiper les changements à venir.
* Deux femmes ont obtenu le titre de ‘meilleur restaurateur sommelier’ de France : Danièle Carre-Cartal en 1978 et Maryse Allarousse en 1980.
Publié par Paul BRUNET
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