La réalité de la restauration thématique et commerciale expliquée aux députés

Paris Le SNRTC a réuni la semaine dernière plusieurs députés et représentants parlementaires autour d'un déjeuner sur la restauration. Quatre grands thèmes ont été abordés. Son débriefing avec Laurent Caraux, président du SNRTC.

Publié le 04 décembre 2017 à 14:52
Pourquoi cette rencontre ?
Le conseil d'administration du SNRTC était présent. Nous voulons pouvoir expliquer nos problématiques, la réalité de notre secteur. Au terme des élections, nous avons écrit à plusieurs députés, sénateurs et membres du gouvernement, en joignant notre Manifeste de la restauration. Notre objectif est d'entretenir des relations régulières, impératives à la compréhension et aux évolutions de notre activité. Nous avons articulé ce repas autour de quatre thèmes majeurs. Les députés Frédérique Lardet, Véronique Louwagie et Jean-François Portarrieu ont participé à ce déjeuner. Et nous allons rencontré prochainement Valériel Oppelt, Isabelle Valentin et Céline Calvez

Juridique et fiscal - En six ans, la restauration a dû affronter plus de 50 modifications de son environnement législatif et réglementaire. Beaucoup d'entre-elles pénalisent les entreprises de services, grignotant encore et encore sur la marge comme la cotisation sur la valeur ajoutée (CVAE). Les mesures qui vont être prises doivent tenir compte de la fragilité dans laquelle sont aujourd'hui les entreprises à forte main-d'oeuvre comme les nôtres. Il ne faudrait pas, par exemple, que la manière dont va être supprimé du CICE pèse sur l'entreprise. Compte tenu de leur structure, les entreprises du SNRTC peuvent produire des chiffres précis. Nous avons aujourd'hui la capacité d'anticiper l'impact d'une loi ou d'une réglementation, d'en mesurer les conséquences avant sa mise en place. Nous avons une expertise et nous pouvons mettre des éléments concrets sur la table. Des allègements de charges poussent les entreprises à investir, c'est mécanique. Et il y beaucoup d'emplois à la clé. Nous avons aussi évoqué le poids de l'immobilier sur les comptes d'exploitation qui atteint 12%. Les gros bailleurs sont dans une logique anglo-saxonne et ont énormément de mal à comprendre le poids de la masse salariale et des charges. 

Social -  Là encore, il est important que les élus mesurent ce que nous faisons, toutes les améliorations que nous avons apportées, notamment dans le cadre de la mutuelle et de la prévoyance. Dans les entreprises du SNRTC, 90% des salariés sont en CDI. Plus de la moitié a moins de 35 ans, un quart moins de 25 ans. Nous sommes pourtant confrontés à un déficit d'attractivité, lié à une image obsolète du secteur. Nous avons besoin d'un autre regard sur nos entreprises. Nous avons aussi expliqué l'intérêt des contrats courts.

Formation - Nous avons beaucoup insisté sur l'accueil des jeunes. Les entreprises du SNRTC sont à la pointe de l'emploi des jeunes, diplômés ou non. Elles offrent des progressions professionnelles, des constructions de parcours. Nous permettons à de nombreux jeunes de mettre un premier pied dans la vie professionnelle. L'Etat doit nous faire confiance, laisser les branches faire leur travail. Pour les que les choses avancent, nous devons prendre part à la réflexion. L'Etat doit aussi laisser le temps aux réformes de se mettre en place. Nous passons en France d'une réforme à l'autre, sans avoir été au bout de l'une ou de l'autre.

Transparence et qualité - Nous avons un grand besoin de simplification. Prenons le Fait Maison, le débat était louable mais il n'a pas amené davantage de qualité et il a jeté le discrédit à tort sur une partie du secteur. Le métier de restaurateur a profondément évolué et les attentes des consommateurs pour se restaurer sont devenues multiples. Nous avons le devoir de travailler en amont avec la filière agro-alimentaire, qui est une filière d'excellence. Nous devons également répondre à la capacité financière de nos clients. Concernant les nouvelles formes de restauration qui apparaissent, elles font partie du jeu. En revanche, la même réglementation doit être appliquée tous les acteurs d'une même activité.

Publié par Sylvie SOUBES



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