Vendredi, 10 heures du matin. L’une des salles de réunion de l’hôtel Labe, à Tours (Indre-et-Loire), est occupée par la “core team” de la Drawing Hotels Collection. Une dizaine de personnes travaillent aux côtés de Florian Bitker, 37 ans, directeur général du groupe hôtelier fondé en 2017 par Carine Tissot. Un groupe membre de l’écosystème Drawing Society, qui pilote des établissements dont il est propriétaire ou pour le compte d’investisseurs. Le tout dans la dynamique artistique voulue par Carine Tissot, directrice générale de la foire Drawing Now Paris, dédiée au dessin contemporain. Car la touche singulière des hôtels Drawing, c’est de donner carte blanche à des artistes dessinateurs pour penser et réaliser un établissement, en partenariat avec l’agence d’architecture Nido. “ Nous avons trois métiers”, résume Florian Bitker : “Amener le dessin contemporain dans l’hôtellerie – via la marque Drawing –, où l’on achète, rénove, pilote. Gérer des hôtels pour d’autres – via des mandats de gestion – dans le cadre de la Drawing Hotels Collection. Et, enfin, participer financièrement à un projet hôtelier, ce qui a été le cas avec le Labe à Tours, premier “club deal” de Drawing Society.”
“Ouverture vers la province”
Aujourd’hui, Drawing Hotels Collection compte 150 salariés, 5 établisseents à Paris – Drawing Hotel, Drawing House, Miss Fuller, Hotel Arcadie Montparnasse, Waldorf Montparnasse, soit 300 chambres, 2 restaurants et 2 spas – et le Labe, voisin de la gare de Tours. Mais le duo Tissot-Bitker voit plus loin, plus grand, et projette de passer de 6 à 10 hôtels (classés 3 ou 4 étoiles) d’ici à la fin 2027. Une hôtellerie urbaine, avec salles de réunion et des rez-de-chaussée dédiés à la restauration. “Actuellement, nous transformons tous nos mètres carrés sous-utilisés. C’est ainsi qu’une cave parisienne est devenue un jacuzzi, qui rapporte désormais autant qu’une chambre”, explique encore Florian Bitker. Il ajoute : “Lorsque l’on développe un groupe, soit on se spécialise dans un domaine, soit on s’ouvre à autre chose… Nous avons choisi la stratégie de l’ouverture vers la province. Mais nous n’avons pas regardé du côté de Nice, Cannes ou Biarritz, comme beaucoup le font. Nous nous sommes intéressés aux belles endormies en plein réveil, comme Tours ou Angers. Des villes attractives à la fois en termes d’investissement et de rentabilité.” Des villes également proches de la gare Montparnasse – où se situent les bureaux de Drawing Society – en TGV, qui permettent ainsi aux équipes parisiennes de se déplacer à la journée.
“Je suis hôtelier de quartier”
Quand on lui demande ce qu’il fait dans la vie, Florian Bitker répond : “Je suis hôtelier de quartier, je chapeaute un bureau des sourires – je n’ouvrirai jamais de bureau des pleurs… – et je fais en sorte que les personnes qui travaillent à mes côtés soient épanouies.” Un management qui a fait ses preuves : depuis 2022, date d’arrivée de Florian Bitker à la tête de Drawing Hotels Collection, “aucun N-1 n’est parti”. “Certes, reconnaît-il, nous faisons face à un turn-over en service F&B et en réception, car les salariés sont jeunes… Mais, moi-même, j’incite ces jeunes à bouger, voyager, se frotter à d’autres choses. L’important, selon moi, ce n’est pas le turn-over en tant que tel, mais les raisons qui poussent certains à s’en aller.”
Avec cinq années passées en alternance au sein du groupe Marriott, où il a tout fait y compris la plonge en cuisine, puis 14 ouvertures d’hôtel en onze ans, Florian Bitker n’en finit pas de bousculer les idées reçues sur l’hospitalité. Le 3 décembre 2025, il a réuni 20 spécialistes de l’hôtellerie dans une salle de réunion de 40 m2, “pour créer de la proximité et du lien entre les acteurs d’un même secteur, qui travaillent sur les mêmes projets, mais ne se connaissent pas”. De cette émulation de 90 minutes, il en a ressorti une cinquantaine d'idées “pour aider et servir l’hôtelier”. Une initiative spontanée, bénévole, qui s’est terminée par une fête au Drawing House, où plus de 300 professionnels de l’hospitalité ont pu “échanger, nouer des liens et s’amuser”, parce que Florian Bitker veut “voir les gens sourire”.
Publié par Anne EVEILLARD
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