Trop souvent, les signaux annonçant une dégradation de la santé mentale sont ignorés par les chefs d’entreprise, qui compensent en travaillant… encore plus. “En France, on pense que l’on doit faire face et ne pas montrer ses faiblesses. Un chef d’entreprise prend d’abord soin de sa société, et pas de sa santé alors même qu’il est soumis à beaucoup de stress”, constate Jean-Luc Douillard, psychologue-clinicien, expert en prévention du suicide. En 2013, il a cofondé avec Marc Binnié, greffier au tribunal de commerce de Saintes (Charente-Maritime), le dispositif Apesa (Aide psychologique pour les entrepreneurs en souffrance aiguë). L’objectif : repérer les dirigeants en souffrance et leur proposer un soutien psychologique via une prise en charge rapide par des psychologues.
Cinq consultations gratuites
Le dispositif s’appuie sur un réseau national de près de 6 000 sentinelles – des professionnels de terrain (greffiers, avocats, experts-comptables, conseillers des CCI, pairs, etc.) en contact régulier avec des chefs d’entreprise, formés pour repérer les signes de détresse psychologique et déclencher une alerte si l’entrepreneur accepte d’être aidé. Un entretien d’évaluation se déroulera alors avec le dirigeant concerné, qui sera ensuite rappelé par un(e) psychologue en libéral à proximité de chez lui (1 800 collaborent avec Apesa). Il pourra bénéficier de cinq consultations gratuites – la première intervenant dans les cinq jours suivant l’alerte. “Cela permet de retrouver du souffle, de pouvoir poser dans un espace non-jugeant ce que l’on ne peut pas dire”, souligne Jean-Luc Douillard. Le dispositif est aujourd’hui déployé dans 104 tribunaux de commerce en France. L’Umih pourrait bientôt devenir partenaire.
Publié par Laetitia BONNET-MUNDSCHAU
Dialoguez avec nos experts !
(Service réservé à nos abonnés : 3,90€/mois)
Vous souhaitez poser une question
ou ajouter un commentaire ?
Un seul clic pour accéder à la suite :