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Saint-Arcons d'Allier

L'hôtel des Deux Abbesses

Le projet de Geneviève Fustier, maire de Saint-Arcons dans la Haute-Loire, est en passe de réussir. Elle a transformé en partie le village en hôtel « éclaté », avec les chambres dispersées dans différentes maisons rénovées autour du château abritant les services : réception, salle à manger, cuisines, etc.

Par Pierre Boyer


Geneviève Fustier, maire de Saint-Arcons d'Allier : sa combativité et sa pugnacité lui ont permis de mener à bien son projet d'hôtel éclaté.


Sylvain Berthet exploite les Deux Abbesses ainsi que le Relais des Pêcheurs, un café
casse-croûte, à l'entrée de Saint-Arcons. Ce dernier appartient à une société civile immobilière regroupant des artisans et d'autres personnes du village.

L'hôtel les Deux Abbesses, à Saint-Arcons dans la Haute-Loire, n'est pas un établissement comme les autres. Tant par son histoire que par sa conception. Imaginé par Geneviève Fustier, maire du village, et financé en (grande) partie sur fonds publics, il comprend onze chambres réparties... dans huit maisons. « C'est un hôtel éclaté qui fonctionne autour d'un château, où se trouvent la réception, le restaurant et les cuisines » , explique Sylvain Berthet, 34 ans, l'exploitant. Pendant vingt ans, madame le maire a rénové les maisons du bourg principal de la commune, qui regroupe sept villages. « Quand j'ai été élue, en 1977, j'ai décidé de me battre pour relancer Saint-Arcons qui ne comptait plus que 19 habitants. Je voulais quelque chose de très classe, style Relais et Châteaux », se souvient Geneviève Fustier. Elle a obtenu des subventions, « comme toutes les communes », précise-t-elle. Avec toutefois un coup de pouce un peu particulier des pouvoirs publics : 3,5 MF pour mener à bien l'aménagement du village et la réhabilitation des habitations. Madame le maire s'est montrée combative et acharnée pour obtenir gain de cause. Elle a été jusqu'à une grève de la faim de 4 jours en juin 1996.

Meubles auvergnats authentiques

Au total, le projet a représenté entre 6 et 7 MF d'investissements, dont 2 MF d'emprunts de la municipalité. « Aucun privé ne peut, ou ne veut, dépenser de telles sommes dans les zones rurales. C'est donc bien à l'Etat de financer de tels projets. Cela crée de la richesse pour l'ensemble de la société », soutient Geneviève Fustier. Au fur et à mesure des rénovations, en attendant la création de l'hôtel proprement dit, les maisons ont été louées en gîtes. Elles comportent toutes un espace cuisine, qui sert désormais pour la préparation des petits-déjeuners. Les 11 chambres, de 300 à 800 F, possèdent un style marqué. "Il n'y a que des meubles auvergnats authentiques : pas de copies. Ils ont été récupérés sur place ou achetés dans des brocantes et rénovés. Les tapis sont persans ou marocains", ajoute-t-elle. L'ambiance rappelle la vie rurale du début du siècle : lits alcôve, petits rideaux aux fenêtres, poêle en fonte, escalier, meubles en noyer, chêne ou merisier, poutres apparentes, tommettes ou dalles en pierres, etc. D'immenses salles de bains ont été rajoutées : confort oblige !

Un site sur Internet

En 1997, la commune met en place une SARL d'exploitation pour l'hôtel et embauche une directrice. Les premiers mois d'exercice, de juillet à décembre, se révèlent corrects avec 700 000 F de chiffre d'affaires. « Nous nous sommes alors dit que c'était viable pour un exploitant privé », poursuit Geneviève Fustier. Et Sylvain Berthet a racheté le fonds au 1er avril 1998 en reprenant les parts de la société d'émanation communale, pour 150 000 F. A cela il a rajouté 250 000 F pour l'acquisition d'une partie du mobilier et 1,50 MF pour le restaurant, avec une subvention de 10 % de la région. Il a embauché Ludovic Laurenty, qui travaillait dans un Relais et Châteaux à Saint-Tropez. Trois menus s'échelonnent de 120 à 260 F et les plats à la carte de 60 à 120 F. « Nous sommes dans un site remarquable, surplombant la vallée de l'Allier. Aucune voiture ne circule dans le village », souligne Sylvain Berthet, ancien agent d'EDF qui s'est reconverti au métier de cafetier-restaurateur en créant une brasserie à Dole. « Je voulais changer d'horizon, alors j'ai répondu à l'appel d'offres de madame Fustier. » Et les affaires tournent bien. Il emploie une dizaine de salariés contre un au moment du rachat. Il avoue des taux d'occupation en 65 % et 80 %. Les clients, beaucoup d'étrangers, Belges, Anglais, Hollandais, Allemands ou Espagnols, ou bien des Parisiens, des Lyonnais, apprécient beaucoup le cadre. « Ils nous connaissent grâce aux

retombées médiatiques. Les Deux Abbesses ont fait l'objet de nombreux reportages », explique-t-il. Il a aussi lancé un site Internet qui, quinze jours après, a incité deux Californiens à venir dans le haut- Allier. « Les clients se sentent ici comme chez eux. C'est eux au calme. L'absence de télévision dans les chambres est appréciée par certains », poursuit Sylvain Berthet. De plus, la proximité de la base Volvic Aventure permet de proposer des activités nature comme l'escalade, la randonnée ou le canoë. En plus de la piscine installée en terrasse dans le village.

Le revers de la médaille

Mais la médaille de l'originalité possède un, voire deux revers. L'hôtel est hors normes. « Si nous demandions un classement, nous n'obtiendrions qu'une étoile alors que l'établissement est bien au-dessus de cette catégorie », souligne-t-il. Nous ne correspondons à rien pour l'administration. » De plus, l'entente entre madame le maire et l'exploitant n'est pas toujours au beau fixe. Car les relations sont parfois complexes : le château appartient en partie à Geneviève Fustier qui possède aussi certains meubles ou éléments de décoration. La commune est propriétaire des maisons transformées en chambres, et perçoit pour cela un revenu annuel de 180 000 F, pour un budget de l'ordre de 600 000 F. Et Sylvain Berthet possède le fonds. Malgré tout, l'aventure se poursuit. La municipalité continue sur sa lancée avec la réhabilitation de six nouvelles maisons. Mais Geneviève Fustier menace parfois de ne pas les louer à Sylvain Berthet, et de les commercialiser en gîtes ruraux.


Il est possible de déjeuner en terrasse à l'intérieur de l'ancien château.


Ambiance château pour la salle de restaurant.


Au rez-de-chaussée : lit alcôve, tomettes, tapis, meubles anciens et poêle en fonte pour se replonger dans le passé.

Du caractère auvergnat

Les onze chambres de l'hôtel les Deux Abbesses à Saint-Arcons d'Allier (Haute-Loire) présente un caractère d'authenticité. Dispersées dans huit maisons du village, elles portent des noms qui font revivre le passé de la commune : ancienne cure, maison Carabo, maison du notaire bas... Elles possèdent des vieux meubles régionaux, des vitrines d'objets d'autrefois, des œuvres d'artistes contemporains. Les rues pavées constituent, en quelque sorte, les couloirs de l'hôtel. Le château du XIIe siècle, devenu prieuré au XVIe, regroupe la réception, la salle à manger, tout simplement seigneuriale, les cuisines. Son jardin à la française est devenu salon de thé. La maison du notaire haut, par exemple, dispose d'une mezzanine et d'un jardin privatif. Celle de Carabo est en duplex avec un lit en alcôve. La chambre du 1er étage de l'ancienne cure, avec sa cheminée renaissance, dalles de pierre, terrasse et jardin privatif se loue 800 F. La maison des Besson, en rez-de-chaussée, recrée une ambiance 1930 avec mezzanine et balcon. Au premier étage, c'est un appartement avec fenêtres à meneaux, salle d'eau et immense salle de bains.


Coin bureau et cheminée renaissance dans la maison des Besson.


Salle de bains : vaste et lumineuse au rez-de-chaussée de la maison des Besson.


Ambiance 1930 avec des meubles d'époque.


L'HÔTELLERIE n° 2586 Magazine 05 Novembre 1998

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