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Placements 2000 : la prise de risque non récompensée

Depuis quelques années, les gestionnaires de patrimoine ne cessent de pronostiquer la fin de la rentabilité des produits sans risque. Du coup, de nombreux épargnants ont abandonné les placements investis en obligations pour le monde des actions. Mais si les performances 1999 ont donné raison à ceux qui ont délaissé les produits de taux, celles de 2000 semblent leur donner tort. Alors que faire de son épargne en 2001 ?

L'année 2000 avait commencé brillamment pour les actions, surtout pour celles émises par des sociétés de la Nouvelle économie. Les performances alors enregistrées ont convaincu les derniers réticents à abandonner la sécurité des placements dits de taux (contrats d'assurance-vie en francs, Sicav ou FCP monétaires, obligations...) au profit des actions. Mais beaucoup d'épargnants avaient oublié que les cours boursiers pouvaient être très volatils et envisagent à présent de faire la démarche inverse.
Effectivement, en 2000, c'est essentiellement l'immobilier et les placements investis dans des produits, dont l'évolution dépend de celle des taux d'intérêt, qui ont affiché les meilleures performances. Ainsi, l'immobilier parisien de rapport a affiché une hausse moyenne de 17 %, les contrats d'assurance-vie 'classiques' ont offert des rendements qui ont, pour certains, dépassé largement les 6 %, alors qu'à l'autre bout de l'échelle, les Sicav investies en actions françaises ont perdu 1,26 %, les Sicav or et matières premières, près de 30 %, et l'indice Nasdaq (valeurs technologiques cotées aux Etats-Unis) est passé de 5 048 points à 2 065 points en 1 an. Faut-il en conclure qu'en 2001, il faut retourner vers les placements sans risques ? Certainement pas. Un investissement ne se juge pas sur une année, surtout un placement boursier. De plus, il est impossible de prédire aujourd'hui si les performances 2001 seront comparables à celles enregistrées en 2000 ou en 1999.
En fait, un patrimoine ne se gère pas au gré des tendances du moment, mais se compose en fonction des possibilités d'épargne de l'individu, en tenant compte de ses objectifs, de son goût du risque, de son âge, de sa situation de famille. C'est ce qu'ont oublié tous les épargnants qui ont vidé, sur un coup de tête en février 2000, leur plan d'épargne-logement pour acquérir des actions de la Nouvelle économie, oubliant que l'on ne doit jamais 'jouer en Bourse' l'épargne dont on risque d'avoir besoin.

Le point sur les performances 2000

En règle générale, une Bourse mauvaise redonne aux investisseurs le goût de l'immobilier locatif. Mais, la hausse des prix constatée depuis deux ans a fait chuter les rendements locatifs. De plus, la fiscalité réduit encore la rentabilité de ce type de placement, et les revenus fonciers sont imposés au taux marginal du barème progressif de l'IRPP (Impôt sur le revenu des personnes physiques). Il ne faut pas oublier que s'y ajoutent ensuite 10 % de prélèvements sociaux, 2,5 % de Contribution représentative des loyers (la CRL remplace la taxe additionnelle) et les impôts fonciers (entre 1 mois et 1 mois et demi de loyers). D'où un rendement net peu élevé si vos revenus sont imposés au-dessus de 40 %.
Jouer la plus-value n'est guère plus certain en ce moment. Les biens sont devenus chers à Paris comme dans certaines métropoles de province, et les bonnes affaires deviennent rares.
De même, si en 2000 les contrats d'assurance-vie investis en obligations ont affiché des performances largement supérieures à celles des contrats multisupports comportant essentiellement des supports actions, il ne faut pas en déduire que vous avez fait une erreur en souscrivant un contrat en unités de compte. Les performances des actions, qu'elles soient acquises en direct ou par le biais d'un contrat multisupports, doivent être analysées sur le long terme, et les rendements de 1999 n'ont pas été entièrement annulés par les mauvais résultats de 2000. Il ne faut pas oublier qu'entre le 31 décembre 1990 et le 31 décembre 2000, le CAC 40 a gagné 290,4 % ! Conservez donc votre contrat multisupports.
Sachez toutefois que l'on ne doit pas investir toute son épargne sur un même support ; il faut la répartir entre le support sécuritaire investi en obligations et les supports plus dynamiques placés plus ou moins majoritairement en actions. La répartition varie selon l'âge et l'utilisation que l'on souhaite faire du capital ainsi constitué. Plus on se rapproche de la date d'utilisation du capital accumulé ou plus on avance en âge, plus il faut renforcer le support sécuritaire pour se mettre à l'abri d'une contre-performance boursière.
La remontée des taux d'intérêt enregistrée en 2000, mais plus encore la multiplication des banques en ligne, ont entraîné une véritable surenchère sur les taux de rémunération proposés pour des livrets bancaires. Il est dorénavant possible de placer jusqu'à 10 millions de francs à 5,3 % brut (3,975 % net). Un taux qui peut s'avérer intéressant pour placer son épargne de trésorerie, c'est-à-dire, pour les sommes qui dorment sur votre compte en attente du paiement de vos cotisations sociales ou de factures. Et qui sait, si vous le lui demandez, votre banquier habituel vous proposera peut-être une rémunération équivalente sur un compte à intérêt progressif ou sur un super-Codevi.

Quelles conclusions ?

Le changement de paysage conjoncturel aux Etats-Unis, les corrections boursières en cours, l'Europe - encore pour combien de temps à l'écart des perturbations économiques - rendent difficiles les définitions de stratégie patrimoniale. Il semble que pour l'heure, mieux vaut jouer à court terme la carte de la prudence. Ce qui concrètement signifie, d'une part, qu'il vaut mieux placer pour un temps ses économies sur des placements sûrs comme les livrets bancaires, les contrats d'assurance-vie en francs - il sera temps de revenir vers des produits plus rémunérateurs mais plus risqués quand la situation sera clarifiée -, et d'autre part, qu'il faut profiter plus que jamais des avantages offerts par certaines enveloppes. C'est notamment le moment de redécouvrir les charmes du Plan d'Epargne Populaire qui, même géré sous une forme plus dynamique (PEP dit boursier), garantit au souscripteur de retrouver le capital investi après 8 ans.
Quant à ceux qui voient s'écrouler leur portefeuille boursier, mieux vaut jouer la carte de la patience pour les actions de l'ancienne économie, mais en revanche, surveiller les cours de leurs titres de la Nouvelle économie pour les céder au moindre signe de reprise, même si tous les spécialistes de ces valeurs n'envisagent pas d'embellie des cours avant 1 an. Prudence donc pour l'instant.
M.-C. Barbier zzz66f


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L'HÔTELLERIE n° 2714 Hebdo 19 Avril 2001


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