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Vie professionnelle
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L'assemblée générale du syndicat à Calais

Dur, l'après duty free

Les ventes hors taxe à bord des ferries aux terminaux ou aux aéroports ont disparu en Europe depuis le 1er juillet 1999. Les compagnies maritimes se sont adaptées à cette nouvelle donne en se repositionnant sur le strict marché du transport.

Les ventes à bord représentaient, il y a deux ans, plus de 50 % de leur chiffre d'affaires... Depuis, cette manne a disparu. Les coûts de traversée sont à présent réels, et sont passés de rien à 100 F à une fourchette de 600 à 2 000 F. Sur l'ensemble de l'année dernière, le trafic passager a baissé de 1 million d'unités, soit 6 % environ et en ce début d'année, le trafic passager comme de véhicules de tourisme baisse de près de 18 % sur deux mois. Dans le détail, on note l'effondrement du trafic piéton et la forte baisse du trafic excursionniste d'un jour. Lors de l'assemblée générale du Syndicat des CHR le 20 mars dernier, la profession notait un chiffre d'affaires en baisse de 20 à 30 % dans les secteurs les plus touchés, les cafés et restaurants de moyenne et petite gamme.

40 % de day trippers en moins
A la cité Europe, Bernard Hapiette, le plus gros exploitant, signale une baisse de 15 %. Certains, très dépendants des day trippers, les voyageurs d'un jour venus pour le shopping à bord et descendus le temps d'un repas et de quelques verres, perdent jusqu'à 40 %. "Nous avons eu des week-ends corrects, mais l'irrégularité s'installe", nous a confié Pierre Nouchi, La Sole Meunière à Calais, président des restaurateurs. Selon nos sources, la restauration au-delà de 200 francs de ticket moyen et l'hôtellerie souffrent moins. Cela s'explique par l'analyse du but des voyages britanniques. Ne restent désormais que les "vrais" touristes, ceux qui viennent pour un séjour d'agrément et non d'approvisionnement en alcools détaxés. Il reste toutefois encore un marché pour ces derniers, puisque les Anglais sont encore attirés par la différence de droits d'accises entre les deux pays. Mais ils voyagent moins souvent, sont lourdement chargés et ne viennent pas pour un bon repas au restaurant. Tout cela sera encore affiné par une enquête menée par un comité de pilotage présidé par le sous-préfet. A la suite de cette initiative viendra à l'ordre du jour la question de l'utilisation du budget "après duty free" décidé en comité interministériel d'aménagement du territoire, soit 125 MF pour Calais, dont 25 millions immédiatement disponibles. Quelle que soit l'utilisation de ces fonds, la restauration calaisienne devrait en bénéficier indirectement.

35 heures, sécurité, fiscalité
L'assemblée générale a reconduit en gros son bureau, avec toutefois deux entrants : Patrice Haultcoeur de l'Holiday Inn de Calais et Philippe Mené des Dunes, à Blériot-Plage. Raoul Degroote, La Ferme Normande, à Coulogne, est réélu président du Syndicat des CHR de Calais et de ses environs ; Bernard Beauvalot du George V, président des hôteliers ; François Bettremieux, président des cafetiers ; Pierre Nouchi, président des restaurateurs. L'AG a également mis l'accent sur les problèmes généraux de la profession : 35 heures, fiscalité, mais aussi les problèmes de sécurité en ville et la nécessaire rénovation urbaine de Calais. Certains adhérents ont parlé de délabrement de quelques îlots. S'agissant de la sécurité, les professionnels ne se plaignent pas vraiment d'agressions directes, mais craignent une dégradation de la quiétude urbaine du fait de la présence de nombreux ressortissants kosovars, albanais et d'autres pays de l'Est en attente d'un hypothétique passage en Grande-Bretagne. A cette inquiétude n'apparaît pas encore de réponse claire.
A. Simoneau


Au centre, Raoul Degroote, président du syndicat, entouré à sa droite du sous-préfet de Calais, Yannick Imbert, et du président (au premier plan) du Syndicat du Pas-de-Calais, Marcel Déplanque.

Terrasses et TVA

Les membres du syndicat ont décidé d'une grève de l'affichage en euros pour protester contre le maintien du taux "normal" de la TVA à 19,60 % sur la restauration. Le sous-préfet, Yannick Imbert, a eu beau plaider le fait que cette décision ne pouvait être qu'européenne, les restaurateurs calaisiens afficheront leurs prix en francs ou en livres, mais pas en euros...
Les restaurateurs sont également très émus de l'augmentation très brutale (on parle d'une multiplication par six à huit) de la redevance d'occupation du domaine public maritime pour les terrasses situées en bord de mer. Et comme derrière se profile celle des municipalités, la colère gronde sur fond de baisse des recettes issues du transmanche.


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L'HÔTELLERIE n° 2665 Hebdo 11 Mai 2000


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