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Villages Hôtel à Lyon

La Chambre syndicale monte au créneau...

Les professionnels voient d'un mauvais œil l'ouverture d'un "Village Hôtel" de 104 chambres en centre-ville. Pour tenter de geler le projet, un recours sera déposé devant le Tribunal Administratif.

L'annonce est alléchante. Avec l'ouverture programmée en avril 98, Villages Hôtel Espace propose"104 chambres spacieuses et climatisées en plein cœur de Lyon". Les tarifs font frémir les hôteliers voisins et émeuvent la Chambre Syndicale : 190 francs la chambre pour 1, 2 ou 3 personnes ; 230 francs la chambre familiale 4 personnes.

L'histoire de ce nouvel hôtel est déjà ancienne puisqu'elle débute le 17 juillet 1990 avec le dépôt d'un permis de construire par le groupe Satis, filiale de la Compagnie foncière et financière de Suez. L'acquisition, en défiscalisation, est faite au profit de Choice International qui doit exploiter l'enseigne "Quality Inn" en trois étoiles.

Pourtant, même si la date d'achèvement des travaux est signifiée le 27 avril 1992 et s'il bénéficie d'un certificat de conformité délivré le 22 juillet 1993, l'établissement où, dit-on, 50 MF ont été investis... n'ouvrira jamais ses portes !

Au 95 cours Gambetta, au cœur du 7ème arrondissement de Lyon, il reste à l'état mort-né... jusqu'à ce qu'Alain Jacquier lui porte un certain intérêt.

A la fin de l'année 97, le P-dg de "Villages Hôtel" s'en porte acquéreur à un prix que certains qualifient de... bradé. Un chiffre circule, 10 MF, récusé par Patrick Jacquier, directeur général du groupe... L'ouverture programmée pour mars 98 émeut les professionnels du secteur et la Chambre syndicale de l'industrie hôtelière du Rhône n'y reste pas insensible... "Cet hôtel n'a jamais ouvert à cause de la crise et n'a jamais été équipé. Aujourd'hui, alors qu'il était prévu en trois étoiles, avec climatisation et des chambres d'une surface supérieure à 20 mètres/carrés, il va être proposé en hôtellerie économique sans étoile. C'est grave", affirme Roland Bernard.

Outre le fait que la "vocation première est détournée", le président des Hôteliers du Rhône s'inquiète de cette "concurrence déloyale" qui peut jeter le trouble dans l'esprit d'une clientèle qui pourrait désormais douter de l'éthique des classifications d'hôtels. "On assiste à un passage en force avec une déclaration de travaux pour la modification de l'entrée et la pose d'une enseigne commerciale", insiste-t-il.

Roland Bernard le dit clairement, il juge la situation "inacceptable" et pour ses adhérents, entend aller au bout de la démarche.

Après une rencontre avec Guy Malher, président de la Chambre de commerce et MM. Saury, directeur général, Voiron, directeur de la branche commerciale et Veilex chargé de l'hôtellerie et de la restauration, la Chambre syndicale s'est totalement mobilisée. Et tant la mairie que la préfecture ont été alertées pour que cette ouverture n'ait pas lieu.

"Nous irons au bout et c'est pour cela que nous avons confié le dossier à un avocat pour un recours au tribunal administratif. Si c'est une concurrence déloyale, nous saisirons la direction de la concurrence et des prix. Avec l'automatisation, il n'y aura aucune création d'emploi (1), mais cela va par contre entraîner la disparition dans la périphérie immédiate d'hôtels traditionnels assurant des prestations à travers des emplois salariés.

Les professionnels de Lyon sont exaspérés de constater, en outre, qu'un membre du directoire de la FNIH (NDLR : Alain Jacquier), supposé ardent défenseur de l'hôtellerie traditionnelle et indépendante, puisse se conduire ainsi en renonçant à ouvrir cet hôtel en catégorie trois étoiles (2).

Il cherche la concurrence déloyale en détournant cet établissement de sa vocation initiale qui n'était surtout pas le zéro étoile ! Cette ouverture met dans le désarroi et la difficulté des établissements voisins de deux et trois étoiles qui ont énormément investi à la fin des années 80 pour mettre leurs hôtels aux normes européennes. Si les pouvoirs publics, les différents décideurs économiques, le maire et son conseil municipal ne sont pas sensiblisés par ce problème, on verra arriver un grand nombre d'hôtels zéro étoile intra-muros.

Or cela ne va pas dans le sens et la volonté d'un label international revendiqué pour l'organisation de différents congrès et salons où il est préférable de disposer d'hôtels 3 et 4 étoiles", dit enfin Roland Bernard bien décidé à "aller au bout" de la démarche.

J.-F. Mesplède

jfmesplede@lhotellerie-restauration.fr

(1) Voir la réaction de Patrick Jacquier à ce propos.

(2) Après examen des dossiers par la CDAT, Villages Hôtes s'est vu refuser en 1997, l'ouverture de deux établissements de 70 chambres à Limonest et Chassieu dans la périphérie lyonnaise. Accor également sur la demande d'un Etap Hôtel de 99 chambres à Lyon.

Futurs Villages Hôtel de Lyon.

Patrick Jacquier : "il existe un créneau"

Directeur Général de Villages Hôtel, Patrick Jacquier confirme que l'ouverture de cette unité de 104 chambres est programmée pour avril 1998. Il affirme que le rachat ne "semblait pas intéresser un Lyonnais".L'Hôtellerie :

Vous avez donc racheté un hôtel programmé en trois étoiles pour l'ouvrir en hôtellerie économique avec des chambres à moins de 200 francs...

Patrick Jacquier :

"Un jour ou l'autre cet hôtel devait être repris. Si le marché lyonnais n'est pas trop mal assaini, le secteur des 2 et 3 étoiles est davantage saturé. Nous continuons simplement ce que nous faisons en matière économique, c'est-à-dire une adéquation entre le prix d'achat et le prix de vente."

L'H. :

A quel prix ? Certains parlent de 10 millions de francs ?

P. J. :

"J'aimerais bien. C'est plus, mais je n'ai pas à donner le chiffre. Voici quelques années, j'avais déjà visité cet hôtel à titre personnel. Il a été suffisamment longtemps en vente pour que tout le monde ait le temps de s'y intéresser. Il fallait trouver un acheteur."

L'H. :

Mais n'est-il pas gênant de vendre des chambres spacieuses et climatisées à un prix aussi bas ?

P. J. :

"Je crois que cette hôtellerie économique correspond à un marché. C'est une offre supplémentaire sur Lyon et l'emplacement n'est pas si facile que cela puisqu'aucun Lyonnais ne s'y est intéressé ! Ce n'est peut-être pas si intéressant que ça..."

L'H. :

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de ne pas créer d'emploi ?

P. J. :

"Je ne peux pas vous dire exactement le nombre mais des emplois seront créés, entre 7 et 10 probablement. Nous avons besoin de personnel de service et de réception et tout dépendra de notre taux d'occupation."

L'H. :

Justement, sur quelle base partez-vous en ce domaine ?

P.J. :

"L'étude en ce domaine n'est pas totalement terminée puisqu'il s'agit pour nous d'un produit nouveau en centre-ville (1). Je veux donc rester très prudent même si nous sommes sur un marché économique porteur. Ce marché est aujourd'hui une réalité et il serait dommage de se priver d'une clientèle."

(1) Villages Hôtel représente 31 hôtels (0 étoile) pour 2.300 chambres avec un TO de 82% et un CA de 100 MF annoncé pour 1997.


L'HÔTELLERIE n° 2552 Hebdo 12 mars 1998

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