Inquiétudes après le passage de l'ouragan Berth
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Inquiétudes après le passage de l'ouragan Bertha

Dix mois après le passage de Luis, Saint-Martin et Saint-Barthélemy ont été une nouvelle fois touchées par un ouragan, Bertha. Bilan : peu de dégâts, mais des inquiétudes quant à la perception du phénomène sur le marché touristique.

Dans la nuit de dimanche 7 à lundi 8 juillet, Bertha, un ouragan de classe 1, s'est abattu sur Saint-Martin et Saint-Barthélemy, chargé de pluies torrentielles et de vents d'une intensité moyenne de 130 km/h soufflant en rafales jusqu'à 170 km/h. Rien de comparable au précédent Luis, survenu il y a dix mois. Les dégâts, cette fois, sont mineurs.

A Saint-Barthélemy, hormis le port de Gustavia, très endommagé par l'action des vagues, Bertha a laissé peu de traces : piste de l'aéroport ensablée, végétaux emportés, un caboteur échoué...

«Sur le plan des infrastructures hôtelières et de restauration, rien de grave, confirme Elise Magras, présidente de l'office de tourisme. Des infiltrations d'eau et des problèmes avec le sable et les vagues pour ceux qui ont trop «grignoté» sur le rivage.»

A Saint-Martin, même paysage : bancs de sables déplacés, petits végétaux emportés, bateaux échoués, et des dégâts sur l'enrochement du front de mer. Mis à part certains établissements hôteliers non réparés depuis Luis qui ont «rendu l'âme», tel Le Belvédère à Cul-de-Sac, les infrastructures hôtelières et de restauration ne déplorent également -dans l'ensemble- que des problèmes d'infiltration d'eau et d'ensablement pour ceux situés en bord de mer.

2 MF débloqués pour
la promotion

Rien ne remet donc en cause la saison touristique d'été qui débute : le paysage est intact et la quasi-totalité des infrastructures touristiques sont opérationnelles sur les deux îles dans des conditions d'accueil optimales.

Mais cette saison cyclonique qui débute fort tôt -la partie la plus active se situe généralement en septembre et non en juillet- fait naître actuellement beaucoup d'inquiétudes sur le devenir d'une économie touristique déjà très affaiblie. Conséquences de Luis, le taux d'occupation des hôtels de Saint-Martin pour la haute saison d'hiver a été inférieur de 30 à 50% à celui de l'an dernier. Certains agents de voyages et tour-opérateurs ont clairement boycotté la destination et continuent à le faire. Après Bertha, quelle sera leur attitude ?

«Cette saison cyclonique qui ne fait que débuter nous met à rude épreuve, confirme Roméo Fleming, président de l'office de tourisme de Saint-Martin. Il va nous falloir poursuivre une promotion massive compte tenu de la mauvaise publicité qui est faite autour de ces cyclones.»

Pour l'heure, dans les hôtels, aucune annulation n'aurait été enregistrée. Mais la vigilance est de mise sur un marché français encore sensible. La région Guadeloupe est déjà prête à consentir à Saint-Martin une aide de 2 MF pour accentuer les actions de promotion et de relance de la destination. La semaine prochaine, les hôteliers devraient se réunir pour décider d'un plan d'actions.

S. Jullien-Para

L'ouragan Bertha n'a pas fait autant de dégâts
que Luis, passé il y a dix mois seulement !

Pour tenter de résoudre un litige vieux de cinq ans, un couple de restaurateurs vendéens a engagé une grève de la faim.

Le 1er juillet 1996, Véronique et Christian Gayou ont entamé, en désespoir de cause, une grève de la faim devant leur «Crêperie bretonne» de La Roche-sur-Yon. Objectif : alerter l'opinion sur la bataille de procédures qui, depuis plusieurs années, les oppose à leur propriétaire, à un notaire, à une agence immobilière et aux services sanitaires départementaux. Une guérilla onéreuse- «Nous avons déjà dépensé plus de 100.000 F en frais d'avocats, explique le mari, sans compter tous les dossiers que nous avons montés.»- et usante. Le Cidunati départemental, dont le commerçant est responsable de la section hôtellerie, en profite pour stigmatiser les problèmes de baux commerciaux existant partout dans l'Hexagone.

Un conflit à plusieurs niveaux

Depuis près de 6 ans maintenant, le différend perdure. Sans commenter ce litige privé en cours d'arbitrage par la justice, on peut résumer les faits ainsi. En octobre 1990, M. et Mme Gayou reprennent une crêperie à hauteur de 143% du prévisionnel. Un coût certes élevé mais, «une clause le spécifiait, deux appartements venaient en prestations annexes», explique le restaurateur. Les banques semblent d'ailleurs l'avoir intégré dans leur raisonnement pour débloquer les prêts.

8 mois plus tard, alors que l'établissement affiche complet presque tous les midi (40 couverts), la propriétaire de 85 ans attaque les gérants en sous-location illicite au motif que les appartements ont été loués sans qu'elle y soit associée. Elle sera déboutée fin 94. Le notaire et l'agent immobilier qui avaient déjà négocié l'affaire en février de la même année, avaient omis de lui signaler cette clause. Ils ont d'ailleurs été condamnés le 18 juin 96 à dédommager les hôteliers de tous préjudices. Puis ce fut au tour des services sanitaires n'ayant pas enregistré de déclaration préalable... Bref, le début d'un véritable casse-tête administratif à plusieurs niveaux sur fond de superficie contestée. Près de 52 m2, et la taxe professionnelle inhérente, continuent en effet de poser problème

«Alors, comme nous ne sommes pas prêts à tenir 10 ans à ce rythme, de procédures en appels, nous avons opté pour une solution ultime», poursuit Christian. Dans cette ville suréquipée en structure de restauration -La Roche-sur-Yon pourrait nourrir près de 100.000 personnes quand elle en compte à peine 48.000-, «comme un congé de bail nous a été signifié depuis deux ans, notre fonds de commerce n'a plus aucune valeur commerciale». Prisonnier de son investissement, il espère depuis une dizaine de jours (au 11 juillet) le début d'une négociation. Pour aboutir soit au versement d'une indemnité d'éviction, soit à un nouveau bail détaillé en bonne et due forme. Mais pour l'heure, chacun campe sur ses positions et attend la suite du feuilleton judiciaire.

S. Corre



L'HÔTELLERIE n° 2468 Hebdo 25 juillet 1996


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