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DECORATION
Mobilier

Le meuble de travail

Un élément décoratif recherché

Rien de plus original pour décorer un établissement que de l'agrémenter de meubles de travail. Bouchers, boulangers, épiciers... travaillaient autrefois sur de petites œuvres d'art. En Morbihan, Jean-Marie Seillon les retrouve, les rénove et les vend.

Par Olivier Marie

Alain Duhoux, de l'Escu de Runfao à Rennes, confiait récemment qu'un établissement doit ressembler à un plat : "Il doit tout d'abord satisfaire la vue, l'odorat et enfin le goût." Tout le monde en convient, une belle assiette, aussi réussie soit-elle, ne suffit pas à elle seule à attirer le client. Satisfaire la vue en proposant une décoration séduisante, voilà un atout de choix. Près de la Gacilly en Morbihan, à Saint-Martin-sur- Oust, Jean-Marie Seillon possède un trésor à faire pâlir les restaurateurs en quête d'originalité. Antiquaire ébéniste, il acquiert, rénove et vend des meubles de travail en général et des billots de bouchers en particulier. "J'en possède environ une cinquantaine en stock, assure-t-il. De tous les styles." Alignés les uns contre les autres dans un coin de son entrepôt, quelques billots attendent d'ailleurs de passer sous les rabots de l'artisan. Chacun possède son petit détail particulier qui le différencie des autres : avec ou sans fronton, avec ou sans tiroir galbé, de quatre à six pieds, de cent à trois cents kilos, de un à trois mètres de long etc. Il y en a pour tous les goûts... et pour toutes les bourses - tout dépend de la commande, mais il faut compter plusieurs milliers de francs.
"Je récupère les billots grâce à du bouche à oreille en fouinant, ou grâce à des rencontres sur les foires expos... Mais en l'état, lorsque je les achète dans les boucheries, ils sont invendables." Jean-Marie Seillon s'attache alors à leur redonner une vie et une utilité. Il les rénove donc dans son atelier en travaillant avec différents corps de métiers. "Le temps passé sur un ouvrage dépend de son importance. Cela va de quelques jours à plus d'une semaine." Achevés, certains billots retrouvent leurs pieds sculptés Art déco, leurs frontons ornés de coquilles ou de têtes de vaches en bronze, leurs frises en bois... La table de travail constituée d'un assemblage de cubes en charme rejoint son meuble en hêtre dans lequel elle vient s'encastrer. Les tiroirs coulissent ou se lèvent etc. De véritables pièces de musées à l'image de cette table de présentation de boucherie en marbre, les pieds en fer forgé. "Une table extrêmement rare", tient à souligner Jean-Marie Seillon.
Mais la boucherie n'est pas seule représentée. On retrouve également des meubles de boulangers, limonadiers, épiciers etc. Ici une machine à découper le jambon du siècle dernier, là une balance en céramique aux armes de la ville de Paris, d'anciennes glacières à l'intérieur zingué, un comptoir d'hôtel avec sonnette sur le pupitre, un parisien de boulanger en hêtre et peuplier, un zinc de bar etc. "Ces meubles sont très recherchés outre-Atlantique. Les Américains en raffolent et se les arrachent. De nombreux meubles que je restaure sont d'ailleurs destinés à décorer des restaurants."
Et pour ceux que les meubles n'intéresseraient pas, Jean-Marie possède un véritable écomusée renfermant une multitude d'outils anciens, toujours en rapport avec les métiers de bouche : moulin à blé noir, râpe à choux, casse-sucre d'épiciers...


Billots de boucher restaurés.


Machine à découper le jambon.


Glacière.


Table de présentation de boucherie en marbre et fer forgé ; bance en céramique.


L'HÔTELLERIE n° 2595 Magazine 7 Janvier 1999

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