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Almafin reprend City Hotels

Le fonds d'investissements belge Almafin reprend City Hotels des mains de la famille Hasson Israël. Les difficultés de la branche hôtelière américaine du groupe et l'échec d'une tentative d'augmentation de capital ont eu raison de l'indépendance de l'affaire.

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Yves de Koster (à gauche) et Albert Hasson.

Les familles Hasson et Israël se retirent du groupe hôtelier City Hotels qu'elles ont créé et brillamment développé depuis près de 10 ans. Leur partenaire financier, le fonds d'investissements bruxellois Almafin, déjà actionnaire à hauteur de 30 % des parts, vient de lancer une OPA qui devrait lui permettre de contrôler au minimum 75 % de l'affaire dès mars prochain. Le flottant représente actuellement 40 % des parts. Le prix proposé, 23 e l'action, alors que l'action cotait 70 e, il y a un an semble bien peu généreux. Mais vendredi 25 janvier dernier, l'action a clôturé à 22,5 e, et les affaires américaines du groupe vont si mal actuellement que l'actif net est évalué au mieux à 15 e par action, disent les analystes bruxellois. Il est donc bien probable que les actionnaires privés s'en contentent, et les familles Hasson et Israël ne sont plus en position de discuter.
Cette évolution était prévisible dès les débuts du partenariat entre Almafin et les actionnaires historiques de City Hotels en juillet 1997. Victor Hasson, le chef de clan, avait dans un premier temps dilapidé une partie non négligeable de ses premiers succès hôteliers dans la création de City Bird, une compagnie aérienne de charters et low costs qui a fait faillite l'an dernier. La partie hôtelière confortée par Almafin a repris le développement, amorçant un retour en Europe avec l'achat du Renaissance de Bruxelles et la construction d'un Marriott. Mais les 8 hôtels américains, non encore vendus au moment du plongeon de l'économie américaine, pèsent lourd dans les comptes depuis 6 mois.

Accélération
Le mouvement s'est accéléré ce début d'année. Pris à la gorge par une échéance, City Hotels a tenté une dernière manœuvre en présentant une augmentation de capital à la Bourse de Bruxelles, assortie d'un emprunt obligataire, pour un total de près de 56 Me. Les épargnants n'ont fait honneur qu'à 10 % du montant demandé. Almafin apporte alors ce qui manque pour faire face aux échéances, souscrit aux deux tiers à l'augmentation de capital comme à l'emprunt, et reprend au passage les parts des actionnaires historiques au prix de 20,7 e l'action. A présent, le fonds contrôle 70 % de City Hotels. L'OPA sera officiellement déposée le 20 février. Dans l'esprit de chacun, Almafin est déjà seul aux commandes, et le retrait de la Bourse semble inéluctable. Almafin sera alors un propriétaire de murs d'hôtels parmi d'autres, associé par contrats de management et de franchises à des exploitants de grandes marques de chaînes.
Yves de Koster, administrateur délégué, a exposé à Bruxelles, devant la presse belge, l'obligation de revoir la stratégie du fonds hôtelier dans un sens moins dynamique. City Hotels devait multiplier par 5 son portefeuille immobilier hôtelier et investir 1 MdE. Un objectif fixé en plein haut de cycle hôtelier de part et d'autre de l'Atlantique. Le groupe devra choisir entre brader ses actifs nord-américains ou attendre la reprise pour les vendre, alors que les plus-values immobilières sont bien son cœur de métier. Il paraît difficile également d'aller plus loin à court terme que ses engagements actuels en Europe. L'achat du Holiday Inn de Nice (10,87 ME), la construction d'un Marriott et la reprise d'un Swisshotel rebaptisé Renaissance à Bruxelles (85 ME environ), et l'achèvement d'un 46 chambres à Paris sous enseigne Radisson SAS (11 ME) suffisent sans doute à la peine du moment. Reste à voir si Almafin entend rester investisseur hôtelier. Même si l'entreprise se recentre sur l'immobilier et abandonne l'exploitation, le bureau d'études de City Hotels, qui a fait la fortune du groupe en son temps, est une affaire de professionnels, que dirigeait jusqu'à présent Albert Hasson, frère de Victor.
A. Simoneau zzz16 zzz70


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L'Hôtellerie n° 2754 Hebdo 31 Janvier 2002 Copyright ©

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