Tradition alsacienne, les marchés de Noël provoquent un pic de fréquentation chaque année dans la région. Leur ancrage historique – le Christkindelsmärik de Strasbourg est né en 1570 – attire un nombre croissant de visiteurs français et internationaux, notamment Suisses et Allemands, dans de nombreuses villes, comme Colmar, Kaysersberg, Riquewihr, Ribeauvillé ou encore Mulhouse.
Cette fréquentation impacte directement les professionnels de l’hébergement : entre le 23 novembre et le 31 décembre 2024, ces marchés ont ainsi généré 5,3 millions de nuitées dans la région, indique le cabinet Coach Omnim. Les taux d’occupation bondissent : 82,3 % en décembre dans le Bas-Rhin, 79,3 % dans le Haut-Rhin (contre une moyenne annuelle respective de 63 % et 60,7 %) et des pointes proches de 95 % à Strasbourg, détaille le cabinet d’études spécialisé en hôtellerie. Cette demande soutenue entraîne une hausse marquée des prix, comme à Strasbourg, où les tarifs doublent dans les hôtels trois étoiles et plus
Une montée en gamme qui montre ses limites
Ce dynamisme de fin d’année s’inscrit dans un contexte d’évolution du parc hôtelier, avec des établissements un peu moins nombreux mais plus grands, et qui montent en gamme. Ainsi, entre 2019 et 2025, Strasbourg a vu le nombre de chambres croître de 15,6 %, et Colmar de 2,2 %, précise Coach Omnium. De plus, 43 % des hôtels strasbourgeois “se classent en haut de gamme à luxe, contre 35 % en 2019. C’est 18 % sur le plan national”, note Mark Watkins, directeur associé.
Cependant, cette montée en gamme montre ses limites, estime ce dernier : “Ces établissements ne vendent pas à leur juste prix eu égard à leur gamme. Ce qui signifie qu’il n’y a pas de clientèle à l’année en suffisance.“ Et l’expert de craindre un “effet domino” : “Les hôtels haut de gamme ‘cassant’ leurs tarifs, les catégories en-dessous font également dégringoler les leurs. Bref, trop de 4 étoiles nuit à l’ensemble du parc hôtelier dans toutes les gammes”, fragilisant la rentabilité des établissements et la qualité de service.
Sans compter les tensions qui apparaissent localement en raison des difficultés de circulation et de stationnement, les zones de contrôles, voire une perte d’authenticité ressentie par certains. Un équilibre difficile à trouver, entre respect de la qualité de vie des habitants et gestion des pics de fréquentation touristique.
Publié par Roselyne DOUILLET
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