L'hôtellerie de luxe est-elle trop présente à Paris ?

Paris (75) Après l'ouverture de Cheval Blanc et celle attendue de l'hôtel Bulgari, Paris compte désormais plus d'une centaine d'établissements de luxe. Est-ce bien raisonnable par temps de crise sanitaire et avec un tourisme en berne ? Deux experts répondent.

Publié le 30 septembre 2021 à 11:05

Déjà en 2007, avec l’ouverture du Fouquet’s sur les Champs Elysées, on me demandait si le marché de l’hôtellerie de luxe n’allait pas être saturé à Paris”, se souvient Stéphane Botz. “Depuis, poursuit le directeur national Hospitality chez KPMG France, on a doublé le nombre de palaces dans la capitale et le marché ne s’est pas écroulé pour autant.” Un constat qui s’explique par deux raisons majeures : “Paris reste une vitrine, en termes d’image et de renommée, pour les groupes hôteliers”, observe Nathalie Veg-Sala. Maître de conférences en marketing (gestion des marques de luxe) à l'université Paris Nanterre et responsable de la licence professionnelle Encadrement et exploitation en hôtellerie et restauration de luxe (LP EEHRL), elle ajoute : “La clientèle et les touristes reviennent après une crise. Nous l’avons vu avec les attentats et les gilets jaunes.” Avis partagé par Stéphane Botz : “Certes, le marché est actuellement pénalisé avec le Covid-19. Mais on disait la même chose en 2008 avec la crise des subprimes, puis en 2015 avec les attentats à Paris. Et, malgré cela, le marché ne s’est pas arrêté pour autant. Paris reste une destination attractive, à l’instar d’hôtels tel que Cheval Blanc (voir encadré).“ “D’ailleurs, reprend l’universitaire de Paris Nanterre, les directeurs d’hôtels de luxe sont plutôt confiants sur le retour des touristes étrangers et de la clientèle d’affaires.”

“Pour se différencier, chacun doit innover et pousser la qualité de service”

Cette montée en gamme de l’hôtellerie peut-elle créer une nouvelle dynamique au sein de la capitale ? Nathalie Veg-Sala en est convaincue : “Cela va pousser les établissements à avoir moins de capacité, à être plus exclusifs, à aller encore plus vers l’excellence, à l’image de Cheval Blanc qui ne compte que 72 clefs.” L’universitaire parle même de “concurrence vertueuse” : “Pour se différencier, chacun doit faire plus et mieux, innover et pousser la qualité de service, voire proposer de nouvelles prestations. À titre d’exemple, depuis l’hiver dernier, le Lutetia a transformé certaines de ses chambres en bureaux à louer à la journée. Tout cela va dans le bons sens.” 

L’hôtellerie de luxe parisienne traverse donc une période de mutation, que la crise sanitaire n’a fait qu’accélérer. “L’arrivée des enseignes de luxe à Paris, mais aussi à Courchevel, Saint-Tropez, Bordeaux ou encore Biarritz, qui compte désormais un palace, vient renforcer la qualité de la destination France et c’est très positif”, souligne encore Stéphane Botz. Quant aux marques associées désormais à certains établissements – LVMH, Bulgari… -, “elles jouent sur leur identité et permettent à un hôtel de luxe de se différencier”, explique Nathalie Veg-Sala. Des marques qui se démarquent, qui rassurent aussi, et valorisent la clientèle. “Paris doit donc poursuivre sa montée en gamme dans les palaces et l’hôtellerie de luxe, conclut l’expert de KPMG France. Mais tout comme elle doit aussi progresser dans ses propositions d’auberges de jeunesse, coliving ou autres établissements lifestyle, qui répondent tous à des demandes de clientèles spécifiques.”

 


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Publié par Anne EVEILLARD



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