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du 14 juin 2007
CONJONCTURE

BAROMÈTRE DELOITTE & ASSOCIÉS

UN MOIS D'AVRIL MI-FIGUE, MI-RAISIN POUR L'HÔTELLERIE FRANÇAISE

Le quatrième mois de l'exercice 2007 se poursuit sur les chapeaux de roues pour les professionnels parisiens. En province (hors Côte d'Azur), la croissance a tendance à ralentir. On note toutefois d'importantes disparités en fonction des villes et des catégories d'hôtels observées.

On va vraiment finir par croire le refrain de Maurice Chevalier. Au regard des résultats du baromètre Deloitte & Associés, il semble bel et bien que "Paris sera toujours Paris !" En témoignent les performances réalisées par l'hôtellerie parisienne au terme du mois d'avril. Une fois de plus, les établissements 4 étoiles de la capitale ont fait un carton. Leur revenu moyen par chambre disponible (RevPAR) s'est ainsi envolé de 14,5 % pour franchir allégrement la barre des 205 E contre 179 E un an auparavant. Un bond en avant qui a enregistré des pointes allant jusqu'à + 21,4 % pour les 4 étoiles supérieur et + 22,5 % pour les 4 étoiles de charme.
Si le principal moteur de croissance du RevPAR résulte globalement de la hausse du nombre de clients avec un taux d'occupation moyen de 80,8 % (+ 7 %), le cabinet Deloitte & Associés fait toutefois une distinction entre les différentes familles d'hôtels étudiées. À commencer par les 4 étoiles supérieur dont le prix moyen chambre enregistre une progression de 15,9 % en avril passant de 401 E à 465 E. "Cette famille d'établissements accueille des clients qui s'avèrent peu sensibles aux tarifs. Grâce à une bonne maîtrise de la politique de yield management, les patrons de ces hôtels peuvent assez facilement tirer le prix moyen vers le haut, parfois de manière considérable", indique le cabinet.
Forte de tous ces nouveaux éléments, l'hôtellerie haut de gamme de la Ville lumière poursuit son mouvement haussier engagé depuis le début 2007 avec un RevPAR qui croît de 12,6 % en données cumulées à fin avril 2007. De quoi voir l'avenir en rose. D'autant que les salons phare à venir - tels Batimat et le Salon International de l'Aéronautique - vont probablement accentuer cette tendance positive.

Ralentissement de la croissance en province
S'agissant des unités milieu de gamme de la capitale, le marché paraît lui aussi toujours et encore bien orienté. Les progressions de fréquentation s'échelonnent ainsi de 1,6 % pour les 3 étoiles supérieur à 2,7 % pour les 3 étoiles standard. Difficile de faire mieux sachant que le taux d'occupation frôle le seuil des 88 % pour les 2 étoiles tandis que celui des 3 étoiles supérieur plafonne à 84,9 %.
Côté prix moyen par contre, on constate de nouvelles prises de gain : + 5,9 % pour les 3 étoiles supérieur, + 5,5 % pour les 3 étoiles standard et + 2,7 % pour les 2 étoiles. Le tout conduit logiquement à une nette amélioration des chiffres d'affaires hébergement en avril qui, respectivement, gagnent 7,6 % pour les 3 étoiles supérieur, 8,3 % pour les 3 étoiles standard et 5,3 % pour les 2 étoiles. Au terme des quatre premiers mois de l'année, les hausses de RevPAR sont encore plus parlantes puisqu'elles varient de + 6,8 % pour les établissements 3 étoiles supérieur à + 14,8 % pour les 3 étoiles standard.
En province (hors Côte d'Azur), le baromètre Deloitte & Associés révèle une situation différente. Après un premier trimestre plutôt dynamique, la croissance du chiffre d'affaires hébergement a ralenti en avril. Le RevPAR des hôtels provinciaux haut de gamme a ainsi gagné 4,3 % (86 E) mais celui des 2 étoiles a plafonné à 2,1 % (35 E). "Ce fléchissement est lié à une stagnation de la demande, voire une baisse pour les catégories 2 étoiles dont le taux d'occupation s'est replié de 2,1 %", précise les analystes de Deloitte & Associés. Et d'ajouter : "Au regard des chiffres individuels, cette moyenne cache néanmoins de grandes disparités entre les villes de province."

Chute des performances hôtelières à Toulouse
De fait, si l'hôtellerie 2 étoiles subit un repli conséquent de la demande à Lille (- 6,5 %), Nice (- 5 %) ou bien encore Toulouse (- 5,2 %) et Rennes (- 5,9 %), on observe un mouvement inverse à Lyon (+ 7,8 %), Nantes (+ 4 %), Marseille (+ 5,8 %) et Strasbourg (+ 7,2 %). Dans ces mêmes grandes agglomérations, le RevPAR des 2 étoiles gagne pas mal de points. Le chiffre d'affaires hébergement des établissements lyonnais de cette catégorie augmente ainsi de 17,5 % à comparer à une hausse de 11,2 % pour Marseille, 9,6 % pour Nantes et 6,5 % pour Strasbourg. Au total, le RevPAR des 2 étoiles dans les grandes villes françaises (hors Paris) atteint 41 E (+ 5,2 %) au terme du mois d'avril.
Pour ce qui concerne les catégories 3 et 4 étoiles, la tendance demeure également à la hausse : + 5,9 % pour les 4 étoiles et + 6,5 % pour les 3 étoiles. Deloitte & Associés souligne malgré tout un ralentissement sur ces 2 marchés, notamment pour Toulouse. "On constate une réduction prononcée de la demande pour l'hôtellerie haut de gamme toulousaine : - 11,6 %. Les difficultés rencontrées par EADS impactent indubitablement l'activité hôtelière de la ville", affirme le cabinet. Et de poursuivre, sur une note plus légère : "Les performances des hôtels de la Ville rose n'en restent pas moins largement supérieures à la moyenne constatée sur les grandes agglomérations (hors Paris)."
Claire Cosson avec Deloitte & Associés zzz36v zzz36o

L'hôtellerie azuréenne marche à deux vitesses

Les conditions climatiques - favorables en avril - avaient de quoi tirer vers le haut l'hôtellerie azuréenne. Idem pour le calendrier des vacances scolaires, plutôt intéressant pour les hôteliers de la Grande Bleue. Dans les faits, le premier mois du deuxième trimestre de l'année n'a toutefois pas été aussi bon qu'il aurait pu l'être. Les établissements haut de gamme sont, certes, parvenus à maintenir une croissance à deux chiffres de leur revenu par chambre disponible (RevPAR) : 134 E contre 120 E (+ 11,4 %). Croissance qui provient d'ailleurs en grande partie d'une progression du prix moyen chambre : + 6,4 % à 200 E.
En revanche, les hôtels 2 et 3 étoiles affichent, de leur côté, un bilan beaucoup moins réjouissant, notamment s'agissant des unités 2 étoiles. Ces dernières ont en effet enregistré une baisse de leur taux d'occupation de 5,1 % (69,8 %) tandis que la fréquentation des 3 étoiles a fait du surplace (- 0,1 %).
Au bout du compte, le RevPAR des 2 étoiles a dévissé de 2,6 % en avril 2007. Quant aux 3 étoiles, ils ont sauvé les meubles réussissant à améliorer leur indicateur de 4,6 % à 61 E.
À l'évidence, l'hôtellerie milieu de gamme azuréenne rencontre d'importantes difficultés de remplissage depuis le début de l'année.
En résultats cumulés à fin avril, le taux d'occupation moyen des 2 étoiles a ainsi perdu 6 % alors que celui des 3 étoiles régressait de 1,8 %. Une donnée d'autant plus inquiétante que ces catégories d'établissements dépendent pour l'essentiel du marché domestique français. À noter que ce fléchissement de la fréquentation s'observe à la fois à Nice (- 6,5 % à fin avril) et à Cannes (- 4 %).

Complément d'article 3033p10

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L'Hôtellerie Restauration n° 3033 Hebdo 14 juin 2007 Copyright © - REPRODUCTION INTERDITE

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