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du 21 octobre 2004
VIE PROFESSIONNELLE

TRIBUNE LIBRE

Une avalanche de charges

Par Jacques Jond, président de la Fagiht, et Didier Chenet, président du Synhorcat.

L'Umih (Umih et GNC) a signé le 22 juillet 2004 avec FO, la CGC et la CFTC un avenant à la convention collective dont le seul mérite réel et tangible 'serait' de pérenniser les 39 heures de travail hebdomadaire dans l'industrie hôtelière.
L'intersyndicale CPIH-Fagiht-Synhorcat a argumenté durant tout le mois de juillet pour faire comprendre le danger et surtout le coût d'un tel accord. De son côté, la CPIH a décidé, contrairement à son opposition renouvelée en juillet, et apparemment à une seule voix de majorité, d'apporter sa signature le 5 août à cet accord.
Mais quel est donc le contexte et quelles sont les réalités ?
Les professionnels indépendants de toute l'industrie hôtelière française sont en droit de le savoir. À l'origine, en novembre, décembre 2003 et janvier 2004, nous étions parvenus, selon l'Umih, à la certitude de l'obtention de la réduction du taux de TVA à 5,5 % au lieu de 19,6 % dans la restauration : cette promesse pour demain est en fait répétée à longueur d'année depuis quelque 7 ans.
À défaut de TVA réduite, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin débloquait 1,5 milliard d'euros à répartir entre tous les acteurs de la restauration commerciale française. Février et mars furent le théâtre de réunions répétées au cabinet de Renaud Dutreil, alors secrétaire d'Etat aux PME, réunions auxquelles nous avons toujours participé, pour terminer par un protocole d'accord que toutes les organisations patronales de l'industrie hôtelière ont signé : ce protocole débouchait sur les clés de répartition du 1,5 milliard d'euros et chaque chef d'entreprise devait être maître de l'utilisation des sommes attribuées (salaires - embauches - prix de vente - investissements - trésorerie de l'entreprise).
La Fagiht et le Synhorcat furent les seuls à proposer un minimum de 25 % de l'attribution obtenue par chaque entreprise en faveur du personnel salarié : ce que les autres organisations patronales trouvaient trop élevé à l'époque !
Après les élections régionales, Nicolas Sarkozy devient ministre d'Etat, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie. Il réunit les présidents des syndicats patronaux de l'industrie hôtelière et propose une nouvelle orientation de l'utilisation des fonds en incluant la suppression du Smic
hôtelier à titre optionnel.

Considérant l'importance de l'enjeu de l'accord du mois de juillet sur les conditions salariales et le temps de travail dans la profession, Didier Chenet, président du Synhorcat, opposé aux termes de ce protocole, propose à André Daguin, président de l'Umih, un débat public pendant le salon Équip'Hôtel, qui ouvre samedi 23 octobre à Paris.

Un nouveau protocole est signé par toutes les organisations patronales. C'est là que débutent des négociations sociales précipitées dès le 1er juillet, où les dés apparaissent 'pipés' et des convergences préalables établies, conduisant dès le 22 juillet à la signature par l'Umih, le GNC, FO, la CGC et la CFTC, mais refusé par l'intersyndicale Fagiht-Synhorcat d'un avenant à la convention collective dont les résultats concrets sont :
- La suppression obligatoire du Smic hôtelier (valeur d'un repas incluse) entraînant au total pour la seule industrie hôtelière une augmentation de 11 % du Smic au 1er juillet 2004 ;
- L'attribution d'une 6ème semaine de congés payés ;
- L'attribution de 2 jours fériés supplémentaires ;
- La prévoyance au taux de 0,40 % pour le patronat, soit une hausse totale des charges salariales et sociales de plus de 14 % au niveau d'un salarié au Smic.

Et dans les faits, une réduction de la durée hebdomadaire du travail de 39 heures à 37,5 heures.
Face à cette avalanche de charges et de contraintes, il faut savoir que les primes accordées par le gouvernement à travers le 1,5 milliard d'euros (ramené à 1,2 milliard puis à 500 millions d'euros dans le budget 2005), variables selon les établissements, ne peuvent couvrir qu'une partie de ces charges supplémentaires.
De plus, il faut également savoir qu'aucune garantie écrite, aucun engagement formel n'ont pu être obtenus de la part du gouvernement par les signataires quant à la pérennité des aides prévues seulement jusqu'à la fin 2005 ou quant à l'obtention de la réduction du taux de TVA à la même date.
Dans de telles conditions, les chefs d'entreprise indépendants de l'industrie hôtelière peuvent légitimement estimer qu'ils ont été déçus par les signataires. On ne peut dire que de telles mesures, souvent insupportables pour les entreprises les plus vulnérables, vont suffire à changer l'image de marque de nos professions auprès des salariés !
Cette industrie hôtelière indépendante qui se bat avec ses propres deniers doit s'unir de plus en plus pour résister à tous les périls et mener une action syndicale exigeante, hors toute concession excessive.
C'est en faveur de cette cause que l'intersyndicale Fagiht-Synhorcat déterminera toutes ses initiatives. zzz74v

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L'Hôtellerie Restauration n° 2895 Hebdo 21 octobre 2004 Copyright © - REPRODUCTION INTERDITE

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