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RÉMI VAN PETEGHEM, LE 'SENSING' Un traditionnel inventif
Sincèrement, il règne une sorte d'émotion collective autour de ce garçon, pas encore trentenaire. Une quasi-fascination à observer ainsi sous nos yeux, ce cuisinier - venu aux fourneaux un peu par hasard sans la classique inspiration d'une grand-mère ou mère lui insufflant le feu sacré - se métamorphoser en un futur (c'est sûr !) grand nom de la galaxie des 'étoilés'. En moins d'un an, Rémi Van Peteghem a réussi son pari : donner ses lettres de noblesse à l'annexe parisienne chic de Guy Martin, maestro du Grand Vefour. Son parcours. Preuve de l'incroyable chemin parcouru en onze ans de carrière. Il est loin en effet l'apprentissage entre Ferrandi et le Carré des Feuillants où ce fan de wakeboard tombe des nues en découvrant 'l'immense' variété des denrées alimentaires. "J'étais émerveillé, comme si j'évoluais dans un magasin de jouets", raconte ce flamand d'origine, l'oeil pétillant. Un émerveillement qui se poursuit au fil des ans. Normal. Ce curieux de nature ne côtoie que du 'beau linge' : Nicolas Vernier (Il Cortile), Guy Martin (Grand Vefour), Alain Passard (L'Arpège), Christian Le Squer (Le Doyen) et Jean-Louis Nomicos (Lasserre). Cerise sur le gâteau : il participe aux côtés de ces déjà 'toqués', à la fameuse quête du 'Graal' (les étoiles) de la gastronomie française. Sa cuisine. Avec une telle carte de visite, Rémi s'est évidemment forgé une idée subtile de l'harmonie du goût, une technique sans faille et un sens précis des cuissons. "J'ai tiré la substantifique moelle des chefs avec lesquels j'ai travaillé", plaisante ce fils d'ingénieur de la SNCF. Pour autant, le jeune homme a su trouver son style : traditionnel et inventif. Ses plats en témoignent. S'il revendique la qualité des produits, ce qui le passionne c'est la façon de les décliner sous différentes textures. Ainsi, son Bar, mousseux de carottes et tellines, présente la carotte dans tous ses états : gelée, émulsion, poudre, bâtonnets et jus. Même procédé pour son dessert, Le Café. En fait, pareil à un chercheur, Rémi, avec la complicité de son sous-chef Tanguy Laviale, réfléchit et innove. Sans jamais copier. N'empêche. Le hasard n'a pas sa place dans sa cuisine. Y compris dans la présentation des plats. "On mange d'abord avec les yeux", précise-t-il. Son ambition. Ses yeux, en l'occurrence sont aujourd'hui rivés vers le guide Michelin. Une étoile le comblerait. Tout comme le fait de surprendre encore et encore les clients. Et de se surprendre lui-même ! n zzz22v Sa technique de cuisson préférée "J'adore la
cuisson sous vide ! Cette technique exalte les caractères organoleptiques des
produits cuits. Elle génère des textures parfaites avec une maîtrise
de la coloration, de la tendreté et de la 'jutosité'. Je l'emploie d'autant
plus souvent - tant pour les viandes que pour les poissons - qu'elle magnifie les
goûts. Normal. Puisque jus, arômes et autres odeurs sont emprisonnés
dans un sac durant toute la cuisson. Tout baigne dans son jus, si j'ose dire. Par
contre, le sous vide nécessite un savoir-faire en termes de temps et de températures
de cuisson. Mieux vaut ne pas se louper ! Ses fournisseurs Poissons : SDAB (Bretagne),
Armara et Reynaud (Rungis)
*Sensing
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