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du 17 novembre 2005
HÉBERGEMENT

ALORS QUE GILLE PÉLISSON EST ATTENDU AVEC IMPATIENCE À LA TÊTE DU GROUPE

Accor veut associer ses franchisés aux réflexions engagées sur les marques hôtelières

Réunis à Berlin du 8 au 10 novembre, les franchisés français du groupe Accor ont écouté avec attention la stratégie de leur franchiseur. Une stratégie à laquelle ils sont largement invités à participer. Les échanges d'expérience ont de grands effets : ils confirment les grandes idées.
De notre envoyée spéciale à Berlin Claire Cosson


"Nous assistons aujourd'hui à des changements fondamentaux quant à la manière de vendre. Il faut affirmer sa présence sur tous les canaux de distribution électronique et investir dans l'e-business pour gagner des parts de marché." André Martinez

Après la tempête, le calme plat. Dans la vaste salle de séminaire du Dorint-Novotel Berlin Am Tiergarten, les questions sont assez peu nombreuses en effet. Et puis disons-le, pas franchement virulentes. Réunis du 8 au 10 novembre dans la capitale allemande à l'occasion de leur convention annuelle, les franchisés hexagonaux du groupe Accor semblent presque avoir perdu leur voix. Plutôt surprenant. "En réalité, cela n'a rien d'étonnant", confie sous le sceau du secret l'un des participants. "On a beaucoup parlé de nous au cours de la crise qui a secoué les instances dirigeantes de la compagnie. Qui plus est, cela n'a pas toujours été fait en des termes très flatteurs." Et un autre protagoniste souhaitant conserver l'anonymat de poursuivre : "Nous avons fait entendre notre voix au moment opportun. Maintenant, il n'y a rien d'autre à ajouter. Nous attendons avec impatience l'arrivée du nouveau patron opérationnel du groupe. Nous jugerons ensuite de l'action qu'il va entreprendre."
À bon entendeur, salut ! Gilles Pélisson devra bien entendu tenir compte de ces remarques dès sa prise de fonction programmée le 16 janvier 2006, à la fin du mandat de Jean-Marc Espalioux. D'ici là toutefois, les franchisés et leur président respectif - Jean Dalaudière (Association des franchisés Accor Hôtellerie) avec Pascal Donat (Association des franchisés Formule 1/Etap Hotel), Henri Philip (Association des franchisés Ibis), Salim Nazaraly (Association des franchisés Mercure), Paul Blanc (Association des franchisés Novotel), Patrick Jacquier (Association des franchisés Sofitel) - ne vont pas avoir de quoi s'ennuyer.
Et pour cause ! Plus que jamais, l'état-major du pôle dirigé par André Martinez (membre du directoire en charge de l'hôtellerie Europe/Moyen-Orient/Afrique, zone représentant 2 237 établissements répartis dans 24 pays dont 688 hôtels franchisés) a montré en effet qu'il était sur le pont durant la convention de Berlin. Fin prêt, d'une part, à relever les défis auxquels le secteur hôtelier est actuellement confronté en Europe. Et d'autre part, à associer les franchisés dans cette démarche. "Croissance molle, persistance d'une baisse de pouvoir d'achat, attentats terroristes (Londres), réveil de la concurrence…, les obstacles ne manquent pas dans notre activité", a ainsi rappelé André Martinez. Et d'ajouter : "Il n'empêche que nous avons, ensemble, tous les moyens pour réagir et challenger nos concurrents."

Investir dans l'e-business pour gagner des parts de marché
Des moyens, Accor en a de fait plein sa musette comme ont pu l'entendre les franchisés à travers les différentes interventions réalisées par les dirigeants du groupe.
À commencer par une nouvelle politique tarifaire qui, fortement simplifiée (réduite de 10 tarifs à 3), a d'ores et déjà porté ses fruits en 2005. La preuve. À fin septembre, le prix moyen a globalement augmenté de 4 % sur le marché français. Autre stratégie adoptée avec succès par le leader de l'hôtellerie européenne dont les franchisés peuvent facilement tirer profit : la signature de contrats avec des grands opérateurs de la distribution électronique tels Opodo, Lastminute, Travelprice, Priceline, etc. "Nous assistons aujourd'hui à des changements fondamentaux quant à la manière de vendre. Il faut affirmer sa présence sur tous les canaux de distribution électronique et investir dans l'e-business pour gagner des parts de marché. Les contrats signés avec les grands opérateurs de la distribution électronique vont générer 14 ME de chiffre d'affaires en France cette année. Nous tablons sur 16 ME supplémentaires
et 180 000 nuitées en 2006", a précisé André Martinez.
S'agissant des marques hôtelières - l'un des atouts majeurs de la compagnie -, chacune d'entre elles fait en ce moment l'objet de profondes réflexions visant à accélérer leur évolution. Réflexion bien avancée concernant Formule 1 d'abord. C'est en mars prochain d'ailleurs que le 'nouveau produit', designé par Matali Crasset, sera présenté aux salariés et gérants mandataires. Préalablement, ce dernier aura été testé dans plusieurs hôtels-pilote afin de mesurer le taux de satisfaction des clients. "Un produit qui va projeter Formule 1 dix ans en avant ! Tout en restant le premier prix du marché", a déclaré Gilles Larrivé, patron de Formule 1/Etap Hotel.

Une nouvelle chambre Ibis
Alors qu'Etap Hotel affiche une forme 'olympique' (+ 1,1 point d'occupation et + 1,10 E de prix moyen à fin septembre), l'enseigne s'apprête elle aussi à subir un travail en profondeur. "Pour Etap Hotel, tout va bien ! Donc, c'est le moment de se remettre en cause", a lâché avec humour André Martinez. Du côté de Mercure -qui compte 750 unités dans le monde -, le réseau s'est lancé dans un projet d'envergure, baptisé 'Passion Mercure'. Projet dont le but final est de faire de cette enseigne un "réseau puissant d'hôtels différents, alliant tradition et modernité". Chez Novotel, ça bouge aussi sacrément. Tout comme au sein de la chaîne Ibis qui caracole toujours en tête de son segment. Une donne qui devrait du reste s'accentuer dans l'avenir. D'autant que la marque peaufine ses atouts tant dans le domaine de la communication, de la restauration - "Ibis veut devenir le leader de la restauration commerciale d'hôtellerie d'ici à 3 ans" - que du marketing produit. À noter ainsi qu'une nouvelle chambre Ibis va voir le jour en 2006.
Autant d'éléments qui paraissent en général avoir satisfait une grande majorité des franchisés. Il n'en demeure pas moins vrai que ces derniers se doivent de fournir certaines contreparties à leur franchiseur. "Merci de votre exigence et de vos redevances", a ironisé André Martinez. Il aurait aussi pu ajouter "merci de jouer le jeu en termes de qualité et d'image". D'après le service qualité en effet, certains franchisés ont encore quelques efforts à fournir. Ne l'oublions pas, la franchise, c'est donnant-donnant ! Des deux côtés-côtés ! zzz76v

Paul Dubrule, coprésident du groupe Accor
"Je souhaite que les franchisés apportent leur pierre à la construction et l'innovation du groupe"

"Quand je pense à toutes les redevances que vous nous versez…, cela me réveille d'emblée !" De l'humour, Paul Dubrule, cofondateur du groupe Accor avec Gérard Pélisson, n'en a jamais manqué. Intervenant devant les franchisés français et allemands, ce passionné de la 'petite reine' n'a pas failli à sa réputation la semaine dernière à Berlin. Bien sûr, il a évoqué le feuilleton de l'été soulignant les difficultés que cet épisode - un peu trop long à son goût - a occasionné au sein de l'entreprise. "Nous avons pensé que nous pouvions appliquer la même chose au président du directoire que ce que l'on nous avait fait il y a un peu plus de 8 ans", a ainsi expliqué Paul Dubrule. Et d'ajouter : "Cela ne s'est pas très bien passé. Dans ce contexte d'ailleurs, Accor s'est transformé en un bien national. Malgré tout, la sagesse l'a finalement emporté."
Ouvert ensuite au dialogue avec l'assemblée, celui qui préside également aujourd'hui à la destinée de Maison de la France a souligné "qu'en termes de développement, Accor n'avait toujours pas de limite pour les 20 ou 30 ans à venir". Toutefois, Paul Dubrule a insisté sur le fait que ce développement ne "se fera pas sans innovation". "Il ne s'agit pas d'imaginer de belles chambres pour se faire plaisir !", a-t-il déclaré en substance. "Il faut évidemment anticiper l'évolution des attentes des consommateurs, mais aussi penser à la productivité et travailler sur une segmentation hôtelière de plus en plus fine."
Appuyant son discours sur les techniques employées par les constructeurs de voiture qui adaptent leurs produits à des phénomènes sociologiques, le coprésident du groupe Accor a lancé différentes pistes de réflexion. "Il n'est pas interdit de réfléchir à la création de nouvelles marques hôtelières à côté des nôtres, ni même d'envisager le lancement de nouveaux concepts. Reste que sur ce dernier point, on doit être capable de lancer quelque chose à grande échelle ! Cela signifie concevoir peut-être un produit véritablement industriel ?" Et de poursuivre : "Je souhaite que les franchisés apportent leur pierre à la construction et l'innovation du groupe. Il n'en reste pas moins vrai que le groupe doit aussi redonner de la force à ses marques existantes. Certaines étant un peu en perte de vitesse." Du pain sur la planche en perspective !

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L'Hôtellerie Restauration n° 2951 Hebdo 17 Novembre 2005 Copyright © - REPRODUCTION INTERDITE

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