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du 2 juin 2005
ÉDITO
Un enjeu majeur

Une fois la fièvre post-électorale retombée, et les commentaires enflammés ramenés à l'aune de la réalité quotidienne, reste l'éternelle question qui hantait Lénine avant sa prise du pouvoir : que faire ?
Si la réponse était évidente, les meilleures solutions auraient permis depuis longtemps de supprimer la précarité, le chômage, les fins de mois difficiles et l'angoisse du lendemain. Bien évidemment, ce n'est pas ce qu'a exprimé une majorité d'électeurs dimanche dernier en se défoulant allègrement sur une question dont l'objet fondamental a été manifestement détourné en vote protestataire comme on en a rarement connu.

Raison de plus pour continuer à rechercher les voies susceptibles de répondre aux inquiétudes d'un peuple qui a saisi l'opportunité d'un scrutin pour crier son exaspération. Aux politiques de savoir gré aux citoyens d'avoir aussi brutalement fait connaître leur opinion. Et toujours aux mêmes politiques de tenir compte de ces appels répétés qui sont trop souvent laissés sans réponse.

Ainsi, depuis des années, la profession clame haut et fort l'absolue nécessité de baisser la TVA sur la restauration à 5,5 %, afin de supprimer d'insupportables distorsions de concurrence et de lourds écarts comptables entre les taux à l'achat et à la vente. Inutile de recommencer une démonstration cent fois remise sur le métier. Mais on l'a compris, le problème fondamental de notre pays, c'est le chômage, toujours trop élevé, apparemment incompressible en dessous de 9 % de la population active, alors que des nations voisines parviennent à faire beaucoup mieux, qu'il s'agisse du très 'libéral' Royaume-Uni ou du très 'social' Royaume de Suède.

Or, le développement de l'emploi passe incontestablement aujourd'hui par des mesures fortes comme celle que réclame la profession depuis des années : c'est pourquoi les dirigeants des organisations syndicales, André Daguin en tête, ont tout à fait raison de poursuivre sans faiblir le combat entamé depuis tant de temps.

Certes, la donne se complique : comme l'unanimité demeure la règle en matière fiscale au niveau européen, il faudra d'autant plus de talent aux négociateurs français à Bruxelles, après un référendum dont le résultat, c'est un euphémisme, est modérément apprécié par les instances communautaires. Gageons que le prochain conseil 'Ecofin' risque d'être glacial pour le représentant des tribus gauloises…

Mais n'oublions pas l'essentiel, c'est-à-dire l'emploi qui passe par des mesures indispensables comme la baisse de la TVA afin que les entreprises du secteur puissent enfin recruter en fonction de leurs besoins qui demeurent trop souvent insatisfaits. Quitte, on ne risque plus grand-chose, à affirmer nos spécificités face à nos partenaires de l'Union européenne.
L.H.

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L'Hôtellerie Restauration n° 2927 Hebdo 2 juin 2005 Copyright © - REPRODUCTION INTERDITE

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