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Le torréfacteur niçois, premier
acteur du commerce équitable en Haïti, a réussi l'exploit d'implanter
l'internet à haut débit dans les plantations de Cap Rouge, loin de tout.
Un programme audacieux, dédié à la traçabilité mais
aussi à l'éducation et à la santé.
Sylvie Soubes

Malongo en Haïti
Du
commerce équitable aux nouvelles technologies
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Au beau
milieu de nulle part, le pylône WiMax de Voilà à
Cap Rouge, installé avec du matériel offert par Alcatel-Lucent.
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Le programme comprend un volet dédié
aux écoles primaires situées dans les zones caféières, qui bénéficient
aussi d'ordinateurs et de l'accès à internet. |

Jean-Pierre Blanc
et le ministre des Travaux publics, des Transports et de la Communication en
Haïti,
Frantz Verella.
Pour lui, ce projet "s'inscrit dans une dynamique cruciale pour le pays".
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À Verjon, dans une zone retirée
d'Haïti, sans eau courante ni électricité, enseignants et paysans
ont accès à l'internet à haut débit. Nombreux sont déjà
les internautes.
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Derrière
le café, il y a des hommes, des femmes, des familles. Pour certains, comme
en Haïti, chaque poignée récoltée est un souffle de survie.
Pas de grandes productions à la brésilienne, seulement des 'jardins'
de quelques mètres carrés, plantés loin de tout. Il n'empêche.
Les Haïtiens des champs ont saisi l'intérêt du commerce équitable
et le négoce avec le torréfacteur Malongo, précurseur de l'économie
solidaire dans son domaine, a permis la création d'un cru spécial : le
Haïtian Blue. Une marque synonyme de qualité et de respect. Comme le répète
souvent Jean-Pierre Blanc, directeur général des Cafés Malongo, "le
commerce équitable n'est pas un acte de charité, c'est un modèle
économique différent, qui permet à des petits producteurs de prendre
en main leur avenir". Un des fondements, le traitement d'égal à
égal. Difficile à croire et à saisir quand les médias télévisés
renvoient l'image d'un pays écorché vif, d'une population affamée,
d'un territoire battu jusqu'aux entrailles. Et pourtant, cette nation n'a pas dit
son dernier mot.
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| Le programme d'implantation des nouvelles technologies
dans les plantations de café a été baptisé Cap Rouge Nimerik. |
Jean-Pierre Blanc, directeur général des cafés Malongo et le médecin du
dispensaire de Verjon, lui aussi connecté à internet grâce au programme
Malongo. Un accès
"urgent sur le monde", selon ce jeune praticien. |
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Le professeur
Serge
Miranda, de l'université
de Nice Sophia Antipolis, est l'auteur du master sur les nouvelles technologies
grâce auquel deux étudiants haïtiens et un étudiant français
ont mis au point les logiciels de traçabilité du programme.
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Désenclaver les zones de production
À l'intérieur
des terres, au sud de l'île, l'incroyable existe. À l'abri des murs
nus du 'beneficio' (centre de traitement des cerises de café) de Verjon, une
salle informatique fonctionne à l'énergie solaire. Inauguré avant
l'été, ce site représente le début d'un programme d'implantation
des nouvelles technologies dans les plantations de café. Baptisé Cap Rouge
Nimerik, il "repose sur l'installation d'internet haut débit dans les zones
rurales, avec une gratuité pour les centres agricoles, les écoles et les
dispensaires, et sur la traçabilité du café", expliquent ses
auteurs. Un projet issu d'une étroite et solide collaboration entre Malongo,
qui finance et coordonne le projet, les universitaires de Nice Sophia Antipolis
et la faculté des sciences de l'université d'État d'Haïti,
la Fédération des associations caféières natives (FACN) d'Haïti,
dirigée par Jean-Marc Vital, Alcatel-Lucent et l'opérateur de téléphonie
mobile haïtien Voilà. Technologies mises à disposition : le WiMax
et l'identification Radio Fréquence (ou RFID). Le pari est à la fois
immense et simple : désenclaver les zones de production en permettant notamment
un suivi en direct des campagnes caféières et relier les nouvelles générations
au monde qui les entoure. À terme,
l'objectif le plus 'fou' sera la possibilité pour le consommateur final de
pouvoir obtenir, à partir de son téléphone portable, toutes les
informations concernant le café qu'il est en train d'acheter grâce à
un 'tag électronique' posé sur le paquet. Nom de la plantation, du producteur,
date de la récolte, phases d'élaboration et, pourquoi pas, une invitation
à l'écotourisme local… qui "doit et peut prendre vie",
martèle avec conviction Jean-Pierre Blanc.
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MÉMO |
Malongo,
premier torréfacteur en France de cafés issus du commerce équitable
labellisé Max Havelaar, bataille depuis huit ans pour le renouveau du café
haïtien. La société travaille avec une quarantaine de coopératives,
représentant environ 30 000 petits paysans. Il importe actuellement 170 tonnes
de café vert issu de ces plantations situées au nord et au sud du territoire.
À lire notamment, sur le site de l'entreprise, les règles du
commerce équitable
malongo.fr |

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L'Hôtellerie Restauration n° 3098 Magazine 11 septembre 2008 Copyright © - REPRODUCTION
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