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NOUVELLE RÉGLEMENTATION
EUROPÉENNE
TRAÇABILITÉ : LES OBLIGATIONS DES
RESTAURATEURS
Pour
éviter des crises alimentaires et des problèmes sanitaires tels que nous en avons connu
au cours de ces dernières années, le Parlement européen a décidé de revoir l'ensemble
des réglementations relatives à l'hygiène des denrées alimentaire. Depuis le 1er
janvier 2005, la traçabilité est devenue obligatoire du champ au restaurant. Les
restaurateurs sont donc impliqués. Voici ce que vous devez mettre en place et respecter
désormais pour être en accord avec cette nouvelle réglementation.
Article
rédigé par Bernadette Gutel après un entretien avec Emmanuelle Soubeyran, de la
sous-direction de la sécurité sanitaire des aliments - Bureau des établissements de
restauration et de distribution - DGAL
Le règlement 178/2002 du Parlement européen et du
Conseil du 28 janvier 2002 est désormais le règlement socle de la sécurité sanitaire
des aliments
Il définit notamment les obligations spécifiques à l'ensemble des
professionnels de la filière alimentaire du champ au restaurant : obligation de
traçabilité, obligation de retrait de produits susceptibles de présenter un risque pour
la santé publique, obligation d'information des services de contrôle. Le but est
d'éviter crises alimentaires et problèmes sanitaires. Ces obligations sont entrées en
application depuis le 1er janvier 2005. Dans le cadre de l'obligation de la
traçabilité, chaque maillon de la filière doit connaître à la fois ses fournisseurs
et ses clients.
Que
doit savoir le restaurateur de ses fournisseurs ?
Le restaurateur doit être
capable d'indiquer aux services de contrôle les coordonnées de ses fournisseurs. Que
ce soient des sociétés comme les distributeurs, les cash & carry ou des personnes
comme un chasseur, un ramasseur de champignons, un fermier, un agriculteur
Évidemment, ce n'est pas le nom du livreur qui importe, mais bien les coordonnées du
producteur, du chasseur, de l'agriculteur
Mais, il n'a pas à rechercher les
coordonnées des fournisseurs de ses propres fournisseurs.
Que
doit savoir le restaurateur de ses clients ?
Le restaurateur n'a pas
l'obligation d'identifier ses clients finaux, sauf s'il s'agit d'entreprises.
Ainsi, les traiteurs ou les restaurateurs qui
bénéficient de dispense d'agrément pour livrer des entreprises ou des écoles ou
maisons de retraite
doivent le faire.
Quels
documents le restaurateur doit-il conserver ?
Le restaurateur - comme tout autre
maillon de la chaîne - est tenu d'organiser un archivage des informations de
traçabilité et d'être en mesure de fournir aux autorités compétentes les informations
de traçabilité.
La Commission européenne vient de faire
paraître un document interprétatif du règlement communautaire dans lequel :
Elle préconise aux professionnels d'être en mesure de fournir, dans tous les cas,
les informations suivantes :
- Les coordonnées du fournisseur
- Les coordonnées du client-restaurateur
- La date de livraison
Elle recommande fortement d'être en mesure d'indiquer :
- Les quantités livrées (volume ou poids)
- La nature, le mode de conservation et de conditionnement des produits livrés (produits
frais, appertisés, surgelés, 4e gamme, 5e gamme ; produits
conditionnés sous vide ou sous atmosphère contrôlée
)
- La variété des fruits et légumes.
- Le numéro de lot des marchandises livrées.
Une grande partie de ces informations se trouve généralement indiquée sur les bons de
livraison.
La conservation de ces derniers peut donc être un des moyens pour les professionnels de
se mettre en conformité avec la réglementation communautaire.
Cependant, d'autres moyens peuvent être envisagés.
Remarques
La crise de la dioxine a montré qu'il était impossible de tracer un produit par les flux
économiques matérialisés par les factures. Seuls les flux physiques matérialisés par
des bons de livraison bien complets permettent de le faire correctement.
Combien de temps faut-il conserver les informations de traçabilité (bons de
livraison ou autres) ?
Tout dépend de la nature des produits :
- 5 ans pour les produits secs ou surgelés.
Si ces produits présentent une DLUO supérieure à 5 ans, les bons de livraison ou autres
supports d'enregistrement des données doivent être conservés 6 mois encore après la
DLUO.
- 6 mois après la DLC pour les produits frais.
Comment
doivent être classés les bons de livraison ou autres supports ?
Toutes ces informations doivent
être classées et disponibles en cas de contrôle.
Faut-il
continuer à conserver les étiquettes des produits frais préemballés destinés au
tranchage ou au service ?
Oui. Le règlement 178/2002 n'annule
pas l'arrêté du 9 mai 1995 relatif à l'hygiène des aliments remis directement au
consommateur
Cet arrêté est toujours valable. Notamment
l'article 14 qui impose, pour les produits frais destinés au tranchage ou au service, de "conserver
durant toute leur détention les informations relatives à leur identification et leur
durée de vie".
Dans la pratique, il est habituel de
conserver ces étiquettes de 2 à 8 semaines dans le cas d'éventuelles toxi-infections. zzz44s zzz22v
Pour
en savoir plus
Découvrez la note
d'information de la DGAL (Direction générale de l'alimentation) sur la nouvelle
réglementation communautaire relative à la sécurité sanitaire des aliments.
| En janvier 2006 :
HACCP plus rigoureuse Le règlement 178/2002 qui établit les
principes généraux et les rescriptions générales de la législation alimentaire, et
qui fixe les procédures relatives à la sécurité des denrées alimentaires, est
complété par 5 autres textes. Cet ensemble est couramment appelé le 'Paquet
Hygiène'.
La restauration
est notamment concernée par le règlement 852/2004 qui établit les règles générales
d'hygiène applicables à toutes les denrées alimentaires. Il abroge la directive 93/43
relative à l'hygiène des denrées alimentaires, mais en reprend les grandes lignes et en
élargit le champ d'action à la production primaire*.
Les grandes lignes reprises sont :
- La mise en place de procédures basées sur les principes de l'HACCP.
- L'élaboration des guides de bonnes pratiques d'hygiène et d'application du principe
HACCP.
"On demandera notamment aux restaurateurs, explique Emmanuelle Soubeyran,
de respecter les principes de l'HACCP de façon plus rigoureuse. L'accent sera mis sur les
obligations d'enregistrement des données, mais une certaine souplesse sera accordée aux
petits établissements. Ceci fera l'objet d'un règlement européen. Durant l'année 2005,
la DGAL, la DGCCRF et la DGS**, en collaboration avec les professionnels, vont travailler
sur ce sujet et sur la révision de l'arrêté du 9 mai 1995. Les professionnels seront
donc prochainement sollicités par l'administration pour vérifier la conformité des
guides de bonnes pratiques hygiène à la nouvelle réglementation communautaire. Ce
travail pourrait également être l'occasion de rendre les guides encore plus pratiques et
plus pédagogiques.
Des modèles d'enregistrement des températures, des contrôles de nettoyage et de
désinfection
pourraient y être intégrés. Un autre point tout aussi important
devra être étudié :celui de la formation à l'application des principes HACCP. Qui
devra être formé ? Le responsable de l'établissement ou le chef de cuisine ?"
* Production
primaire : la production, l'élevage ou la culture de produits primaires, y compris la
récolte, la traite et la production d'animaux d'élevage avant abattage. Elle couvre
également la chasse, la pêche et la cueillette de produits sauvages.
** DGAL : Direction générale de l'alimentation.
DGCCRF : Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression
des fraudes.
DGS : Direction générale de la santé. |
Sécurité
sanitaire des aliments
Les objectifs de la nouvelle
réglementation sanitaire des aliments

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| Le
restaurateur n'a pas d'obligation d'identifier ses clients finaux sauf s'il s'agit
d'entreprises. |

La traçabilité alimentaire est
désormais obligatoire, du champ au restaurant.
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La refonte de la réglementation communautaire s'est basée sur
plusieurs objectifs :
Obtenir un niveau élevé de protection de la santé humaine
: assurer la libre circulation des denrées alimentaires dans l'Union européenne ;
simplifier
les textes pour assurer une meilleure lisibilité et permettre de répondre à toutes les
situations (nature, taille des entreprises, spécificités
) ; permettre l'évolution
technologique tout en assurant la sécurité ; tenir compte des progrès scientifiques et
techniques, et enfin tenir compte des obligations internationales et en particulier de
celles de l'accord sur l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires de l'OMC
(Organisation mondiale du commerce) et des normes internationales de sécurité
alimentaires contenues dans le Codex alimentarius.
Elle
pose 2 grands principes :
Chaque exploitant, de l'élevage ou du champ jusqu'à la remise au consommateur,
est responsable de la sécurité sanitaire au niveau de son établissement.
Pour atteindre les objectifs réglementaires, chaque
maillon de la chaîne alimentaire doit respecter des règles générales et des règles
spécifiques d'hygiène imposées réglementairement et doit élaborer des procédures
fondées sur l'HACCP (sauf pour la production primaire*). Pour cela, l'exploitant peut
s'appuyer sur des guides de bonnes pratiques d'hygiène. |
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L'Hôtellerie Restauration n° 2912 Hebdo 17 février 2005 Copyright © - REPRODUCTION
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