L'Hôtellerie Restauration No 3856

L’auberge de jeunesse a vécu, place à l’hostel ! En quête permanente d’innovation, ce concept hybride attire une clientèle plus large. Exemples avec le groupe The People, qui vient d’ouvrir un douzième hostel à Lyon, et deux établissements indépendants, à Dijon et Hendaye. Ne les appelez plus auberges de jeunesse mais hostels ! Le virage opéré par ces établissements s’affirme jusque dans l’affichage de leur enseigne et l’adoption de cet anglicisme. “Nous sommes partis du principe que l’auberge de jeunesse n’était plus ce qu’elle était il y a trente ans. Il y a une volonté délibérée de les nommer hostels pour ne pas rebuter les plus de 50 ans”, affirme Alain Cazaux, gérant de Demain c’est loin, ouvert à Hendaye, dans le Pays basque, en avril 2025. Une cible élargie La première différence avec les anciennes auberges de jeunesse – à l’image routarde et spartiate – tient à l’élargissement de leur clientèle. Les hostels attirent aussi bien les traditionnels voyageurs solos, les amis – jeunes et moins jeunes – que les familles et même les clients d’affaires ou congressistes. Les systèmes de réservation en ligne, notamment Booking.com, ont changé la donne. “Nous avons moins les baroudeurs de passage, la plupart des clients réservent désormais longtemps à l’avance. Nous avons aussi bien des jeunes qui viennent faire du surf que des classes vertes, des touristes étrangers, des familles pendant les vacances scolaires, des marcheurs et cyclistes qui ont entre 40 et 80 ans”, remarque Alain Cazaux. Une offre hybride et premium Si les auberges de jeunesse ont pu attirer ces nouvelles clientèles, c’est d’abord grâce à leur offre devenue hybride. Exit les énormes dortoirs, place à des espaces plus cosy avec davantage d’intimité ainsi que des chambres doubles ou familiales. “Le client choisit son niveau de confort, du dortoir partagé – avec salle de bains privative ou pas – à des chambres de 2 à 8 personnes cocooning”, détaille Pauline Staub, directrice marketing et commerciale de Grape Hospitality, qui gère les douze hostels The People dont le premier a ouvert dans le Marais, à Paris, en 2022. Des dortoirs dédiés aux femmes (ou aux hommes) correspondent également à une nouvelle demande. “Nous avons deux petits dortoirs réservés aux femmes, cela répond à un besoin de sécurité, différent selon les nationalités”, confirme Clémence Du Fou, gérante du Mustard Hostel, ouvert en novembre dernier à Dijon (Côte-d’Or). Cet établissement familial et indépendant propose même une salle de bains privée pour ses petits dortoirs (à partir de 4 couchages) et des chambres réservables avec un chien. Une offre devenue à la carte qui permet de brasser large au niveau clientèle. Des hostels connectés Au Mustard Hostel comme à The People Lyon, les dortoirs de 4 à 12 personnes – sous forme de capsules – sont équipés de prise USB, de tablettes numériques, de liseuses, du wifi… ce qui colle aux souhaits des voyageurs comme des jeunes travailleurs ou étudiants qui s’y installent de plus en plus souvent faute de logement. La digitalisation est une clé devenue incontournable permettant davantage d’autonomie pour les clients. “On peut faire son check-in en ligne, deux bornes automatiques fonctionnent en permanence, pour une ouverture 24 heures sur 24”, ajoute Clémence Du Fou. Des services hôteliers L’early check-in, les lits bébé, le ménage, le linge de toilette inclus sont autant de services proposés au Mustard Hostel, qui compte L’Hôtellerie Restauration • Mai 2026 HÔTELLERIE 60 © Mustard Hostel Le co ee shop de Dijon au Mustard Hostel. © Demain c’est loin Chez Demain c’est loin, à Hendaye, la convivialité est de mise. Les dortoirs du Mustard Hostel à Dijon sont connectés et plus cloisonnés. Quand l’hostel dépoussière l’auberge de jeunesse

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