Avec un cadre de travail construit autour des 4 leviers cités ci-dessus, chaque établissement a normalement une base adéquate pour conserver ses salariés. Et ce, quelle que soit sa renommée, son emplacement géographique, ses choix éthiques…Néanmoins, partager des ambitions et des valeurs communes va évidemment renforcer encore les liens qui unissent un chef d’établissement à ses équipes. “En ramant tous dans le même sens, on va plus vite et plus loin”, conclut Samuel, cuisinier. 5. Partager des valeurs, une ambition L’Hôtellerie Restauration • Mars 2026 RECRUTER & FIDÉLISER 34 Pour Frédéric Vardon, chef-patron du bistro parisien Café Max et du restaurant étoilé Le 39V, le secret pour fidéliser ses équipes pourrait se résumer en une phrase : se comporter avec elles “en bon père de famille”. Ainsi fait-t-il déjeuner ou dîner les équipes ensemble chaque jour, dans ses deux adresses. “La table est mise, il y a tout ce qu’il faut ; pour moi, c’est très important”, explique-t-il. Également attaché à faire un point régulier avec ses employés, le chef “leur demande où ils en sont, et comment ils voient leur futur” dans l’établissement. En outre, il essaie de tenir compte des contraintes et situations personnelles de chacun. “Certains employés habitent loin, ils viennent à Paris en scooter. Or, les places de parking coûtent très cher à Paris, donc on essaie de trouver une solution comme louer un parking pour tout le monde”, détaille-t-il. Diners festifs et anniversaires du personnel Autre point crucial pour le chef : les pourboires. Depuis des années, ceux-ci sont partagés à égalité entre les membres d’un même restaurant. “Il n’y a pas de système de points, de poste ou d’âge”, précise Frédéric Vardon. “Ils mettent tous leur pierre à l’édifice”, méritant ainsi une part égale au pot commun, estime-t-il. Le chef organise également un dîner d’équipe festif une à deux fois par an, célèbre la Saint-Sylvestre ou Noël avec ses équipes, et pense à “déboucher une bouteille de champagne” assortie d’un petit cadeau chaque fois que c’est l’anniversaire d’un(e) employé(e). Enfin, pour garder ses collaborateurs motivés et intéressés, il veille à “ne pas les cantonner à une partie de la cuisine” s’assurant au contraire que “les postes bougent souvent” au sein de ses établissements. “N’oublions jamais que ce sont des humains qui font ce métier, pour d’autres humains…” Visibilité sur le planning Du côté du groupe français Big Mamma et de ses restaurants italiens à succès, les bonnes pratiques de management consistent notamment à “s’assurer que chacun puisse bénéficier de deux jours de repos consécutifs par semaine”, dévoile Dauphine Piot, la DRH France du groupe. Celui-ci veille également à ce “que tout le monde ait de la visibilité sur son planning de travail”, afin de pouvoir s’organiser en amont. En outre, Big Mamma cherche à “casser les codes autour de la parentalité. Nous sommes signataires du Parental Act, qui permet à chaque parent de bénéficier, après le congé maternité ou paternité, de deux semaines de repos supplémentaires payées avant de retourner au travail. L’ensemble des managers est par ailleurs formé aux questions autour de la parentalité, et sensibilisé à l’aménagement des plannings pour accompagner au mieux chaque parent”, détaille la DRH du groupe. Enfin, aider ses équipes à trouver un logement est également une considération de Big Mamma. “Un bon nombre des membres de notre équipe vient de l’étranger ; on travaille aujourd’hui avec des organismes partenaires pour faciliter l’accès à des appartements”, explique ainsi Dauphine Piot. Comment garder des équipes motivées le plus longtemps possible? Pour le chef étoilé comme pour le groupe Big Mamma, cela passe par un ensemble de bonnes pratiques, dont l’impact sur le quotidien des employés est réel. Analyse. l’avis du groupe Big Mamma et du chef Frédéric Vardon Fidéliser ses employés : © Jérôme Galland Le restaurant Gloria du groupe Big Mamma, à Paris. © Yann Deret Le chef étoilé Frédéric Vardon tient au management humain de ses équipes. 4. Manager avec respect et écoute C’est l’un des messages les plus forts de l’enquête : plus d’un quart des salariés citent le manque de reconnaissance et de respect comme première cause de démotivation et de départ. Derrière cette notion, se cache une attente claire : ne plus être considéré comme un simple pion interchangeable. Les salariés réclament un management fondé sur l’écoute, l’empathie et la considération. Être consultés, comprendre les décisions, pouvoir exprimer leurs difficultés comme leurs idées. Cette reconnaissance passe aussi par la sincérité et la confiance : expliquer les contraintes, partager les objectifs, dire les choses clairement… Bref, montrer au salarié qu’il fait partie intégrante du projet de l’entreprise, en tant que personne, et pas comme un simple outil. “Arrêtez de considérer vos employés comme des machines”, résume une salariée. Loin d’un rapport hiérarchique vertical, l’embauche est de plus en plus perçue comme un engagement réciproque. Les salariés acceptent les exigences du métier, à condition de travailler dans une entreprise saine, où les efforts sont partagés et où la réussite est collective.
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