L'Hôtellerie Restauration No 3854

Toujours dans l’échange, les propriétaires de l’Amety Café ont accepté de partager sept conseils à l’intention de futurs créateurs-entrepreneurs 1. Créer ou reprendre un fonds de commerce Kim Bergmann et Muammer Yilmaz ont failli abandonner leur projet avant de trouver un emplacement qui correspondait à leurs attentes, leur budget et leur début dans la profession : un ancien studio de tatouage, calme, situé à proximité d’une artère commerçante et en plein centre-ville. Un lieu idéal pour la pause café de la clientèle touristique. Quand vous créez un établissement, attention à ne pas sous-évaluer les longs mois avant l’ouverture. Il n’y a pas encore de rentrée d’argent, mais il faut déjà commencer à rembourser le crédit et payer le loyer. 3. Se faire accompagner le plus possible S’associer en couple a permis d’avoir deux regards sur les différentes situations et de se soutenir. Mais cela ne s’arrête pas là. • Il faut aussi chercher les personnes susceptibles de vous conseiller. Pour les plans du local, les démarches auprès de la mairie, l’architecte les a bien aidés et leur dossier est passé du premier coup à la mairie (en cas de refus, il y a un délai incompressible de quatre mois, lourd de conséquences financières). • Avoir un carnet d’adresses d’artisans pour gérer les urgences. • Se former. Kim et Muammer ont choisi la formation proposée par leur torréfacteur local, Moxca (latte art, réglage de la machine…). • Discuter avec les commerçants locaux, recueillir leurs impressions et leurs conseils, par exemple pour anticiper la forte activité à Noël à Colmar. 6. Embaucher • Être très clair sur ce qui est attendu en termes de sérieux lors de l’entretien. • Être sympa une fois sur le terrain. • Laisser ses problèmes personnels hors du café. 7. Communiquer • Penser à communiquer bien avant l’ouverture, sur les réseaux sociaux pour impliquer votre future clientèle : parler des travaux, des difficultés rencontrées, et montrer que ça avance. Penser à afficher un “coming soon” sur Google Maps, qui est un atout clé pour faire venir de la clientèle. • Faire des collaborations avec des influenceurs (pour le brunch, par exemple) ou avec le compte Instagram de la ville. • Communiquer sur ses événements, ça fait parler de l’établissement. • Proposer une remise de 10% aux commerçants de la ville. 4. Toujours négocier Pour le loyer, pour les mensualités pendant les travaux, pour les différents devis auprès des artisans... Tout le monde n’a peut-être pas le talent de Muammer (dont on a un bon aperçu dans son documentaire), mais ça vaut le coup d’essayer. 2. Toujours y croire et persévérer Des tracasseries administratives, des travaux qui n’en finissent pas et qui coûtent toujours plus chers que prévu… Il y a de quoi se décourager. Malgré tout, il faut continuer d’y croire, ne pas trop se poser de questions, se dire que d’autres l’ont fait avant soi et se projeter à l’ouverture, avec ses invités. “L’expérience du voyage m’a appris que tout était possible, et du coup à être optimiste”, assure Muammer. Même quand on ne vend qu’un seul espresso la première journée, qu’on regarde les passants qui passent et qui ne s’arrêtent pas. “Si tu n’as pas essayé 2000 fois, c’est que tu n’as pas essayé. Parce que, en moyenne, un bébé tombe 2000 fois avant d’apprendre à marcher”, insiste le propriétaire d’Amety Café. 5. Tester et apprendre Au début d’Amety Café, l’établissement fermait à l’heure du déjeuner et avait deux jours de fermeture consécutifs, qui correspondaient à l’organisation des propriétaires. Ils ont évolué vers une ouverture tous les jours en continu quand ils ont pu embaucher grâce au succès du brunch all-day (voir le regard de l’expert pages 14-15). Ils ont laissé tomber l’ouverture jusqu’à 22 heures à Noël qui n’a pas marché. Pareil pour la carte : il faut tester… et ce sont les clients qui décident.

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