FICHE PRATIQUE La méthode RABC (pour Risk Analysis and Biocontamination Control, soit analyse des risques et contrôle des biocontaminations), préconisée par l’Union des responsables de blanchisseries hospitalières (URBH) doit être mise en place dans les hôpitaux, les centres de soins ou les EHPAD. Elle ne constitue pas une règlementation à proprement parler mais une norme européenne (NF EN 14065). Si elle n’a pas de caractère obligatoire en milieu hôtelier, elle constitue cependant un outil de travail précieux. Ces procédures seront regroupées, comme pour la méthode HACCP, dans un système documentaire. Les documents seront utiles pour l’organisation du travail, la formation et l’information du personnel, et donc le respect des bonnes pratiques d’hygiène. Les 7 principes de la méthode : • Lister les dangers spécifiques à l’activité et à l’établissement. • Déterminer les points demaîtrise. • Déterminer les niveaux limites de tolérance et des objectifs de traitement. • Mettre en place un système de surveillance. • Proposer des actions correctives. • Vérifier le système RABC. • Établir une documentation récapitulative des risques et des solutions proposées. Comme dans la méthode HACCP, les dangers peuvent être répertoriés selon les 5M: Méthode de travail, main-d’œuvre, milieu, matériel et matière première (ici, il s’agira du linge, propre ou sale). Les points de maîtrise sont les étapes qui permettent de contenir, d’éliminer ou de réduire le risque de biocontamination. L’un de ces points est le respect de la marche en avant, qui permet d’éviter le croisement entre ce qui est sale et ce qui est propre, dans l’espace ou le temps. Quatre grandes zones peuvent ainsi être définies : - La zone sale (collecte et tri du linge sale). Le linge sale ne doit pas être stocké et sera de préférence trié à la source (dans les chambres, après le départ du client) pour limiter les manipulations en blanchisserie. Des sacs hydrosolubles, bien fermés, permettent de limiter le risque de contaminations. Le linge sera à nouveau trié après lavage, si nécessaire. - La zone de lavage (lavage et essorage). Le lavage à 60°C ou plus peut être effectué avec des produits lessiviels classiques. Pour le linge fragile, qui ne doit pas dépasser 30°C, préférez des lessives désinfectantes pour plus de sécurité. - La zone de finition (séchage, repassage et pliage). Le linge propre doit être stocké à l’abri des contaminations (meuble fermé ou film plastique), dans une zone propre. En cas d’utilisation d’un film protecteur, il doit être enlevé au fur et à mesure des besoins. - La zone d’expédition (préparation des livraisons du linge et des tenues professionnelles). D’autres points de maîtrise seront à définir selon les structures. Cela pourra être par exemple la circulation du personnel (organisation du travail pour limiter les croisements) et l’hygiène du personnel (lavage des mains fréquent, tenue adaptée et surblouse lors des manipulations de linge sale). Le nettoyage et la désinfection du matériel (chariots de transport du linge, par exemple) peuvent également être considérés comme points de maîtrise. Des niveaux cibles sont établis pour les points de maîtrise. Cela est plus facile lorsqu’ils sont mesurables (température, poids, temps, dosage des produits etc.). Cette tolérance doit être compatible avec les objectifs microbiologiques fixés. HYGIÈNE L’Hôtellerie Restauration • Janvier 2026 27 La méthode Risk Analysis and Biocontamination Control (RABC) est un outil adapté à l’hygiène du linge comparable à la méthode HACCP en cuisine. Elle n’a aucun caractère obligatoire en milieu hôtelier, mais constitue néanmoins un outil de travail précieux. © GettyImages L’entretien du linge Exemple au niveau du lavage(pour la méthode et la main-d’œuvre) Les points de maîtrise Les niveaux de tolérance 5M Danger identifié Exemples de moyens de maîtrise Méthode Traitement inapproprié du linge. Contrôle de réglage des machines. Surveillance des cycles de lavage (température, temps, pH, TH, quantité de produit, poids chargé, niveau d’eau…). Contrôle de fiabilité des sondes de températures et pompes de dosages. Développement microbien durant le stockage du linge humide dans le matériel de lavage. Maîtrise de la durée de stockage dans le matériel de lavage. Traitement inapproprié du linge particulièrement biocontaminé. Contrôle du réglage des machines. Surveillance renforcée des cycles de lavage. Maind’œuvre Biocontamination de la tenue de travail. Recontamination manuportée. Règles d’habillement du personnel (couleurs des tenues, fréquence de change…). Hygiène des mains (fréquence de lavage des mains, type de savon utilisé…). Un lavage des mains régulier est fortement recommandé quand on manipule du linge propre. Pour la réception du linge sale, le personnel doit être équipé de tenues protectrices (masque, gants, surblouse).
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